Publié par : pascalbaptiste50 | 9 mai 2016

Communication du mercredi 6 avril 2016 par le Docteur François FOSSEY: La Réunion, un département français pas tout à fait comme les autres

La Réunion, un département français pas tout à fait comme les autres.

 

Je ne suis pas un grand voyageur, encore moins un explorateur ou un aventurier. Je ne vais donc pas renouer avec la tradition des récits de voyages de nos illustres prédécesseurs de la Société académique. Mon voyage à la Réunion est tout à fait ordinaire et je ne suis pas sorti des sentiers battus. Ceux qui connaissent l’île auront donc l’impression que j’enfonce des portes ouvertes et que ce que je raconte est bien banal et bien naïf. C’est donc surtout à ceux qui ne connaissent pas que je souhaite faire partager ce que j’ai découvert et ce qui m’a réjoui… et j’ai constaté que beaucoup de gens ne connaissent pas ce département français car c’est petit et surtout, très loin : plus de 11 heures d’avion en vol direct à partir de Paris. (003. 004.)

 

Le climat de la Réunion.

Arrivé début mai, c’était l’automne. Un automne tout relatif car la première chose qui vous tombe dessus en sortant de l’aéroport, c’est la chaleur, 26 à 28 degrés pendant notre séjour, avec des poussées à 30°, ce qui fait beaucoup pour un normand casanier comme moi. De plus, c’est une chaleur humide. C’est toutefois beaucoup plus supportable que les 35 à 36° de l’été de cette zone tropicale. Heureusement, en bord de mer, il y a presque toujours un petit vent rafraichissant et, lorsque l’on monte en altitude, on perd environ un degré chaque fois que l’on grimpe de 100m.

Il fait chaud, le ciel est bleu mais je ne l’ai jamais vu sans nuages, particulièrement au coucher du soleil, qu’il s’agisse des nuages de beau temps du ciel breton ou de nuages d’allure orageuse fort menaçants. (005 006) Et ce que j’ai vu tomber, c’est de l’eau ‘’mouillée’’, digne de nos giboulées de mars. Par contre, je n’ai pas bénéficié des trombes d’eau qui transforment en quelques heures les ravines quasi sèches en oueds furieux capables de submerger les ponts qui les enjambent et d’emporter l’automobiliste qui essaierait de les franchir. Un panneau rappelle ce risque à chaque passage concerné.

Avec 21° de latitude sud, et 55° de longitude est, la Réunion se situe en zone tropicale au milieu de l’Océan Indien à 660 km de la côte est de Madagascar.

Cette situation tropicale implique des horaires de jour et de nuit à peu près équivalents, il fait jour à 6h mais nuit à 18h, heure solaire. Il faut s’y habituer, surtout quand on part de chez nous en mai! Le décalage horaire est de 2 ou 3 heures selon que la métropole est à l’heure d’été ou à celle d’hiver.

Le climat est aussi caractérisé par deux saisons inversées par rapport à nous. Comment s’apercevoir que c’était l’automne ? Presque tous les arbres ont des feuilles persistantes et, s’il en restait beaucoup avec des fleurs, presque tous portaient des fruits. Par contre, j’ai vu plusieurs érables platanes, dont les feuilles jaunies se préparaient à tomber. Ce sont les seuls arbres de nos régions que j’aie remarqués et qui permettaient de reconnaître la saison. Ils sont très résistants au vent.

L’hiver austral, moins chaud, (25 à 30°), et plus sec, est caractérisé par des alizés de sud-est assez violents. L’été, chaud, (30 à 35°),  et pluvieux, s’étend de novembre à avril. En janvier-février, les dépressions tropicales venues du nord-est peuvent apporter des pluies torrentielles et des cyclones qui dévastent régulièrement l’île. Hyacinthe, en 1980 avec ses vents de 300 km/h, amena 1,17m d’eau en 12 heures à Grand Ilet et 6m en 11 jours à Commerson.

Ce qui caractérise aussi la Réunion, c’est la variation de climat en fonction de l’altitude et de l’orientation. Il y aurait plus de 200 microclimats. Il peut faire 30° sur la côte et 5° au sommet du volcan. Il peut pleuvoir à verse dans les plaines et faire soleil sur la côte. La région Est, « au vent », est fortement exposée à la pluie et aux vents. La région Ouest, « sous le vent », est protégée par les reliefs. Dés 800m d’altitude, les nuages s’accrochent aux montagnes et d’épaisses nappes de brouillard se répandent dans les ravines et les cirques, obstruant toute visibilité dès le début de la matinée : si on veut faire du tourisme, il faut le faire tôt, après, on a de gros risques de ne rien voir.

 

Un peu de géographie : Comment se présente l’île ?

Imaginez une taupinière gigantesque surgie de l’océan et dont les parois sont relativement abruptes. Avec des dimensions de 50 km sur 70, elle résulte de la juxtaposition de deux massifs volcaniques. Il ya environ 5 millions d’années, un petit volcan commence à cracher au fond de l’océan à 4000m de profondeur. Eruption après éruption, un socle de 200km de diamètre se constitue, qui émerge il y a 3 millions d’années. Maintenant, ce volcan bouclier culmine à 3069m pour une hauteur totale de 7000m si on tient compte de la portion immergée. (007)

Deux massifs volcaniques subsistent. Celui du nord n’est plus en activité, c’est le piton des Neiges, (3071m), qui s’est endormi il ya environ 20000 ans (009). Effondrements et érosion l’ont sculpté en trois grands cirques de quelques kilomètres de diamètre, Mafate, (010 011 012 013) Salazie et Cilaos (014 015). Le plus sauvage est Mafate, accessible seulement à pied ou en hélicoptère. Au sud, le piton de la Fournaise, (2631m),  s’épanche régulièrement depuis 350 000 ans (016 017 018). C’est l’un des volcans les plus actifs et les moins dangereux du monde.

Le 9 avril 1977, une coulée volcanique, liée à l’éruption du Piton-Sainte-Rose, traverse le village, engloutit le pont et les maisons, fait fondre les fils électriques. Heureusement, les habitants ont le temps d’évacuer. Deux bâtiments en dur résisteront : l’église, (021) on crie au miracle, et la gendarmerie, ce qui est plus étonnant. En fait, les portes et fenêtres des deux constructions étaient trop étroites pour que l’épaisse roche en fusion puisse s’y faufiler.

