Publié par : pascalbaptiste50 | 5 septembre 2017

Communication du 5 octobre 2016 de Jean-Paul BONAMI : Les Foyers de la marine. Une institution en avance sur son temps

LES FOYERS DE LA MARINE

Une institution en avance sur son temps

 

Remontons d’abord à la « préhistoire » : le foyer du soldat a été institué par le général Boulanger, ministre de la guerre en 1886-1887, et reconnu établissement d’utilité publique en 1891. l’objectif étant de fonder au sein des casernes, sous le contrôle de l’autorité militaire, des cercles où sous-officiers et soldats puissent trouver des livres, jeux et nécessaires de correspondance (papier, plumes et encre). Ces structures élémentaires mais très appréciées se multiplieront durant la guerre de 1914-1918.

Les foyers de la Marine sont nés officiellement le 13 novembre 1945, date où le ministre M. Louis Jacquinot signe l’arrêté de création du Service Central des Sports et Foyers qui a dans ses attributions « les questions relatives aux distractions du personnel et à l’utilisation de ses loisirs en vue de son perfectionnement moral et intellectuel. »

Une belle mission qui allait perdurer jusqu’à l’aube du XXIème siècle.

Mais en réalité, cette idée innovante avait eu un précédent quelques années avant la guerre de 14. Plus précisément vers 1912 quand un armateur grec nommé Zaharof, choqué par les cohortes de cols bleus déambulant dans les vieux quartiers de Toulon et s’agglutinant dans les bistrots mal famés, offre 300 000 francs-or à la Marine pour construire un « abri du Marin » où les jeunes puissent être hébergés la nuit dans de bonnes conditions.

Durant la guerre, le soutien aux recrues est organisé par la société des foyers du soldat sous l’égide de l’Union d’entraide franco-américaine. A Toulon, un premier bâtiment situé Place de la Liberté, occupé auparavant par un grand magasin, est inauguré en 1919, et la direction en est confiée à M. Georges Grandperrin, valeureux ancien combattant blessé au Chemin des Dames et qui avait déjà l’expérience de mouvements de jeunesse : il avait aussi créé des foyers de soldats à proximité des zones de combat, une tâche ingrate. On lui adjoint quelques matelots et gradés, éléments déclassés de leur spécialité pour cause de santé, auxquels se joignent des retraités, volontaires motivés.

Quelque temps plus tard, alors que l’on procède à un grand ménage, on retrouve les plans du projet proposé par le riche armateur grec : M. Grandperrin va en moderniser la première mouture et en 1923, c’est le président de la République lui-même, M. Millerand qui vient poser la première pierre du « Foyer des Equipages de la Flotte » qui ouvre en 1926.

Dans ce cadre moderne, comprenant outre le bâtiment principal, de vastes installations sportives, les marins auront à leur disposition le service éducatif (avec ses divers cours), la bibliothèque, le service récréatif (jeux de table, cinéma, théâtre, concerts, bals) un bar ouvert de 5h30 à 22h, un magasin coopérative, des dortoirs (160 lits) et toute possibilité

pour la pratique dactivités physiques.

Vient la nouvelle guerre. Un décret du 20 janvier 1940 se préoccupe de réglementer les cercles, mess et foyers, mais sans suite immédiate, l’urgence étant ailleurs .Le foyer de Toulon va fonctionner à la satisfaction générale jusqu’à l’invasion de la zone sud. A la fin de 1942, suite au sabordage de la flotte, il sera réquisitionné au profit des équipages allemands; le directeur doit évacuer les lieux ainsi que le personnel. Seul le stade proche du foyer reste à sa disposition. Les deux structures seront détruites au cours des bombardements qui s’abattront sur la ville en mars 1944.

Petit coup d’oeil sur Brest : En 1929, l’EV d’Estienne d’Orves ouvre en ville le foyer Sainte Jeanne d’Arc, un point d’accueil destiné aux marins et officiers-mariniers; en 1938 débute à proximité de la rue Jean-Jaurès, la construction d’ un bâtiment solide et imposant; ce foyer du marin sera épargné lors des bombardements qui anéantirent la ville et reprendra ses activités en 1945.

Avant de poursuivre cet exposé vers l’époque moderne, arrêtons-nous tout de même brièvement sur l’histoire du foyer du marin de Cherbourg avant la dernière guerre, qui rejoint sur bien des points celle de Toulon.

En 1919, M. Léculier, lui aussi blessé sur le front est engagé par la société des Foyers de l’Union franco-américaine pour créer un foyer à Cherbourg : les locaux sont trouvés rapidement, ils abritaient auparavant l’ancien mess des officiers de l’armée de terre, rue de l’Abbaye.

