Publié par : pascalbaptiste50 | 5 septembre 2017

Communication du 11 janvier 2017 de M. Jean PIVAIN : La formation, à l’Arsenal de Cherbourg, des apprentis de la Marine

LA FORMATION DES APPRENTIS DE LA MARINE

À L’ARSENAL DE CHERBOURG

 

 

LA CRÉATION D’UN ARSENAL À CHERBOURG PAR LA CONVENTION

 

À la fin du XVIIIe siècle, la Marine Royale dispose de quatre arsenaux, à savoir Brest, Lorient, Rochefort, le plus récent, et Toulon. En 1793, pendant la Révolution, la Convention décide de créer un nouvel arsenal, à Cherbourg[1]. Il se situe au nord-est du port de commerce et les ateliers sont aménagés dans les locaux réquisitionnés appartenant à l’entrepreneur Boulabert. Les terrains, situés alors sur la commune de Tourlaville, seront rattachés à la ville de Cherbourg par arrêté du 13 ventôse an X (4 mars 1802).

 

Plan de situation de l’avant-port de Cherbourg, avec l’ancien arsenal implanté sur le quai Est (Bibliothèque Jacques Prévert).

 

La construction navale manque de main-d’œuvre qualifiée

Pour y construire ses premiers navires, l’État est obligé de muter de ses différents arsenaux des ouvriers et surtout des cadres pour pallier la relative absence de main d’œuvre qualifiée. Parmi les professions concernées, on trouve celles liées aux métiers du bois : les charpentiers bois qui occupent une place primordiale (ils doivent savoir se servir de l’herminette, de la cognée, du maillet et des ciseaux à bois), les menuisiers, les scieurs de long, les ébénistes, les sculpteurs, les charrons, les tonneliers, les tourneurs sur bois et les perceurs. Moins connue, cette dernière profession demande beaucoup d’habilité et de précision, ce qui n’avait pas échappé à Colbert, ministre de la Marine, qui avait créé « la Certification d’aptitude de perceur ». En effet, un perceur est appelé à forer des trous à l’aide d’une tarière ; ceux-ci, en fonction de l’assemblage, reçoivent des gournables, des goujons pour clouer les couples, des clous et des tiges en fer mesurant parfois près de quatre mètres. Les calfats, les forgerons, les voiliers, les cordiers et les serruriers complètent la gamme des professions indispensables.

 

 

Coupe longitudinale d’un vaisseau de 74 canons. Ce modèle permet de comprendre la complexité de la construction d’un vaisseau et le nombre important des métiers participant à sa construction (durée 90 000 journées).

 

La transmission du savoir ou l’art et la manière de former des apprentis

Pour assurer l’exercice de ces professions, l’apprentissage est essentiel : c’est la transmission du savoir et le nombre des apprentis se situe à 10 % de l’effectif[2]. Un décret du 25 janvier 1793, accorde une priorité pour l’admission des enfants du personnel de la Marine. Cette mesure vise à assurer la continuité dans le recrutement et à retenir les ouvriers qui voient ainsi une possibilité d’embauche pour leurs fils. Ces enfants peuvent être admis à partir de huit ans comme « garçons » et de dix ans, au minimum jusqu’à dix-huit ans, comme apprentis. L’apprentissage se fait sur le « tas ». La formation est alors essentiellement pratique. Toutefois, quelques apprentis sachant lire, écrire et comprendre un plan sont appelés à devenir les futurs cadres. En 1803, le Premier Consul décide la construction à Cherbourg d’un nouvel arsenal sur des terrains situés à l’ouest de la ville[3].

 

Plan du nouvel arsenal décidé par le Premier Consul et inauguré par Napoléon III le 7 août 1858 (SHD).

 

Pour améliorer l’instruction des apprentis, le service des Constructions navales aménage une « école d’enseignement mutuel », en 1829, dans l’atelier sculptures de l’ancien arsenal. Cette méthode d’enseignement se généralise en France depuis 1815 et introduit une innovation capitale dans l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en utilisant l’ardoise comme outil. Cette pédagogie fonctionne assez bien et permet d’apprendre à lire et à écrire en deux ans. En 1830, les activités de l’ancien arsenal sont transférées dans le nouvel arsenal en cours de construction, les apprentis continuent à recevoir leur formation pratique dans des ateliers spécifiques à chaque profession et une nouvelle école, pour les formations théoriques, leur est aménagée dans un hangar. Pour certains métiers, l’apprentissage se fait dans des centres spécialisés : ainsi l’État autorise l’envoi d’apprentis sculpteurs à l’école des Arts et Métiers de Châlons. Le jeune Louis Fréret le fils du sculpteur cherbourgeois est le premier bénéficiaire de cette mesure.