Restera au milieu du village une rivière de pierre que la végétation colonisera peu à peu.

C’est la première éruption hors enclos depuis plus de deux siècles. Elle sera suivie d’autres dont celle de Saint Philippe en 1986. En 2007, le cratère Dolomieu s’effondre sur plus de 350m, conséquence de l’énorme vidange de la chambre magmatique. (023 027)La route du Grand Brûlé est détruite sur plusieurs km. Pas de pertes humaines mais des embarras routiers colossaux.

Entre les deux massifs volcaniques une zone de moindre altitude permet le passage de la seule route qui traverse l’île d’ouest en est, reliant Saint Pierre à Saint Benoît. Elle passe par Le Tampon, la Plaine des Cafres et la Plaine des Palmistes. (028)

La côte est sauvage et peu accueillante pour qui vient de la mer. Deux ports seulement, Saint Paul, et la Possession, (construit grâce aux engins de chantier de Jacques Fréné),  tous les deux au Nord ouest. Des falaises de basalte ceinturent une grande partie de l’île, formant un décor chaotique et sauvage (030 032 033 034). Faute de socle continental, il n’y a que quelques lagons sur la côte ouest, de faible profondeur, 1 à 2 mètres (037). Au delà des lagons comme tout autour de l’île, le plateau plonge brutalement vers les profondeurs. Il se forme de belles vagues qui seraient le paradis des surfeurs… s’il n’y avait pas de requins ! (038 040 041) (Il ne faut cependant pas en exagérer le risque : pour une mort annuelle par requin, il ya 24 noyades et 100 tués sur les routes.) (037 038).

Sur les rivages alternent les plages de galets dues à l’érosion des ravines, celles de sable blanc (044) issues de l’érosion corallienne, et celles de sable noir,  (045), d’origine volcanique, sable qui atteint des températures phénoménales au soleil, pouvant provoquer de graves brûlures si on s’aventure à y marcher pieds nus.

Pas de marées, la mer ne bouge pas avec un marnage maximum de 1 mètre contre 12 à 14 chez nous.

Dès que l’on quitte le bord de mer pour aller vers l’intérieur, il faut monter des petites routes sinueuses et tortueuses qui donnent l’occasion de réviser sa conduite en montagne. De larges ravines plus ou moins abruptes creusent les flancs des collines. (046 047)

 

Un peu d’histoire.

On ne peut pas comprendre la Réunion si on ne sait pas que cette île surgie de l’océan était au départ un caillou stérile. La mer, le vent, les oiseaux, peut-être des peuplades primitives venues de nulle part, ont peu à peu apporté une végétation qui s’est installée et développée. On ne sait pas non plus comment sont arrivés les animaux découverts sur l’île par les premiers navigateurs. Ce que l’on sait, c’est que lors de sa découverte au début du 16ème siècle, c’était une île déserte où vivaient des tortues géantes et des oiseaux dont des perroquets et le solitaire de Bourbon, un ibis, souvent confondu avec le dodo mauricien, apparenté au pigeon mais énorme.

Ce sont des portugais, (ils ont armé près de 300 expéditions dans l’océan Indien entre 1500 et 1528) qui ont découvert la Réunion, l’île Maurice et l’île Rodrigues. Qui a découvert ces îles ? Rodriguez ? Fernandez ? Pereira ? Sans doute pas Mascarenhas bien qu’il ait donné son nom à cet archipel des Mascareignes. Les côtes sauvages de la Réunion se prêtent mal aux débarquements, les navigateurs s‘y intéressent donc peu.

Anglais, Hollandais et Portugais ont à cette époque largement dépassé les Français dans la course aux Indes. C’est vers 1630 que ceux-ci vont se réveiller et s’intéresser à Madagascar et aux Mascareignes. La Compagnie Particulière de Navigation, formée par des bretons et des parisiens et soutenue par Louis XIII commence à envoyer des navires vers le sud pour commercer avec l’Inde par le truchement de comptoirs. C’est une de ces expéditions qui prend possession de la Réunion (elle est alors appelée Mascarin), et de l’île Rodrigues en 1638 ou 1640, une seconde prise de possession intervenant en 1642. Les Hollandais, pour leur part, prennent possession de Mauritius qui ne s’appellera l’île de France qu’en 1715… pour 95 ans.

La compagnie des Indes s’intéressant surtout à Madagascar, l’île restera sans habitants jusqu’en 1646-47 où le gouverneur de Madagascar y expulse 12 mutins qui ne reviendront qu’en décembre 1649, en excellente santé, ce qui n’était pas le cas de leurs compagnons restés à Madagascar, victimes des fièvres. De 1654 à 1658, 14 nouveaux mutins seront déportés.

En 1649, Mascarin est rebaptisée Ile Bourbon.

C’est en novembre 1663 que Payen et un ami s’y installent volontairement, emmenant avec eux dix malgaches dont les trois premières femmes que l’île a accueillies.

3 femmes pour 9 hommes, cela se termine mal et Payen rentre à Madagascar avec son compatriote tandis que les malgaches, 7 hommes et 3 femmes, filent dans les montagnes. On ne sait pas leur nom ni s’ils restèrent dans l’île.

Longtemps considérée comme une annexe négligeable de Madagascar, Bourbon va accueillir ses premiers colons officiels en 1665, un an après la création de la Compagnie des Indes Orientales et des Indes Occidentales par Colbert. Trois flottes sont expédiées en 4 ans. Elles échoueront, tant à Madagascar qu’aux Indes mais feront de Bourbon une vraie colonie. Regnault et ses compagnons, une vingtaine de personnes, s’installent en baie de Saint Paul. 1667 correspond à l’arrivée des premières femmes européennes.

En 1671, ils seront une centaine de colons, dirigés par Regnault.