La mission consiste à intéresser les marins et soldats à la culture et aux sports pour lutter contre le désoeuvrement et l’ennui qui favorise l’alcoolisme. A proximité se trouve un stade et une grande baraque permettant la pratique de la gymnastique, de l’escrime et de la boxe, activités ouvertes également aux écoles et lycées de la ville. C’est d’ailleurs ici que le futur champion du monde Marcel Thil prit ses premières leçons de boxe durant son service militaire. Des échanges se créent entre les équipes du foyer et les clubs civils locaux : la Stella, le patronage laïque d’ Equeurdreville, etc. Formé à cette discipline, M. Léculier lui-même initie les marins à la pratique du basket et fait des émules au sein

des clubs de l’agglomération. De nombreuses soirées théâtrales et des concerts sont organisés. On voit donc s’accomplir un mouvement très positif pour l’épanouissement de la jeunesse.

Revenons à M. Grandperrin qui, grâce à son expérience, est reconnu comme le père des foyers de la Marine. Lors de la libération de Toulon, dénoncé par des jaloux, il est inquiété et mis en prison. Il y reste tout de même trois mois puis en sort totalement blanchi après une enquête menée par la Sécurité Navale. Il s’octroie ensuite quelques semaines de récupération dans sa région natale, le Béarn et va prendre le temps de rédiger un rapport sur ce que pourraient être à l’avenir les foyers : il publie un certain nombre d’articles dans le magazine « Cols Bleus » afin d’exposer son projet ; il envisage même l’acquisition par le département d’un bel immeuble adjacent à la Place de la Concorde, qui pourrait abriter un foyer et un cercle naval. Mais finalement, après moult tractations, c’est l’ambassade des Etats-Unis qui achètera l’Hôtel Gabriel.

Sur l’initiative du commandant Jauréguiberry qui allait lui-même relancer le foyer de Toulon peu de temps après, M. Grandperrin est invité par M. Jacquinot, ministre de la Marine : un entretien au cours duquel chacun des deux hommes développe son point de vue et enfin le 13 novembre 1945, je l’ai dit tout à l’heure, le ministre signe l’arrêté de création du Service Central des Foyers et Sports : à ce moment, ce n’est là qu’une coquille vide. A la tête de ce service, un amiral qui va très vite réagir à cette dénomination : -Foyers/sports,FS – car comme l’on sait, dans la Marine, il y a longtemps que l’on désignait les services par leurs initiales – donc, pas d’amiral FS mais SF. Deux adjoints délégués sont nommés : M. Grandperrin pour le volet Foyers et M. Raymond Boisset, professeur de lycée et recordman de France du 400 mètres plat, pour le volet Sports. Quelques incompatibilités font que les deux hommes jettent l’éponge rapidement. M. Grandperrin prenant du recul accepte cependant de créer un foyer central, service qu’il dirigera jusqu’à sa retraite en 1955.

Mais la Marine qui a tellement à faire pour se reconstruire après cette guerre n’envisage absolument pas de rétribuer les cadres destinés à faire tourner ses foyers.

A M. Grandperrin de régler ce problème qui n’est pas mince ! On va lui accorder une subvention pour démarrer et ensuite, à lui de se montrer inventif…

A partir de 1945, les «  Foyers des Equipages de la Flotte » – l’appellation est reprise – s’implantent progressivement dans les ports : celui de Cherbourg est le premier de la liste. Il s’installe d’abord rue Thiers avant de rejoindre la rue de l’Onglet pour occuper d’anciens locaux de l’aviation maritime.

Son premier directeur est un ancien officier de la Marine Marchande âgé de 25 ans, M. Roger Charpentier; cet homme à l’esprit créatif qui cultive avec bonheur l’art de la poésie – il sera plus tard un membre éminent de l’Académie du Var – a servi durant la guerre sur un navire de la France Libre. On lui détache quelques matelots et lui-même s’entoure d’animateurs particulièrement dynamiques, parmi lesquels deux figures venant de l’arsenal, je veux parler de Jean Mars, artiste aux multiples talents, et de Marcel Carbonnier, dessinateur et comédien déjà réputé qui deviendra quelques années plus tard administrateur du Théâtre de Cherbourg. « Que de combats il fallut mener! Que de sarcasmes à encaisser! Que d’incompréhensions à vaincre! Et ce de la part de tous les échelons du Commandement dont beaucoup nous traitaient ironiquement d’amuseurs publics. Bien rares furent, à l’origine, les responsables vraiment convaincus de notre action,… ils surent (tout de même) nous épauler avec ténacité et efficacité… » Propos tenus par M. Charpentier lors de son départ en retraite en 1980.

Une parenthèse: je veux associer ici la mémoire de deux autres directeurs qui passèrent dans ce foyer de Cherbourg : M.Jean Oestreicher, qui remplit occasionnellement le rôle d’organiste à la basilique Sainte-Trinité (au milieu des années 50) et M. René Fernandez qui avait été dans sa jeunesse un compagnon de route du célèbre comédien Daniel Sorano dans la troupe du Grenier de Toulouse (en poste ici fin des années 60).