 

Les apprentis de l’atelier Machines en 1898 (SHD).

 

L’ADAPTATION DE L’APPRENTI À L’ÉVOLUTION DES TECHNIQUES DE CONSTRUCTION DES NAVIRES

 

La mise en chantier de deux avisos à vapeur constitue un tournant dans les activités de la Direction des Constructions navales de Cherbourg. L’ère de la propulsion à vapeur commence. Cette technique, à l’aide de roues à aubes, n’est encore qu’un complément à la propulsion à voiles et utilisée lorsque le vent fait défaut, l’hélice n’apparaissant qu’en 1850. Cette révolution technique va provoquer l’arrivée de nouveaux corps de métier : mécaniciens, chaudronniers, mouleurs, ce qui amène la diminution et parfois même la disparition de certaines professions. Le personnel de ces nouveaux métiers est d’abord recruté dans l’industrie civile et la formation des apprentis s’adapte à cette évolution.

Le fer et l’acier prennent progressivement le pas sur le bois et la corvette à vapeur « Newton » est le premier navire entièrement métallique construit à Cherbourg. C’est l’avènement des charpentiers fer et des formeurs. L’apprentissage évolue : si la formation est toujours effectuée dans chaque atelier spécialisé, la théorie, enseignée par des agents techniques, porte sur la lecture, l’écriture, la grammaire, les éléments de calcul, le dessin industriel et, grande nouveauté, le sport fait son apparition. Les meilleurs apprentis sont retenus pour accéder à l’École de maistrance de Brest.

En 1890, l’instruction publique devient obligatoire, certains pensent à supprimer l’École des apprentis, ce à quoi s’oppose avec vigueur le directeur des Constructions navales qui considère la spécialisation et l’excellence de l’instruction enseignée, et la réputation grandissante de l’école auprès de la population locale : 200 candidats se présentent au concours d’entrée à l’École pour 50 places proposées ; le nombre de candidats sera d’ailleurs en constante augmentation.

 

L’apparition du sous-marin révolutionne la construction navale

En cette fin de XIXe siècle, la Direction des Constructions navales met en chantier ses premiers sous-marins où apparaît l’électricité comme source de propulsion, ce qui induit une nouvelle profession : électricien. Cette nouvelle technique conduit à développer à l’École des apprentis l’enseignement des mathématiques et de la géométrie descriptive pour certains métiers (charpentiers et chaudronniers) et, celle de la technologie propre à chaque spécialité développée.

Pendant la Première Guerre mondiale l’École des apprentis est fermée. Sa réouverture est décidée par arrêté ministériel du 20 septembre 1919 qui prescrit un enseignement en trois cours gradués : élémentaire, normal et supérieur. Le cours supérieur est destiné aux meilleurs élèves qui peuvent prétendre, après les cours du soir, intégrer les Écoles techniques de Brest, qui forment, en partie, les futurs cadres de la Direction des Constructions navales.

 

Les apprentis de l’atelier Machines en 1935 (SHD).

 

Rappelons au passage, le terme « matelotage », qui traduit le fait d’associer à un ouvrier pratiquant son métier depuis un certain nombre d’années un jeune ouvrier issu de l’apprentissage. Ce dernier va ainsi profiter de l’expérience de son « ancien », lequel va lui transmettre toutes les astuces relatives à son métier ; cette méthode se pratique dans l’arsenal depuis fort longtemps.

 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

En 1940, les Allemands prennent possession de l’arsenal. Les responsables de l’École, en accord avec la municipalité, répartissent les apprentis dans différents lieux de la ville. En 1943, le préfet de la Manche reçoit l’ordre des Allemands d’évacuer la ville classée zone interdite et de ne conserver que les habitants indispensables à son fonctionnement. L’École trouve refuge à Gouville-sur-Mer dans les bâtiments d’une ancienne filature. Cette même année, par décision ministérielle, les Écoles d’apprentis de la Marine deviennent « des Centres d’apprentissage de la Marine ».