La principale caractéristique du peuplement originel de Bourbon est le métissage expliqué par le manque de femmes et l’absence d’esclavage aux premiers temps de la colonisation. Tout le monde était sur pied d’égalité. L’importation d’esclaves interviendra plus tard. Parmi les 37 premières femmes ayant eu des enfants sur l’île, 15 étaient malgaches, 15 indo-portugaises et 7 françaises. Elles eurent 44 maris et 254 enfants, (7 à 8 par femme), leurs filles poursuivirent le métissage. Les préjugés de couleur qui prévaudront par la suite expliqueront le clivage entre ‘’blancs’’, c’est-à-dire libres et ‘’noirs’’, c’est-à-dire esclaves. Dans la mémoire coloniale on effacera les aïeules à la peau bistre. On retrouvera régulièrement le phénomène de métissage à chaque arrivage de nouveaux ‘’pionniers’’, en majorité des hommes, avec des femmes créoles, qu’il s’agisse des premiers chinois, des indo-musulmans ou des ‘’zoreils’’ du 20ème siècle. Ce brassage humain, oublié ou occulté par la suite, ne se retrouve nulle part ailleurs, ni à Maurice, ni aux Antilles où l’immigration s’est déroulée d’emblée dans des conditions discriminantes.

Regnault, homme de valeur, sera remplacé en 1671 par l’infect sieur de la Hure qui inaugure une série d’administrateurs désastreux. Il s’en suit un période d’anarchie jusqu’en 1690 où débarque Vauboulon, gouverneur mandaté par la Compagnie  des Indes. Il promulgue une avalanche de lois et se conduit en dictateur, ne trouvant pour s’opposer à lui que le père Hyacinthe de Kerguelen qui le fait arrêter et remplacer par Firelin, un jeune homme de 25 ans, qui n’aura pas la poigne nécessaire et sera obligé de s‘enfuir.

En 1704, Bourbon compte 734 habitants dont 311 esclaves. Si la population libre est sensiblement équilibrée, hommes/femmes, il ya moitié plus d’esclaves masculins que féminins. Cette inégalité des sexes persistera jusqu’en 1848.

L’habitat s’améliore, la fortune des colons aussi. Les productions agricoles suffisent au ravitaillement des habitants et des navires de passage. Bourbon a enfin de vrais gouverneurs mais tout se passe dans la nonchalance et la gestion au jour le jour, la Compagnie ne sait pas quoi faire de sa petite colonie. Cependant le marronnage, (c’est ainsi que l’on appelle la situation des esclaves en fuite), et un complot d’esclaves provoqueront une réaction brutale des autorités.

Pour développer l’île, on y implante des espèces végétales à forte valeur marchande telles les épices, (poivre, cannelle), le coton et le café sous l’impulsion de Poivre. Poivre était un prêtre missionnaire, plus par goût du voyage que par conviction religieuse. Expulsé de Cochinchine par son évêque qui ne trouvait pas son comportement très catholique, son bateau est attaqué par les anglais et il débarque à Batavia où il découvre les fabuleux hangars à épices des hollandais. Il n’aura dès lors qu’une obsession : donner des épices à la France.

 

Les épices :

Poivrier  (049)

Cardamone (052)

Gingembre, (rhizome d’amour) (055)

Curcuma safran péi (056) (Ce n’est pas le safran de crocus sativa mais cela a la même couleur).

Noix de muscade (057 059)

Le café  (061 062).

Le Bourbon pointu ou ‘’café sauvage’’.

Le Bourbon rond ou moka

Le coffea arabica, monoïque, (les autres sont dioïques).

Le nom de café rond ou pointu vient de la forme des graines et non des coques. Le café n’est pas produit à une grande échelle à la Réunion en raison des ravages des cyclones et des maladies. On n’en trouve guère que chez les ‘’gramounes’’. Le ‘’Domaine du Café Grillé’’ essaie de relancer la production.

L’arabica de la Réunion, (Bourbon), est maintenant cultivé au Brésil.

Le ‘’café sauvage’’ est aussi un arabica qui a muté en sol volcanique et qui est naturellement décaféiné. Il en est fait une grosse exportation vers le Japon, (650 euros le kg). C’est un café qui a été dénigré pendant 300 ans à cause de son nom de café sauvage.

Le robusta ressemble à l’arabica mais il est plus résistant aux maladies.

 

Malheureusement, comme cela va aussi se faire ailleurs, et, après une période d’exploitation bénéfique des épices et du café suivra une période d’érosion due à la concurrence.

Viendront ensuite le coton, le théier, la rhubarbe, le ver à soie, le bananier, (063 064), le riz de montagne, les agrumes, la noix de coco, le tabac… qui s’installent au détriment des espèces locales.

On introduit aussi le manioc (067)

En 1735, arrivée de La Bourdonnais comme gouverneur des îles de France et Bourbon. Avec Dupleix, il mènera contre les Anglais la guerre des Indes, Indes qui seront définitivement perdues en 1763 après la guerre de 7 ans et réduites à 5 comptoirs : Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé. Les Mascareignes se retrouvent de plus en plus isolées et doivent trouver dans leur économie les ressources nécessaires à leur survie.

En 1764, le roi accepte de reprendre à la Compagnie des Indes les îles de France et Bourbon.

Après une vingtaine d’années qualifiées ‘’sans histoires’’, l’île va être confrontée à toutes sortes de problèmes dans les 25 ans qui suivent.

En premier lieu un problème social avec une augmentation considérable du nombre de colons blancs pauvres. Le nombre de micro propriétaires, (3 esclaves ou moins), passe de 2 à 17% entre 1735 et 1779. Cela continuera de s’aggraver au 19ème siècle. Une des premières causes est la « coutume de Paris » qui veut que les terrains soient également partagés entre tous les héritiers. Avec des familles de dix enfants ou plus, les plus grands domaines se transforment rapidement en parcelles non rentables. Ajoutons à cela la politique agressive et conquérante des blancs riches et l’impossibilité pour les blancs pauvres de louer leurs services puisque c’était « travail de noirs ». Un cyclone, une maladie dans le champ de café, une guerre…et le blanc modeste se retrouve pauvre, méprisé par son cousin qui a réussi et auquel il fait honte.