Voilà un bon exemple de départ que ce foyer de Cherbourg, mais pour faire fonctionner à long terme ces structures appelées à se développer, il est indispensable de recruter et de former un personnel compétent et motivé. Dès 1946, de mars à juin, un tout premier stage est organisé à Paris dans un immeuble loué par la Marine Boulevard d’Auteuil, les professeurs étant détachés par l’Education Nationale et la direction assurée par M.Grandperrin. Et en 1947, de jeunes animateurs sont recrutés par concours ; les candidats, hommes et femmes (voilà un exemple de modernité pour l’époque) doivent avoir déjà une expérience de l’encadrement des jeunes et reçoivent une formation technique appropriée à leur future tâche au cours de stages qui ont lieu à l’Institut d’Education populaire de Marly-le-Roi : c’est la première version de ce que sera un jour l’école des assistants de foyers.

Un fonds commun dû à l’esprit ingénieux de M. Grandperrin est au départ constitué par la subvention que j’ai évoquée tout à l’heure : puis, très rapidement, il va devoir être abondé par les ressources propres engendrées par les activités commerciales des foyers : bars et coopératives. Le personnel nouvellement recruté va désormais être rétribué par ce fonds commun en même temps qu’il est inscrit à une caisse de retraite, ancêtre de l’actuel IRCANTEC.

Ces hommes et ces femmes constituent le cadre du « personnel civil de direction des foyers », ayant rang et prérogatives d’officier, avec une échelle hiérarchique déterminée. Ils portent un uniforme « marine » sans réelle distinction de grade, mais arborent un insigne spécifique sur le côté droit de la poitrine. En début de carrière, en tant qu’assistants ou directeurs, ils oeuvrent au contact des marins dans le cadre du foyer qu’ils sont chargés de faire vivre. Les postes à responsabilité élevée, tenus dès le début par des officiers détachés, leur seront confiés quelques années plus tard.

Je reviens à ce que sont les Foyers des Equipages de la Flotte implantés progressivement dans tous les ports. Chacune de ces structures est dotée de la personnalité juridique et morale.

Un FEF comporte normalement les éléments suivants :

  • Un certain nombre de points appelés foyers annexes, ceux-ci situés dans les bases ou enceintes militaires, qui offrent aux marins des services et activités diverses, et un autre en ville dont la vocation principale est vouée à l’hôtellerie et à la restauration ; pendant vingt-cinq ans, de 1946 à 1970, il faut entendre par hôtellerie des grandes pièces aménagées en dortoir -c’est encore un peu spartiate- mais au début de la décennie 70 sont construits à Cherbourg et à Toulon à proximité des portes principales des arsenaux des bâtiments dotés du confort dernier cri, avec chambres à quatre lits et individuelles ou familiales : on y trouve toujours un bar, un restaurant, et des salles de jeux et de télévision, éventuellement une bibliothèque et une discothèque. On voit donc que les directeurs se doivent d’être gestionnaires en même temps qu’animateurs.

  • Deux services centralisés, service récréatif et service sportif. Situés en ville, leur rôle est de satisfaire aux besoins des différents foyers annexes pour les activités qu’ils doivent proposer, y compris aux équipages embarqués : spectacles, cinéma, jeux divers, cours, activités culturelles comme modélisme ou club photo,dessin… bibliothèques,excursions, rencontres sportives, liste non exhaustive. Les matelots usagers d’un foyer peuvent, s’ils le souhaitent, suggérer au directeur une activité nouvelle à mettre en place.

  • Une direction des foyers, chargée de l’administration et du suivi financier de tout cet ensemble.

Comme tous les services de la Marine, chaque FEF est placé sous l’autorité du commandant de la région maritime à laquelle il appartient, en bénéficiant d’une large autonomie dans son action, ce qui mérite d’être souligné.

Depuis l’origine jusqu’à 1960, les foyers se multiplient pour atteindre la centaine. Ils sont d’abord installés dans des préfabriqués ou des baraques « filod » ou aménagés dans des locaux déjà existants; les bâtiments en dur sont contruits au cours des années 50. Chacun d’eux reçoit un nom très évocateur, lié à l’histoire maritime, parfois à la mythologie.Leur répartition géographique est très large, aussi bien en métropole qu’outre-mer :

  • A Cherbourg une huitaine, à Brest une douzaine, à Lorient sept, à Rochefort (aujourd’hui il n’y a plus de marine) six, à Toulon, une bonne vingtaine répartis sur un périmètre allant de Nîmes à Saint-Raphaël, en passant par Ajaccio et Pra-Loup, station alpine (un hôtel), à Paris cinq.