 

Les charpentiers fer, Promotion 1943-1945, à Gouville-sur-Mer (SHD).

 

Pendant cette période apparaît une nouveauté : le préapprentissage qui dure trois mois et consiste à initier chaque apprenti, pendant quinze jours, à la découverte de chacun des métiers enseignés au Centre, à savoir : ajusteur, chaudronnier, charpentier fer, forgeron, menuisier, mouleur en effectuant une pièce typique du métier, par exemple dresser un bloc de 100 pour les ajusteurs, effectuer un assemblage tenon/mortaise pour les menuisiers et ainsi de suite pour chaque métier. Cette méthode offre l’avantage de détecter les aptitudes et les goûts des uns et des autres, et de faciliter les choix dans la mesure des places offertes dans chaque spécialité. Le concours d’entrée de l’année 1944, compte tenu des circonstances, a lieu en décembre à Cherbourg et la nouvelle promotion qui reçoit le nom de baptême Édouard Goudé[4] rejoint, le 4 janvier 1945 le Centre d’apprentissage de Gouville-sur-Mer.

 

Contrat d’apprentissage de Jean Pivain, 1941.

 

Lors de cérémonies officielles, il était dans la tradition que le directeur du centre s’adresse aux apprentis. Je crois qu’il est intéressant de lire celui prononcé le 1er mai 1945 et que je laisse à chacun le droit de le méditer :

Allocution de M. le Directeur du Centre d’apprentissage de la Marine

« La Fête du Travail coïncide presque exactement avec la victoire définitive, avec l’écrasement total de l’Allemagne par les armées françaises et alliées. C’est une heureuse coïncidence, car si la victoire est due à la science des généraux et au courage des soldats, elle est due tout autant, sinon plus encore, au travail gigantesque des ouvriers innombrables qui, dans les usines russes, britanniques et américaines, ont fabriqué les canons, les chars, les avions, les navires. Ce sont véritablement les ouvriers de la victoire ; c’est leur travail qui a gagné la guerre. Certes, au cours de cette guerre, les Allemands aussi ont fabriqué du matériel dans leurs usines ou dans les usines qu’ils avaient annexées. Mais quelle différence de travail ! En Allemagne, l’ouvrier travaillait dans la crainte et l’esclavage, véritable esclavage en effet que celui des masses de travailleurs étrangers, déportés et prisonniers ; leur travail obligatoire, sans conviction et sans rendement, surtout dans les pays occupés. Les ouvriers alliés, au contraire, travaillant dans la liberté et pour la liberté, ont fourni un extraordinaire effort de guerre. On a surtout entendu parler des résultats obtenus aux États-Unis, mais en Angleterre, dans les Dominions et en Russie, le rendement des usines a été aussi remarquable.