On essaiera donc de les éloigner vers la côte sud, ou dans les cirques, ou à Madagascar, ou dans les troupes coloniales…

La révolution en France va provoquer des années d’incertitude. En mai 1791, l’assemblée nationale ouvre un débat sur les droits politiques des gens de couleur. Le 4 avril 1792, l’assemblée législative accorde les mêmes droits politiques qu’aux blancs aux « libres de couleur ». En mars 1793, Bourbon devient la Réunion. En février 1794, l’abbé Grégoire, principal animateur de la Société des amis des noirs obtient difficilement le vote du décret abolissant l’esclavage. En 1795, les colonies deviennent des départements. La guillotine, ne tranchera aucun cou dans les îles. En 1796, les agents du Directoire chargés de faire appliquer l’abolition de l’esclavage sont envoyés aux Mascareignes. Ils arrivent à l’île France le 18 juin et en sont expulsés 3 jours après. La Réunion ne reçoit pas leur visite, applaudit, et ne change rien. En octobre 1801, l’esclavage sera rétabli de manière officieuse dans les colonies françaises. Pendant ce temps là, à Saint Domingue, les noirs ont pris le pouvoir. A la Martinique et à la Guadeloupe, la France n’est plus concernée depuis 1809, suite à l’invasion anglaise. Par contre, dans l’océan Indien, les îles sont protégées par les corsaires, (les frères Surcouf, Deschiens de Kerulvay, Lemême, Ripaud de Montaudevert, Dutertre… ), qui arraisonnent les bateaux anglais et se livrent à un commerce très lucratif. Grâce à Port Louis, c’est surtout l’Ile de France qui en profite mais la Réunion participe.

L’Empire étouffera l’aventure corsaire et privera la région d’une défense efficace quand les Anglais en reprendront le contrôle.

Le 15 août 1806, la Réunion devient l’île Bonaparte.

Après plusieurs incursions, l’île sera prise par la Anglais en juillet 1810. En décembre, ils prennent aussi l’île de France : les Mascareignes sont anglaises. S’ensuit une opération séduction vis-à-vis des colons de la part des Anglais. Par contre, les esclaves voient leurs espoirs déçus.

  1. Rendue à la France, l’île redevient Bourbon le 6 avril. En juillet, le retour de l’empereur provoque le retour des Anglais qui établissent un blocus et demandent à la colonie de « se remettre sous la protection de Sa majesté ». Refus du gouverneur. L’annonce de Waterloo met fin au conflit, Bourbon restera française. Par contre, redevenue Mauritius, l’île de France restera anglaise.

Pendant toute cette période, les guerres et les aléas politiques ont provoqué une grande instabilité, la disette des blocus succédant à l’opulence amenée par les corsaires. L’île a conscience qu’elle n’a guère compté pour Paris. Redevenue la seule colonie française de la région, Bourbon n’a plus Maurice pour lui faire de l’ombre, mais ne l’a plus non plus pour la tirer dans son sillage commercial. Les Indes françaises sont réduites à 5 points sur la carte, il n’y a donc pas d’avenir non plus de ce côté là.

De 1815 à 1848, les péripéties politiques de la métropole n’auront guère de retentissement. L’actualité sera sociale et économique avec l’invasion d’une nouvelle culture, la canne à sucre, (069), qui a l’immense mérite de résister aux cyclones, mais dont l’exploitation a besoin de bras, n’en déplaise aux « négrophiles » de France et à ceux qui osent en parler sur place. Les colons s’insurgent contre les intellectuels qui ne comprennent rien aux colonies mais les mouvements abolitionnistes vont leur chemin.

Les gros colons continuent de s’enrichir et les petits de s’appauvrir. Le sort des esclaves s’adoucit et les affranchissements s’accroissent. Le fouet est moins fréquent et le marronnage n’est plus puni de mort. En ce qui concerne les libres, ils s’installent peu à peu dans la société et leur place n’est pas subalterne. Ils obtiennent des droits politiques dont ils entendent bien faire usage.

Autre modification agricole : la culture de la vanille. (070 071). La vanille est originaire du Mexique. Acclimatée dans diverses contrées tropicales, étudiée dans les serres françaises et anglaises elle poussait très bien mais ne fructifiait pas car la fleur, une orchidée à l’anatomie complexe, ne pouvait être fécondée que par une abeille particulière qui n’existait qu’au Mexique. Amenés à la Réunion en 1819, 1820, 1822, les plants de vanille donnent des lianes magnifiques qui fleurissent … mais en restent là, jusqu’à ce qu’un jeune esclave de 12 ans, analphabète et peu instruit des choses agricoles perce l’énigme. Edmond est un des nombreux esclaves de monsieur Ferréol Bellier Beaumont, de Sainte Suzanne, qui l’a pris sous sa protection et le laisse l’accompagner dans ses multiples activités. En 1841, des gousses apparaissent sur un vanillier, qu’est-ce qui s’est passé ? Le jeune Edmond avoue alors qu’il a trituré les fleurs d’une certaine manière. Son geste a été perfectionné depuis par les planteurs de la Réunion mais est toujours pratiqué de la même façon par les « marieuses ». Il faut déchirer le labelle qui entoure les organes sexuels de la fleur puis soulever avec une épine le ’’rostellum’’ qui sépare l’anthère mâle du stigmate femelle et mettre délicatement ces organes en contact. La gousse pousse en 9 mois mais il en faudra 8 autres pour l’affiner. Une bonne marieuse peut féconder jusqu’à 1500 fleurs avant l’aube, où elles se flétrissent.

Edmond n’en retirera pas grand bénéfice. Son maître l’emmènera exposer sa technique aux autres planteurs mais ne l’affranchira pas. Il ne deviendra libre qu’en 1848, quelques mois avant l’émancipation générale et prendra le patronyme d’Albius. Parti à la ville, il sera condamné à trois ans de travaux forcés pour vol et mourra en 1880 dans la misère. La colonie enrichie par la vanille parlera de le récompenser mais ne fit jamais rien. Sans « l’Album de la Réunion » de Roussin qui lui consacra un article, il serait sans doute oublié.

L’esclavage va évoluer au cours du 19ème siècle. (072). Aboli théoriquement en 1794, il avait en fait continué à la Réunion. Il fut rétabli officiellement par Napoléon en 1805. Par contre,  en 1815, il interdit la traite des noirs, qui sera rétablie par Louis XVIII, jusqu’en 1817. Les Anglais, pendant qu’ils géraient l’île, s’étaient montrés brutaux avec les « mauvais » esclaves et libéraux avec les « bons », ce qui avait permis un certain nombre d’affranchissements. Par la suite, il y aura des alternances de restrictions selon l’influence des conservateurs, (Louis XVIII, Charles X), et du lobby colonial ou de libéralisme du aux associations abolitionnistes, surtout après la révolution de 1830. En 1845, les esclaves obtiennent le droit de se défendre, de posséder, de bénéficier de certains soins et d’être payés de leurs heures supplémentaires.