– Outre-mer : deux en Nouvelle-Calédonie, un aux Antilles, un à La Réunion, un à Dakar, un à Diego Suarez, magnifique et imposant bâtiment qui fut le lieu de très belles manifestations culturelles et réceptions, un à Djibouti. Statut particulier pour ces foyers : ils sont autonomes, sous la férule du commandement local, sans être rattachés à un FEF. Evidemment, certains ont aujourd’hui disparu en fonction de l’évolution des positions stratégiques et des « possessions » de la France dans le monde, la Marine sachant s’adapter en permanence.

  • En Afrique du Nord : en Algérie, trois, à Oran, Lartigues où en 1956 le directeur M. Beck – lui aussi fut en poste à Cherbourg vers 1970 – dut faire face à une tentative d’intimidation du FLN, lequel n’hésita à mitrailler à plusieurs reprises la porte de son habitation, mais qui tînt bon face à l’épreuve, imposée également à sa famille. Mentionnons aussi les foyers provisoires, implantés en zones opérationnelles. Egalement au Maroc, à Agadir, où un couple de directeurs de foyer, Monsieur et Madame Verne s’employèrent à améliorer notablement la vie des hommes et des familles, tant sur le plan de la logistique que sur le plan du moral, suite au dramatique tremblement de terre de 1960 ; en Tunisie, trois sur la zone de Bizerte, là où l’assistant, grâce à ses capacités relationnelles et à son sens de la débrouillardise, put assurer sa tâche pour le bien-être des équipages lors des événements de juillet 1961, qui virent le blocus de la base menacée d’invasion par les forces tunisiennes au cours de quelques journées difficiles.

Il me faut tout de même mentionner les foyers d’Indochine : il y en avait deux en 1947, un au Tonkin, l’autre en Cochinchine. Lors d’une d’une visite sur place, M. Jacquinot choisit d’envoyer une équipe du Service Féminin de la Flotte afin de développer un véritable réseau. En 1949, une dizaine de foyers étaient répartis entre le port de Saïgon, les bases aéronavales, Hanoï et Haïphong, etc… On doit parler ici de foyers du Soldat et du Marin gérés par ces femmes qui n’ont jamais eu le statut que l’on a évoqué. Ces structures étaient souvent des baraques où l’on vendait de la bière de mauvaise qualité et des casse-croûtes ; le baby-foot était la principale distraction mais les jeunes gens étaient surtout préoccupés par les questions de sécurité : avec des heures de service très astreignantes et les nombreuses opérations à mener, il y avait effectivement peu de temps à consacrer aux loisirs.

A ce stade de mon exposé, je me permets une courte digression : en 1948 était créé à l’initiative de M. André Philip, ancien résistant et ministre lors de la Libération, la Fédération Française des Maisons de Jeunes et de la Culture; les premières ébauches de ces structures avaient été soutenues par le gouvernement de Vichy qui avait repris « à sa manière » les idées de Léo Lagrange, premier titulaire du poste ministériel voué aux sports et loisirs sous le Front populaire. Mais la véritable envolée des MJC date réellement du début des années 60 avec les initiativesdéveloppées par M. Maurice Herzog, haut- commissaire puis secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports de 1958 à 1966.

On constate ainsi que nos foyers de la Marine, opérationnels dès leur création, avaient une vraie longueur d’avance.

Définissons en quelques phrases le profil idéal d’un directeur ou assistant de foyer, même si tout ceci n’est pas gravé dans le marbre :

Les qualités que l’on doit attendre de la part de ce personnel :

  • une vocation et une disponibilité mises au service des équipages afin de leur procurer le confort moral conduisant à leur épanouissement;

– une capacité relationnelle propre à s’adapter à toutes les situations et qui sous-entend un rapport de confiance, aussi bien avec l’équipage qu’avec le commandement. Le personnage est un relais entre la base et les autorités: souvent confident pour le matelot à qui il prodigue des conseils, il doit pouvoir être entendu par la hiérarchie et par là-même faire passer la bonne parole. Son comportement doit réfléter une influence positive; le commandement doit pouvoir compter sur ses initiatives dont l’objectif global vise à maintenir les capacités de l’équipage : le foyer est un « outil » de cohésion : par exemple, il n’est pas rare d’y croiser des matelots en train d’affronter leurs gradés autour d’un billard ou au ping-pong.

Le personnage est contraint d’évoluer face aux changements de mode; il doit rechercher l’originalité dans l’action, voire même anticiper les goûts ou les choix des générations nouvelles afin de ne pas se faire déborder…ou de se laisser gagner par la ringardise.

Mais les commissions consultatives qui donnent la parole à l’équipage permettent aux idées exprimées d’un bord à l’autre de converger.

On a parfois dressé des parallèles entre le rôle des personnels des foyers et celui de l’aumônier ou de l’assistante sociale : il arrive que ces parallèles se rejoignent..