Dans le domaine des constructions navales qui nous intéresse particulièrement et qui était absolument capital dans les premières années, les Américains sont arrivés à des résultats inouïs. La durée de construction d’un cargo, qui était normalement de 6 mois à 1 an, a été réduite à 40 jours et même 30 jours comptés depuis la pose de la première tôle sur le chantier jusqu’à la mise en service du navire après essais. Sur les Grands Lacs, des chantiers navals ont surgi en quelques mois. Une telle rapidité de construction dépasse tellement tout ce qu’on a pu voir en France qu’elle serait incroyable si on n’en avait les preuves. Pourquoi sont dus ces résultats magnifiques? Pour une part à une parfaite organisation du travail, à une standardisation poussée au maximum, à la coordination des diverses branches de l’industrie, mais aussi et surtout à l’enthousiasme et à la remarquable conscience professionnelle de l’ouvrier américain. La contribution industrielle de la France dans la guerre a été bien faible par suite des circonstances. Elle a été plutôt négative, s’exprimant par la résistance des ouvriers français au travail imposé par l’Allemagne. Cette attitude, qui était nécessaire, a malheureusement handicapé notre pays pour la reprise de l’activité qui s’amorce maintenant. Pendant 4 ans, la technique française s’est endormie, les ouvriers et le personnel des usines ont pris des habitudes d’inertie et d’apathie dont il est parfois difficile de se défaire. Il est indispensable de réagir vigoureusement pour que la France, rattrapant dans la paix le retard que ses malheurs ont causé et reconstruisant son industrie reprenne son rang dans le monde. Dans ce but, prenons modèle sur les ouvriers américains : on peut peut-être leur trouver bien des défauts, mais lorsqu’ils sont au travail, ils travaillent très vite et très bien avec l’amour du travail bien fait dans l’ordre. La propagande ennemie n’avait pas manqué de souligner que le nombre d’heures de travail accomplies par les ouvriers de l’industrie de guerre américaine était très faible (souvent moins de 48 heures par semaine) et qu’il y avait de temps en temps des grèves, même pendant la guerre ; le fait est exact, mais ce qu’ils oubliaient de dire, c’est que pendant les heures de travail, l’ouvrier américain travaille toujours au maximum de rendement, sans aucune perte de temps. Il vaut mieux travailler 6 heures par jour à plein rendement et à salaire élevé que 10 heures à ne rien faire. L’ouvrier y gagne et la nation aussi. C’est une leçon que la France aurait grand besoin de méditer, car hélas ! le rendement des ouvriers français est souvent bien médiocre par suite de défauts d’organisation et aussi de manque d’énergie, d’indifférence au travail. En particulier, on a trop souvent entendu reprocher aux arsenaux d’avoir une activité et un rendement bien faibles. Oh, les ouvriers des arsenaux sont de bons ouvriers, mais ils ne se fatiguent pas. Ce n’est pas qu’ils soient paresseux par nature, car ils en mettent un coup après l’arsenal, pour faire leur jardin ou quelque autre travail. Mais leur travail de l’arsenal ne les intéresse pas : ils en font le moins possible en attendant l’heure de la cloche. Ces reproches ne s’adressent pas à tous, mais il y a malheureusement une part de vérité. Ce n’est pas ainsi que travaillent les ouvriers américains, ni certainement les ouvriers russes. Et ce n’est pas ainsi que l’on refera une France forte et prospère. Il est nécessaire que vous, apprentis de la Marine, qui serez l’élite des ouvriers de l’arsenal, réagissiez contre cette tendance à la nonchalance. Vous travaillez ici, je l’ai constaté, avec ardeur et avec amour de votre travail ; il faut que vous conserviez plus tard cet amour du travail ; il faut que vous soyez convaincus de la nécessité de ne pas perdre de temps inutilement sur le travail et de l’importance du rôle de chacun de vous dans l’œuvre de reconstruction de la France. »

Je me permets de citer une anecdote : en juin 1945, le général de Gaulle, en visite dans le département de la Manche, s’arrête à Coutances et les apprentis auront l’honneur de défiler sur le stade Paul Maundrell devant le chef de la France Libre, ce dont ils garderont une grande fierté.

 

Le retour à Cherbourg

 

En octobre 1945, après avoir déménagé pendant l’été, les cours théoriques reprennent dans des locaux rue de Beuzeville à Équeurdreville et l’enseignement professionnel est toujours dispensé dans les ateliers qui se remettent des destructions subies pendant le conflit. La création d’un foyer, constitue pour les apprentis une évolution importante. L’administration centrale modifie les congés de l’été en regroupant pendant un mois les apprentis dans un camp de plein air et un mois dans leurs familles respectives.

 

Les apprentis, rue de Beuzeville en 1946.

 

La création du diplôme d’apprentissage marine

Pour devenir ouvrier, il faut passer un examen professionnel. À partir de 1946, est créé « le Diplôme d’apprentissage Marine » en abrégé le DAM, légèrement supérieur au CAP, qui sanctionne trois années d’apprentissage. Après l’obtention de son diplôme l’apprenti devient jeune ouvrier et, à dix-huit ans accède au rang d’ouvrier, ce qui est pour lui une étape importante qui vient d’être franchie. De 1942 à 1972, Charles Costils, agent technique affecté au Centre d’apprentissage comme chef des études, s’est impliqué sans compter dans la formation des « arpètes ». Au fil du temps, ce Centre d’apprentissage s’est forgé une solide réputation, à laquelle l’action de Charles Costils n’est pas étrangère. Sont sortis de ses rangs des centaines d’ouvriers qui, grâce à la promotion sociale interne, sont devenus techniciens, chefs de travaux ou ingénieurs et dont quelques-uns ont accédé à de hautes fonctions. D’autres ont préféré se diriger vers une carrière militaire, d’autres encore ont intégré l’Éducation nationale comme professeurs techniques. Il y en a même qui ont choisi la vie ecclésiastique. Beaucoup ont mis les valeurs que l’École leur avait inculquées au service de leurs citoyens en devenant conseillers municipaux, maires, conseillers généraux ou même sénateur.