1848 marque une étape capitale dans l’histoire de l’île Bourbon. Louis Philippe est renversé le 24 février et la nouvelle république abolit l’esclavage par le décret du 27 avril. Les jeunes créoles présents à Paris accueillent l’annonce avec enthousiasme. Leconte de Lisle est officiellement de ceux là mais sa sincérité sera mise en doute vu ses propos racistes ultérieurs.

Dans l’île cela pose un problème économique majeur : dans de nombreuses exploitations, la valeur marchande des esclaves dépasse celle du foncier. De nombreux colons, surtout les plus modestes, risquent la ruine si aucune indemnité ne leur est accordée. Cela entraine une tension majeure d’autant que la population compte moitié plus d’esclaves que de libres. Le commissaire général de la République, Sarda Garriga débarque le 14 octobre. Le 18, il publie un décret annonçant l’abolition de l’esclavage pour le 20 décembre. Un second décret, le 24 octobre, institue le travail obligatoire pour les affranchis. Ils doivent contracter un engagement attesté par un livret. A la mi novembre, il commence une tournée qui rassure un peu patrons et esclaves. Les colons ont considéré que ce décret leur donnait une garantie de travail et de sécurité, les esclaves ont été rassurés sur leur avenir. Cela n’empêchera pas les affranchis de déserter les propriétés.

Quelques mots du « marronnage ». Cela a toujours existé puisque dès 1663, les malgaches amenés par Payen prendront la fuite dans les montagnes. Les sanctions seront sévères pour ceux qui seront repris : le code noir de 1723 prévoit que le marron de plus d’un mois aura les deux oreilles coupées et une fleur de lys sur l’épaule. S’il récidive, le jarret coupé, (pour l’empêcher de courir), et une fleur de lys sur l’autre épaule. La troisième tentative est punie de mort. Il y aura des chasseurs de primes spécialisés dans la recherche des fugitifs. Ce marronnage n’est pas négligeable puisqu’en 1829, alors que la condition d’esclave s’était améliorée, on recensait 4403 marrons dont 1102 avaient été repris, 858 revenus spontanément et 2453 dans la nature, soit 1 marron pour 24 esclaves !

 

Les esclaves n’avaient qu’un prénom, complété par le nom de leur propriétaire. Conséquence de l’affranchissement : Un décret du 8 novembre 1848 exige qu’ils aient un patronyme, attribut lié à la liberté : une armée de scribes s’attacha donc à trouver des noms aux 62000 affranchis, noms souvent fantaisistes, ne tenant aucun compte de l’individu. 30% des patronymes réunionnais actuels en découlent.

Sarda Garriga avait prévu que le travail des affranchis serait obligatoire mais les propriétaires ne veulent pas voir les changements sociaux que cela entraine et les affranchis ne seront pas toujours mieux traités que les esclaves de la période antérieure. Tout est bon pour détourner la loi et nombre de mariages fictifs dispensent les femmes de travailler, de même, les engagements fictifs : un prête nom se déclare employeur d’un affranchi et se retrouve « patron » d’une entreprise inexistante. En 1860, les affranchis encore au travail ne représentent qu’une infime minorité. Le résultat sera que les affranchis auront gagné la liberté mais perdu la sécurité matérielle. Ils ne seront pas les seuls à subir la misère. Les anciens « libres de couleur » sont concurrencés par les « citoyens de 48 » comme petits planteurs et artisans. Les « pauvres blancs » sont rejoints par les « pauvres noirs », et leur nombre s’accroît du fait que les petits colons ont été ruinés par l’émancipation et le versement tardif d’indemnités trop faibles. L’abolition de l’esclavage, tout à fait louable aura donc eu la conséquence perverse d’augmenter fortement la masse des pauvres de toutes couleurs et origines.

Les gros planteurs ont besoin de bras mais ils veulent un personnel docile et bon marché. Comme ils ne le trouvent plus sur place, ils le font venir. C’est la recrudescence de « l’engagisme », vieille pratique depuis 1728, qui fait appel à de travailleurs libres, Indiens surtout et Indo-musulmans mais aussi Chinois avant 1848 puis africains et malgaches, (30000 de 1848 à 1859), et, toujours, Indiens, (120000 de 1849 à 1882). En principe, les « engagés » bénéficient d’un contrat : travail légal de 9h1/2 6 jours sur 7, rémunération de 12,5 à 25 francs selon la spécialité, ration alimentaire, contrat de 5 ans. Ce serait parfait si les salaires étaient payés et les vivres données. Les traitements infligés, rappelant l’ancien régime, déplaisent aux engagés qui se rebellent souvent ou fuient en « marronnage ».

L’« engagisme » aura une conséquence inattendue : alors que les esclaves avaient du abandonner tout ce qui faisait leur culture traditionnelle et adopter une culture française, les engagés arrivent avec leurs habitudes alimentaires, leurs religions (073 temple Tamoule) et leurs façons de se vêtir. La société réunionnaise, figée depuis un siècle et demi, se rebiffe mais finit par accepter ce qui la choque le moins comme les coutumes alimentaires et elle apprend à tolérer le reste. D’autre part, les engagés s’imprègnent des coutumes locales, adoptent les vêtements coloniaux  et acceptent au moins un vernis de christianisation. Une autre conséquence sera la ruine des petits propriétaires qui ne pourront pas payer les engagés. Les autres se lanceront dans la production intensive de canne à sucre au détriment des autres cultures. Après une période d’euphorie d’une quinzaine d’années, cette monoculture provoquera une crise majeure de 75 ans et, comme toujours, ce sont les plus pauvres qui paieront la casse au profit des grands domaines. Les essais improvisés de diversification : vanille, tabac, girofle, cacao, (075), plantes à parfum ne seront que des expédients. Par contre, fruits, légumes et animaux de basse cour compte tenu de leur prix de vente élevé, seront des apports non négligeables.

Cela favorisera aussi l’apparition de petits métiers et de petites industries.

Autre conséquence de l’immigration non contrôlée, les épidémies de variole, choléra, typhus, paludisme qui vont se succéder jusqu’en 1919, le paludisme, (qui est une maladie importée), n’étant éradiqué qu’en 1949.