Le recrutement de ce personnel civil spécialisé, rémunéré par le « Fonds Commun », cesse en 1959 : en effet, le ministère comprend vite que ce système atteint ses limites, et en final ne sera plus capable de verser les salaires des intéressés. Ses membres, au nombre d’une centaine – dont une dizaine de femmes-, disparaitront donc par extinction, le dernier, M.Ludovic Lepage ayant pris sa retraite en 1996 après trente sept années de service.

Dans un premier temps, la Marine décide d’assurer la relève de ce PCDF par des militaires, officiers-mariniers de diverses spécialités, volontaires pour cette mission : ils seront formés durant six mois par quelques cadres en place et épaulés par des appelés du contingent déjà impliqués dans les milieux de l’animation ou mouvements de jeunesse, auxquels on propose un stage court destiné à les mettre « dans le bain ».

Pour information, une centaine de ces appelés serviront en Algérie aux côtés de leurs « tuteurs » autour de 1960.

Ce changement donne un nouvel élan à l’école des assistants de foyer, impulsée au cours des années 50 par M.Guy Sénégas, directeur du foyer du CFM Hourtin, puis transférée au dépôt des Equipages de Toulon, qui va inscrire durablement sa marque.

Tout ce personnel va porter l’ uniforme identique à celui des cadres civils, sans aucune distinction de grade, mais avec l’insigne de poitrine, ce qui fait qu’au niveau de l’équipage, la transition passe quasiment inaperçue.

Les clubs nautiques firent leur apparition avant guerre, mais alors étaient réservés aux officiers. Au cours des années 50, la pratique du yachting léger à commencer à se démocratiser et à faire des adeptes parmi les nouvelles générations. Encouragée par les autorités, cette activité a été officialisée par la création, en 1963, des clubs nautiques des équipages, naturellement rattachés aux FEF qui présentaient toutes les garanties pour en assurer la gestion. Dans chaque port, l’environnement étant différent, le commandement local définit un règlement spécifique en fonction des sports pratiqués : voile, aviron, natation, ski nautique, plongée, et depuis on a inventé des disciplines nouvelles , sans oublier la préparation aux permis de conduire en mer. Le métier de moniteur de voile intéresse beaucoup de jeunes, engagés et appelés, qui vont animer la vie des clubs sous la férule des directeurs de foyers…

Ces clubs nautiques, très fréquentés, ont pris une importance considérable au fil des décennies, non seulement au profit de la simple distraction, mais aussi en favorisant la participation à diverses compétitions. Symbole de l’évolution des mentalités: les clubs nautiques « Officiers » et « Equipages » ont fusionné à la fin du XXème siècle pour devenir « clubs nautiques de la Marine ».

Egalement, le prodigieux développement des sports de loisirs pratiqués « hors service » sur des sites militaires (ex. tennis et autres jeux dérivés) a conduit à instaurer un cadre officiel destiné à protéger les joueurs ressortissants et familles concernées, d’où la création des clubs sportifs placés sous l’aile des foyers.

Après les premiers essais nucléaires effectués dans le Sahara, la France devait impérativement trouver un nouveau site pour la poursuite de ses expériences, une zone non habitée et éloignée de toute concentration urbaine; on sait que le choix se portera sur la Polynésie, les atolls de Mururoa et de Fangatofa seront voués à cette mission.

De grands travaux sont réalisés à cet effet entre 1964 et 1966 afin de rendre les sites opérationnels. Une base avancée établie à Hao, atoll situé entre Tahiti et Mururoa, ainsi que l’installation d’un important QG à Papeete complètent cet ensemble.

Cette énorme « machine » requiert la participation de plusieurs centaines de militaires des trois armes, ainsi que de nombreux civils du CEA et aussi une myriade d’employés locaux. Il va falloir s’occuper de gérer le temps libre et les loisirs durant les périodes obligatoires de repos de ces personnels : en effet, il est indispensable que tous les gens travaillant en permanence sur les atolls aillent se ressourcer de manière régulière.

Le 1er août 1964 est créé le groupe des foyers du CEP, confié à la Marine, la seule arme à posséder un savoir-faire en ce domaine.

Un directeur du cadre civil, entouré par une équipe d’assistants du cadre militaire et d’assistants du contingent vont assurer le fonctionnement de cet organisme tentaculaire aux multiples annexes qui emploie une bonne centaine d’agents dont la moitié salariés « maison », réparties dans une une zone géographique très étendue : en dehors de six foyers situés à Papeete ou à proximité (plus le club nautique), le foyer de Mururoa (à 1200 km) est ouvert quotidiennement à 3000 personnes, et celui de Hao (à 800 km) aux 400 militaires et civils de la base.