 

Le diplôme d’apprentissage de Jean Pivain, 1947.

 

Le rapprochement avec la formation de l’Éducation nationale

En 1971, les Écoles d’apprentissage deviennent des Écoles de Formation technique (EFT) avec deux cycles distincts :

– une École normale (EFTN) destinée à la formation en deux ans des ouvriers qualifiés, après l’obtention du Diplôme de Formation Technique (DFT) ;

– une École supérieure (EFTS) d’une durée de trois ans conduisant après l’obtention du Bac série E au concours d’admission au cours préparatoire d’entrée à l’École nationale d’ingénieur des études et techniques de l’armement ou au concours d’admission à l’École technique normale.

 

L’École de Formation Technique.

 

La restructuration au ministère de la Défense

Dès 1990, le ministère de la Défense décide la séparation au sein de la Direction des Constructions Navales des fonctions étatiques et industrielles. Dans le cadre de cette réforme, la fermeture de l’École de Formation Technique est décidée. La création, en 2003, de la  société DCNS (société privée à capitaux d’État) conduit à la répartition des infrastructures de l’arsenal entre la DCNS implantée dans la partie Sud et la Marine Nationale qui regroupe ses activités dans la partie Nord. L’Arsenal n’existe plus, il n’y a plus qu’une Base navale accolée à une société de constructions navales, une page de l’histoire est tournée.

 

Vue aérienne en 2015 de la Base navale et de DCNS (Marine nationale).

 

 

En hommage à tous les professeurs, et moniteurs qui ont cherché à inculquer aux apprentis passés au Centre d’apprentissage les notions de valeur, de grandeur et d’amour de leur métier, permettez-moi de vous interpréter[5] un couplet et le refrain de la « Marche des Apprentis ».

 

MARCHE DES APPRENTIS DE LA MARINE

Paroles et musique de M. Ferey, agent technique

 

REFRAIN

Jeune apprenti de la Marine

Élève ton âme et ton cœur,

Que le souffle de ta poitrine

Ne soit consacré qu’au labeur,

Pour la grandeur de notre France

Dans le ciel pur, toujours plus haut,

Par toi se fonde l’espérance

De voir monter notre drapeau

I

Souviens-toi de nos grands ancêtres,

Ces Normands, gais navigateurs,

Plus robustes que nos vieux hêtres

Étaient aussi fins constructeurs.

N’ont-ils pas construit balancelles

Pour les marins, ces voyageurs,

N’ont-ils pas construit caravelles,

Depuis CHERBOURG jusqu’à HONFLEUR

 

II

Toi qui descends de cette race

D’artisans et de travailleurs,

De nos ancêtres suit la trace

Tu y auras joie et bonheur,

Sois orgueilleux de ton métier

Sans murmure va de l’avant,

Songe que le pays entier

Ne vivra que par ses enfants,

III

Afin que sur les océans

Notre glorieux pavillon,

Flotte fièrement à tous vents,

Debout pour la corporation

De ceux qui firent NORMANDIE,

SURCOUF, DUNKERQUE et MORILLOT

Suis l’exemple, ils te confient

L’HONNEUR de porter leur flambeau

 

 

Jean PIVAIN

 

[1] Lepelley Roger, Le vieil arsenal de Cherbourg de 1793 à 1814, Saint-Vaast-la-Hougue, 1990, 351 p. Ici p. 49. Le décret du 20 septembre 1793, suivi de l’arrêté du 4 décembre 1793, arrête que le citoyen Boulabert sera tenu de céder sur le champ, à la disposition de l’Administration de la Marine à Cherbourg, les magasins et arsenaux qu’il possède.

[2] Ibid., p. 152. Le texte précise le détail des effectifs, par spécialités, de la Direction des Constructions navales.

[3] Ibid., p. 127. L’arrêté du 25 germinal an XI (15 avril 1803) précise : il sera construit dans la rade de Cherbourg, un avant-port et un port capables de contenir 12 vaisseaux de guerre, avec un nombre proportionné de frégates et trois formes de construction.

[4] Chef d’équipe affecté au Centre, il est victime en juillet 1944 d’un bombardement en rejoignant sa famille réfugiée dans la région.

[5] Et ce fut fait, a capella, ce qui constitue sûrement une première dans nos congrès.


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