L’île progresse cependant, et les infrastructures routières et techniques se mettent en place en dépit des cyclones dévastateurs de 1850,1858, 1860 et 1863, d’autant plus funestes qu’il n’existe toujours pas d’abri pour les navires, (12 coulés et 30 endommagés pour le seul cyclone de 1860).

Cette crise relance l’idée d’une colonisation de Madagascar par les créoles qui manquent de terres à la Réunion. La France annexe l’île, qui restera rebelle, mais dont l’aura fait que la Réunion retrouve son statut de colonie secondaire. Ses créoles colonisateurs apporteront un savoir faire qui tuera la vanille réunionnaise et concurrencera une partie de son agriculture. Dans l’aventure, la Réunion aura donc tout perdu, d’autant que quelques années plus tard, ses colons seront expulsés et regagneront leur île ruinés, mais laissant leur savoir faire qui les concurrence encore de nos jours.

Pendant cette période difficile, de grands travaux voient le jour, en particulier la création de routes et d’un chemin de fer. Travaux titanesques étant donné la géographie de l’île avec cette question, toujours d’actualité : faut-il creuser la montagne ou passer en pied de falaise avec les risques ultérieurs de chutes de pierres et d’effondrement de terrain.

Autres grands travaux, la construction du port de la pointe des galets qui n’ira pas de soi.

Loin de la Réunion, la grande guerre 14-18 aura cependant un grand impact. Un élan patriotique inattendu de la part de ce peuple aux origines diverses et qui ne connait la France que par oui dire suscite un élan vers les casernes et un afflux de volontaires. Partis joyeux pour délivrer la France, ils souffriront de la guerre mais aussi de la bêtise et du racisme des sous officiers qui les relèguent ‘’avec les africains’’. Il faudra des protestations parfois au bord de la mutinerie pour que l’Armée se rende compte que ces hommes des vieilles colonies se sentent plus français que les métropolitains et qu’on peut en faire des soldats à part entière.

Un réunionnais célèbre : Roland Garros, pilote de chasse qui a mis au point le tir à travers l’hélice et sera abattu en 1918 la veille de ses 30 ans. Il y aura 1698 morts ou disparus et 2 à 3000 blessés. A cela s’ajouteront les décès liés à la grippe espagnole de 1919, arrivée avec un bateau qui rapatrie les permissionnaires. Les chiffres sont impossibles à préciser 6 à 15000 morts.

La guerre a perturbé l’île, même si le cours élevé du sucre a permis un enrichissement  global.

La culture du géranium, un pélargonium rosat, originaire d’Afrique du sud, s’est développée depuis la fin du XIXème siècle sur tous les hauts de la côte au vent de St Joseph à St Denis. L’essence, distillée aux champs dans des alambics artisanaux a une grande valeur. Dans la même idée, on extrait les essences de vétiver, d’ylang ylang, (076), ou encore de champac, de patchouli ou de lemon grass. Cela nécessite une abondante main d’œuvre. La Réunion ne pourra s’aligner sur les coûts salariaux des Comores ou de Madagascar et l’âge d’or des parfums ne durera pas.

Une ébauche d’industrialisation tente de se mettre en place à partir de produits locaux : traitement des pailles de chouchou, de canne, de vétiver, d’aloès pour faire des chapeaux, paniers de vacoa (080) ou de chèvrefeuille, fabrication de confitures ou de fruits confits… fabrication locale de cigarettes, chocolat, savon, bougies… modestes activités qui seront balayées en quelques années.

L’électricité fait son apparition au lendemain de la guerre. Les usines électriques sont souvent minuscules et n’alimentent que quelques dizaines de maisons, mais le progrès est là.

Autre progrès : la vapeur et le canal de Suez mettent la Réunion à moins d’un mois de la métropole, en attendant l’aviation. Le premier avion se posera à Gillot le 26 novembre 1929 au terme d’un voyage parti du Bourget le 17 octobre et passant par l’Afrique et Madagascar.

Le syndicalisme à la française va aussi débarquer, d’abord par les marins syndiqués des navires en escale et le développement des idées bolcheviques obligent la « plantocratie » à plier devant les revendications de « pattes nues ». Créée en 1936, la Fédération Réunionnaise du travail, affilée à la CGT sera bientôt forte de 4000 syndiqués qui animeront les grèves de janvier 1937.

Ce mouvement social sera mis en veilleuse par la nouvelle guerre. L’enthousiasme de 1914 se retrouve mais les autorités, sûres de la puissance de la France, le tamisent et envoient presque tous les 8500 réunionnais mobilisés à Madagascar où ils vont croupir. La drôle de guerre puis l’attaque allemande de mai 1940 prendra tout le monde de court et, sans avoir combattu, la plupart des soldats reviendront chez eux en 1940. Ceux qui restent à Madagascar, fidèles au régime de Vichy, feront le coup de feu contre les Anglais en mai 1942, lors de l’attaque de Diego-Suarez, un fait de guerre qui leur vaudra, après le conflit, d’être privés des avantages réservés aux anciens combattants !

Après la capitulation de Paris, les anciens combattants et de nombreux réunionnais veulent continuer la lutte. Le gouverneur Aubert hésite, n’acceptant pas qu’on lui dicte sa conduite. Une maladresse des Anglais, qui lui demandent de se rallier à eux en précisant que le salaire des fonctionnaires continuera de leur être payé, (« Je ne suis pas un mercenaire », déclare-t-il), le décide à continuer d’obéir aux ordres qui arrivent de France : la Réunion sera vichiste jusqu’au 30 novembre 1942 où elle est libérée par le Léopard, un bateau français.

Par décret du 19 mars 1946, la Réunion devient département français ainsi que la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane. La Réunion est alors en ruines. Elle n’a pas subi la guerre mais elle est victime de 80 ans de crises et du long désintérêt de la mère patrie. Le réseau routier est ridicule : 44 km de routes bitumées, le train est poussif, une maison sur 1000 a l’électricité, le port est inutilisable et l’habitat précaire ne résiste pas aux cyclones. La culture sucrière est bonne à replanter. L’état sanitaire est lui aussi déplorable : tuberculose, parasitoses et paludisme provoquent une mortalité effrayante, (145°/°° chez les enfants !). La ration alimentaire en protéines, (viande ou poisson), est à 20% de la moyenne nationale. Sur le plan scolaire, 670 maitres en primaire dont 90 sans diplômes, classes de 60 à 100 élèves. Les 2 lycées ne peuvent recevoir que 1000 élèves dont 15 à 20 seulement auront leur bac chaque année. Il y a 60% d’illettrés.