Il va sans dire que les activités commerciales (Bar,comptoir de ventes bimbeloterie et

articles de première nécessité ou de confort, et bien sûr tous appareils radio, hifi…. et derniers gadgets à la mode, agence Interflora, réservation hôtels) représentent un chiffre d’affaire à donner le vertige.

Les activités nautiques tiennent une place essentielle, ainsi que les séances de cinéma tous les jours : les films tournent en permanence entre les îles. Il y a aussi régulièrement des tournées de spectacle venant de la métropole, avec des vedettes connues sans oublier les animations des orchestres amateurs créés par les appelés du contingent. Les centres de repos sont particulièrement appréciés, ainsi que les séjours dans les chaînes hôtelières (club Méd, par exemple); les hommes du rang ne paient qu’un prix très modeste, c’est le groupe des foyers qui prend en charge la grosse part.

Des voyages pour la découverte des îles font également parties du catalogue proposé aux ressortissants et aux familles, celles-ci résidant autour de Papeete et non sur les bases de Hao ou Mururoa.

1966. Divers rapports de la commission Armées-Jeunesse – organe consultatif créé en 1955 – conduisent le Ministre à mettre en place le Centre Interarmées de Formation d’Animateurs (CIFA), expérience incroyable d’ouverture sur l’extérieur. Installé dans l’enceinte d’une caserne d’Angoulême, ce centre placé sous le commandement d’un officier supérieur « Terre » (Lt-Col Marmara) est chargé de former du personnel du contingent, destiné à susciter et favoriser les clubs de loisirs éducatifs et clubs professionnels dans les unités. Réparti sur plusieurs bâtiments, il est doté des installations les plus modernes, salles d’études, divers ateliers et circuit intérieur de télévision, chose rare à l’époque. Une formation de dix semaines est dispensée quatre fois par an à une centaine de stagiaires (100 X 4) par des conseillers techniques et pédagogiques de toutes spécialités sous l’autorité d’un inspecteur, tous détachés par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

La Marine y est représentée par un directeur de foyer, M. Jean Oestreicher, qui chapeaute les matelots stagiaires. Diverses disciplines leur sont inculquées, ils apprennent également à s’exprimer en public et à animer des débats… A l’issue du stage, ces recrues sont désignées pour servir en qualité d’animateurs pour dynamiser ou créer des clubs au sein des foyers, dans les bases ou les écoles ou même sur certains bâtiments. Des expériences très enrichissantes, d’autant que les intéressés reçoivent un certificat leur permettant de se présenter aux épreuves du BASE, diplôme officiel délivré par les académies. Leur service achevé, les anciens « CIFAliens » qui le souhaitent se voient proposer des emplois dans des structures sociales en plein développement, tels les foyers

de jeunes travailleurs.

L’originalité du CIFA aiguise la curiosité : la télévision (ORTF) vient y installer ses caméras pour la réalisation d’une émission intitulée « L’avenir est à vous ». Un titre qui annonce clairement l’objectif, en se penchant sur les projets d’une jeunesse encore bien sage. Ce numéro est diffusé un samedi en fin d’après-midi, à une heure de grande écoute.

Observation intéressante : des délégations d’officiers sont envoyés par plusieurs pays afin de juger de l’intérêt de cette création et de la suite à donner chez eux.

Mais le centre va souffrir des secousses de mai 1968. on y déplore l’action de certains agitateurs… Il perdurera tout de même jusqu’en 1973 quand lui sera substitué un centre de formation de personnel chargé de la promotion sociale.

La réputation des foyers de la Marine s’étend au-delà de l’institution : c’est sans doute la raison pour laquelle le comité qui prépare les J.O. de Grenoble confie en partie l’organisation de l’hôtellerie destinée à héberger les athlètes à un directeur de foyer détaché à cette mission d’août 1967 à mars 1968, après la clôture de l’événement.

En 1971, la Marine procède à une réforme des corps sédentaires ( c’est-à-dire branches mécaniciens de port, marins de direction de port, musiciens, marins-pompiers, guetteurs

sémaphoriques…) et se penche en même temps sur le sort des personnels de direction de foyers « nouvelle génération », qui eux sont des gens particulièrement mobiles, régulièrement mutés. Un statut identique va régir désormais l’ensemble de ces militaires dont les spécialités sont pourtant de nature très différentes.

Mais, et cela est important pour la suite, outre l’intégration des assistants de foyer militaires qui épaulent depuis quelques années les directeurs du cadre civil, il est procédé à un recrutement extérieur : on ouvre la porte à des civils (une dizaine) qui acceptent un contrat d’engagement, en se tournant en particulier vers des jeunes gens anciens stagiaires du CIFA qui avaient donné pleine satisfaction durant leur service militaire au sein des foyers.