Avec la départementalisation, le gouverneur est remplacé par un préfet qui n’arrivera qu’en août 1947…, ce qui est significatif : il n’a fallu qu’une journée pour inscrire la départementalisation dans les textes, il faudra des années pour l’inscrire dans les faits !

Les premiers fonctionnaires sont peu nombreux… et on n’a pas où les loger. On est loin encore de l’invasion des ‘’zoreils’’ qui sera dénoncée par la suite.

Après 1950, ce sera le début du rattrapage avec la multiplication des établissements scolaires et l’arrivée de maitres

En 1951, téléphone direct avec la métropole par câble sous marin, couverture sociale des accidents et maladies du travail, création du journal de l’île de la Réunion.

1954, premier tour de l’île à vélo.

1955 première antenne du PS.

1957 première miss Réunion, Monique Hoareau, une blanche, descendante de grande famille. La miss Réunion 2007 deviendra en 2008 miss France. C’est une métisse, Valérie Bègue.

1959 : naissance du parti communiste réunionnais qui revendique l’autonomie. Dernier cas de paludisme autochtone.

Pendant cette période, on essaie de rattraper les retards accumulés dans tous les domaines : infrastructures, santé, enseignement, habitat et transports.

C’est aussi un mouvement politique avec Raymond Vergès dont les amis vont orienter l’ensemble des communes à gauche, ce qui ne plait ni au gouvernement, ni à la droite traditionnelle de l’île. La politique répressive de la France coloniale en Indochine, à Madagascar puis en Algérie n’améliore pas le climat. Un nouveau préfet très ‘’politique’’, Jean Perreau-Pradier, essaie de mater l’opposition et chaque élection est une tricherie où les urnes sont volées, où les morts votent ! La gauche triche aussi mais elle perd des points.

Les années soixante vont marquer un tournant politique, économique et démographique. La force de l’opposition, la crainte d’un raz de marée populaire vers un changement de statut oblige Paris à mieux appliquer les lois sociales de la départementalisation, (allocations familiales, salaires…), et à équiper le département qui se modernise alors plus qu’il ne l’a jamais fait.

En 1963, Michel Debré est élu député. A la fin de la décennie, la Réunion, même s’il reste des pauvres, est sortie de la misère. Une grosse inquiétude cependant, l’augmentation de la population est un souci de plus en plus aigu qui sera très difficile à gérer, car, si la mortalité a fort heureusement énormément régressé, la fécondité n’a pas diminué.

Les années soixante dix voient la continuité de cette évolution : on construit, on bitume, on équipe en téléphone, électricité, eau courante, stades, hôpitaux, antennes satellitaires… tout se passe comme si l’argent pouvait tout régler et personne ne s’inquiète du choc culturel lié au passage brutal d’un système colonial vétuste à des standards de vie et de consommation métropolitains.

La Réunion consommant de plus en plus, on va essayer de produire sur place. On va donc créer des industries agro-alimentaires, ou liées au bâtiment. Il faudra souvent continuer d’importer les matières premières mais cela aura le mérite de créer des emplois et de réduire la lourde ardoise du chômage.

C’est aussi à cette période où la situation politique s’éclaircit avec l’apparition d’un « centre » et la disparition des violences et de la fraude, même si en en 1978, de violents affrontements entre militants sont responsables de la mort d’un jeune homme.

Un journal libre apparaît : le Quotidien de la Réunion, dont le fondateur, d’origine chinoise, n’est pas un politique. Il se différencie donc du ‘’Journal de l’île de la Réunion’’, considéré comme la voix de Debré.

Avec les années 80 le cyclone Hyacinthe dévaste l’île, provoquant l’effondrement de la falaise sur la route littorale. 25 morts dont 3 sur cette route. (083 084)

La décentralisation est annoncée par François Mitterrand. Le PC abandonne ses revendications autonomistes.

En 1982, l’île obtient le statut de région.

Naissance de la première radio libre en 1981 : Freedom, suivie n 1983 de la première télé libre. C’est aussi à partir de 1981, le 20 décembre, que l’on célébrera chaque année l’abolition de l’esclavage et que ce jour deviendra férié. Il faudra attendre 2001 pour que cette période fasse l’objet d’un enseignement à l’école.

En 1986, la loi de défiscalisation relance le bâtiment, 75% des habitations seront en dur moderne en 1999.

Les élections de 1988 verront l’éviction de Michel Debré, lâché par les siens. Il y aura encore des incidents mais pas de mort.

Par contre l’emploi prend un très mauvais virage. Les emplois dans l’industrie stagnent : 25 à 28000, ceux du secteur agricole s’effondrent : 22000 en 74, 6000 en 92. Les fonctionnaires par contre représentent 80% des emplois en 97. Leurs salaires, qui étaient plus du double de ceux de métropole sont abaissés à 1,5, d’où les protestations, « ce n’est pas en abaissant le pouvoir d’achat de la plus grande partie des employés que l’on relancera l’économie ».

1994, piste longue à Gillot, permettant un vol sans escale entre Paris et Saint Denis.

1996, le SMIC est aligné sur celui de la métropole.

1999, Pierrefonds devient aéroport international.

L’habitat s’est lui aussi transformé et résiste mieux aux cyclones les cases ont été remplacées par des maisons en dur couvertes en tôles parce qu’elles résistent mieux au vent que les ardoises ou tuiles ou chaumes  (086 088 089).

L’effort d’équipement se poursuit avec entre autres le basculement des eaux. Plusieurs galeries sont creusées, traversant la montagne pour aller chercher l’eau où elle est abondante, (la côte au vent), et l’amener où elle manque, (la côte sous le vent). L’objectif est de permettre l’irrigation de 7000 ha pour développer la culture de la canne à sucre et des cultures de diversification. Ces eaux serviront aussi à l’urbanisation de la côte ouest au détriment des surfaces agricoles. C’est un des paradoxes de cette île où l’espace utilisable pour vivre et travailler ou cultiver ne représente que 1000 km2 pour une surface totale de 2500 km2. Bien entendu, il faudra continuer de développer le réseau routier, asphyxié par la multiplication des voitures dans une île où les embouteillages en heure de pointe sont dignes de la région parisienne.