Une formation intensive de six mois a lieu à Toulon, à l’école des assistants de foyer dirigée par Madame Verne, directrice de foyer expérimentée et fine pédagogue; elle est entourée de quelques collègues et jeunes diplômés du contingent afin d’assurer les divers cours d’administration, gestion, comptabilité, techniques d’animation. En complément, des conseillers technique « Jeunesse et Sports » viennent régulièrement apporter leur savoir aux élèves dans les domaines les plus variés.

A l’issue de cette période, les nouveaux assistants partent rejoindre leur affectation au sein d’une équipe en qualité d’adjoint au directeur du foyer, ou même certains endossent cette fonction selon leurs capacités ou l’importance du poste à pourvoir, secondés par un assistant du contingent.

Chaque année à suivre, ils seront une dizaine à sortir du « moule », classés hiérachiquement au rang d’officiers-mariniers. Adoubés par leurs aînés qui les adoptent comme leurs héritiers directs, ils portent encore le même uniforme sans aucun signe de grade, arborant l’insigne de poitrine bien connue et travaillant bien sûr dans des conditions semblables.

Après quelque cinq années de pratique, quelquefois dans deux ou trois postes successifs, il leur est vivement conseillé de concourir pour l’obtention d’un brevet supérieur : ils devront alors retourner à l’école pour quatre mois afin d’élargir leurs connaissances.

A noter que ces formations ont été reconnues par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en leur accordant l’équivalence des diplômes d’Etat.

Différentes réformes – sont-elles justifiées, bonnes, contestables ? – viennent modifier les statuts des personnels au fil du temps. L’un de ces aménagements que l’on jugera positif, permettra à ceux qui le souhaitent (et qui en ont la capacité ou la fibre) d’accéder au rang d’officier par concours ou au choix, tout en poursuivant la même mission; je me répète, quelle que soit sa position dans la hiérarchie, le porteur de l’insigne « Foyers » doit rester fidèle à sa vocation première.

L’objectif de cette ouverture est le remplacement à moyen terme des directeurs civils qui occupent les postes les plus élévés et sont appelés à disparaître par extinction du corps.

Les premières véritables évolutions technologiques concrètes des années 80 vont peu à peu bousculer les vieilles habitudes : citons l’apparition des baladeurs ou « walk-man » (appareil portable destiné à l’audition de cassettes musicales grâce à des petits écouteurs collés aux oreilles) ou celle des téléviseurs miniatures, ces inventions vont conduire inconsciemment un certain nombre de jeunes à s’éloigner des salles communes, donc à s’isoler,…et la rapidité incroyable des avancées en ce domaine est telle qu’il faudra mettre en place des bornes « wifi » au sein des foyers au milieu de la décennie 90 !

Encore une fois, les personnels en charge des loisirs se doivent de réagir à temps : il ne faut pas se contenter de regarder le train passer, mais au pire le prendre en marche et s’y accrocher…

Deux décisions notables sont prises en 1983.

Tout d’abord et pour la première fois depuis l’origine des foyers, deux postes embarqués sont créés, un sur chacun des porte-avions alors en service. Sur ces gigantesques villes flottantes où l’activité est incessante, le jeune assistant de foyer a un emploi du temps bien chargé. Gérer la distraction d’un équipage « sous pression », en éveil quasi-permanent surtout lorsque le navire est projeté sur zone d’opérations – je pense à la guerre du Golfe, aux événements de Yougoslavie et autres points chauds- implique une santé solide. Entouré d’une équipe de bénévoles qu’il lui revient de constituer, il doit proposer un choix de jeux et tournois divers, superviser le studio de télévision du bord qui fonctionne quotidiennement de 17 h à minuit et produit un journal ainsi que des programmes de détente et des films, organiser les séances de répétition de l’orchestre amateur du bord, faire tourner le bar qui est une grosse affaire, on s’en doute. Sa fonction le conduit à arpenter régulièrement les longues coursives pour rencontrer différents partenaires et chefs de services. Il doit aussi préparer les excursions qui seront offertes à quelques centaines de permissionnaires lorsque le bâtiment aura enfin possibilité de faire une escale.

L’autre décision concerne le recrutement de personnel féminin. A l’image de toutes les spécialités de la Marine qui se féminise doucement, les jeunes filles vont désormais oeuvrer au sein des foyers aux côtés de leurs camarades masculins, ce qui n’est pas pour déplaire à l’équipage. Cette mesure positive n’est en fait qu’un retour aux sources puisqu’on se souvient que dès 1946, le métier était déjà ouvert aux femmes. Et là, elles vont être beaucoup plus nombreuses…

La mise en application d’un décret ministériel en date du 29 juillet 1981, portant organisation et fonctionnement des cercles et foyers dans les armées, va progressivement conduire à une profonde mutation de l’institution créée après-guerre.

La structure connue sous le vocable « Foyer des Equipages de la Flotte » disparaît, remplacée par un simple service de soutien technique aux différents foyers considérés jusqu’alors comme annexes d’une « maison-mère » régionale.

Chaque foyer d’unité, ainsi que le foyer-hôtel situé en ville, devient autonome, redéfini comme organisme administratif à vocation sociale et culturelle doté de la personnalité morale. Il en est de même pour les clubs nautiques et les clubs sportifs, ainsi que pour les cercles d’officiers et offciers-mariniers, avec quelques variantes pour ces derniers; des conseils d’administration, présidés par les commandants d’unité ou un représentant de l’amiral sont institués dans chacun de ces nouveaux pôles.

On voit donc se renforcer le contrôle de l’autorité militaire qui, s’il existait déjà depuis l’origine, s’appuyait largement sur l’action et la compétence des directeurs de FEF sans s’immiscer directement dans le fonctionnement des foyers. Voici à ce propos l’opinion du vice-amiral d’escadre Lefebvre, préfet maritime de Brest, formulée en 1990:

« ….J’avais une attitude assez réservée. J’aimais assez que notre organisation des foyers, et je parle à titre personnel, j’aimais assez qu’elle conservât une sorte d’autonomie qui me paraissait inséparable de la vocation de ceux qui servaient l’institution. Je craignais une sorte de militarisation, une sorte de perte d’indépendance conduisant peut-être à quelque perte de foi… »

A partir de ce moment, la finesse et le savoir-faire du directeur en place vont être plus que jamais déterminants dans la conduite de sa mission.

Et puis, il y a cette circulaire quelque peu aberrante qui tombe en 1985, stipulant l’abandon obligatoire de la tenue traditionnelle sans insigne de grade : c’est la fin d’un symbole, déplorée par bon nombre de marins déconcertés qui, à partir de ce moment et pour un temps vont se poser des questions quant à leur relation avec l’assistant ou directeur de foyer « transformé » du jour au lendemain en gradé ou officier. A mon sens, cette décision a été une erreur; décision peut-être suggérée par quelques « jeunes » officiers fraîchement promus soucieux de faire reconnaître leur nouvelle position (?)

Dès lors, il appartiendra à chacun de faire preuve de pédagogie afin de maintenir et de renforcer les liens de confiance entre les dirigeants du foyer et l’équipage.

Installée au Centre d’Instruction navale (CIN) de Saint-Mandrier depuis 1972, l’école des assistants de foyer est transférée au CIN de Querqueville en 1994, en prenant l’appellation officielle de département de formation des personnels des foyers. Nul ne peut alors se douter des profonds changements que va devoir assimililer le monde militaire.

En effet, la fin de la conscription décidée par le président de la République en 1996 va impacter l’organisation des foyers, menacés de disparition pure et simple, à l’aube du

XXI ème siècle , car les appelés constituaient jusqu’alors un pourcentage important d’usagers pour l’ensemble des activités offertes. En même temps que la fermeture inéluctable de quelques pôles, cette baisse d’effectifs va conduire à ouvrir plus largement les portes aux jeunes officiers-mariniers, une mesure positive.

Depuis la récente création des bases de défense au niveau de chaque arrondissement ou région maritime, l’ensemble des structures de loisirs et hôtellerie a été refondu dans une même entité: les cercles des bases de défense, tous mis en valeur par leur agence « Marine-Loisirs »., véritable vitrine de leur champ d’action.

Une vision avant-gardiste, un grand multiservice loisirs-restauration-hôtellerie destiné à toutes les catégories de personnel militaire et civil ressortissant et aux familles, une forme de super comité d’entreprise largement ouvert sur les activités extérieures les plus variées et relayé par les foyers d’unité. Et ce sont les officiers et officiers-mariniers issus des foyers -reconvertis désormais en gestionnaires de collectivité- qui naturellement ont hérité de la mission de faire prospérer ce nouvel outil qui, il faut le constater, apporte une réelle satisfaction à ses usagers.

Une question cependant, face à l’avenir : la « mariée » est -elle trop belle ? En effet, il est à craindre que cette réussite aiguise la convoitise du tout puissant service du Commissariat , lequel est reconnu pour sa compétence et son fonctionnement rigoureux , mais qui ne laisse aucune place à la fantaisie, donc à l’initiative…

Voici résumée l’histoire d’une institution qui, en soixante-dix ans d’existence, n’ a cessé de s’adapter aux goûts du temps.

En vous proposant cet exposé, j’ai souhaité rendre hommage à mes maîtres, les grands

directeurs de foyer qui m’ont montré le chemin et dont je me suis appliqué à suivre les conseils au cours de mes trente années de carrière.

Jean-Paul BONAMI

Sources: Souvenirs personnels

L’Arsenal de Cherbourg (Ed. du Cotentin) Article de Jean Pivain

Archives et témoignages (Amicale du personnel des foyers de la Marine)

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