En 2006, un nouvel effondrement de la falaise provoque un éboulis mortel sur la route de bord de mer.

La route des Tamarins, 32 km à 4 voies à basse altitude, assure la connexion de l’Ouest et du Sud.

En ce début de XXIème siècle, le bilan de la départementalisation permet les constatations suivantes :

Il y a eu une augmentation spectaculaire de la population, conséquence de l’effort sanitaire.

Le changement de mode de vie a provoqué aussi une diminution spectaculaire de la natalité. La croissance démographique continue de progresser mais moins rapidement. La population jeune est l’objet de toutes les attentions au point de vue sanitaire et éducatif. En 2010, 34% de la population a moins de 20 ans pour un ensemble de plus de 800000 habitats. En 50 ans, le nombre de bacheliers a été multiplié par 100 et il y a maintenant plus de 10000 étudiants au centre universitaire au Chaudron et à Saint Pierre.

Le nombre des agriculteurs a chuté considérablement. Les métiers en col blanc ont augmenté : employés et cadres, ainsi que les métiers du bâtiment ou des services de santé. Banques, commerces et administrations sont les premiers employeurs de la Réunion.

Malheureusement, le chômage reste catastrophique : 29% de la population dont 62% de jeunes en 2013, d’où les problèmes de drogue : le ‘’Zamal’’.

Actuellement, les créoles constituent la majeure partie de la population, 40%. Ils descendent des premiers colons français, mais aussi anglais, hollandais, espagnols, portugais, italiens ou polonais… ils se répartissent en « P’tits blancs des Hauts », couche populaire qui fut ruinée par l’abolition de l’esclavage et qui a développé à l’intérieur de l’île une agriculture de subsistance. Nombre d’entre eux mènent une vie assez pauvre.

Les « Gros Blancs » forment l’aristocratie locale avec le privilège des grands domaines fonciers. Autrefois au pouvoir, leur influence est maintenant relativisée.

Les « Métis » forment une catégorie très hétéroclite de races mélangées.

Les « Zoreils »  ou « Métros », sont les français de métropole qui se sont installés durablement. Cadres du public ou du privé, ils ont une influence croissante. Leur surnom vient du geste qu’ils faisaient pour se faire répéter un mot mal compris.

Les cafres, de l’arabe ‘’cafir’’, infidèle, descendent des esclaves arrivés au 17ème et 18ème siècle venant d’Afrique de l’est ou de Madagascar. La plupart travaille dans l’agriculture ou les usines.

Les descendants des Marrons, esclaves fugitifs réfugiés dans les hauts sont de même origine mais, métissés avec les « p’tits blancs », ils sont assimilés aux créoles.

Ils pratiquent un « christianisme à la créole » parfois teinté de relents animistes, de cultes païens, de sorcellerie ou de superstitions.

Les Indiens Malabars sont les descendants des « engagés », immigrants volontaires venus remplacer dans les plantations les esclaves affranchis après 1848. Représentant 25% de la population, ils ont transmis leurs rites tamouls de génération en génération et construit de magnifiques temples multicolores. (062 f)

D’autres Indiens de confession musulmane venus du Gujarat, région frontalière du Pakistan, sont arrivée entre 1870 et 1914, ce sont les « Z’arabes ». Spécialisés dans le commerce, leur poids économique et politique est considérable, bien qu’ils ne représentent que 5% de la population.

Les Chinois représentent eux aussi 5% de la population. Moins influents, ils se sont spécialisés dans le commerce de détail et tiennent de nombreuses « boutiks » faisant office simultanément de papeterie, bar, épicerie, quincaillerie…

Diverses ethnies minoritaires, Malgaches, Comoriens, Mahorais, (Mayotte)… constituent le reste de la population.

Le flux migratoire a subi des variations. Les réunionnais vivant en métropole ont tendance à revenir, des métropolitains viennent s’installer, les jeunes font leurs études sur place. En outre, la Réunion a l’attrait d’un Eldorado pour les gens de Mayotte et surtout des Comores.

La majorité de cette population habite les villes. Un effort de construction en dur avec toitures en tôles a été fait pour résister aux cyclones et les cases traditionnelles ne sont plus guère qu’un souvenir folklorique.

 

La faune.

Avant la colonisation, la Réunion possédait une faune riche et colorée : tourterelles, ramiers à ailes bleues, flamants blancs et noirs, perroquets multicolores, solitaire, (ibis endémique de l’île), dodo, (un grand oiseau coureur)… et la tortue de terre, si grosse que six hommes pouvaient s’asseoir sur sa carapace. Elle a complètement disparu, massacrée pour nourrir hommes et animaux, sa survie sans manger étant de deux mois à bord des bateaux.

On trouve encore de nombreuses tourterelles, (090),  des martins, (091) importés autrefois pour détruire les sauterelles, les merles de Maurice, la papangue, buse endémique, seul rapace de l’île. Il existe aussi de nombreux petits oiseaux comme le cardinal, (092) le « tec-tec » , (093), le bellier ou tisserin grégaire, (095 096), qui construit de curieux nids en boule. En ce qui concerne les oiseaux de mer, j’ai été surpris de ne pas en voir du tout sur la mer ou sur les plages ou falaises. Où étaient les noddi niais et les sternes fuligineuses mentionnées dans les guides ? En dix jours sur place j’ai seulement aperçu deux « paille-en-queue », reconnaissables à leur longue queue effilée, planant haut dans le ciel, (098).

Les reptiles de la Réunion, « margouillats », lézards verts, « endormi », (099 100), sont inoffensifs et il n’y a pas de serpents.

Parmi les insectes, moustiques et papillons abondent ainsi que les abeilles (101).

La faune marine s’observe dans les lagons où les concombres de mer (103) côtoient coraux (104), coquillages divers et poissons multicolores : poisson coffre,(105), zancle, (106 107), demoiselles, (108) porcelaines (109). Au large, dauphins et baleines qui viennent en migration (110). Le requin bleu ou blanc, lui, vient tout près des côtes mais ne s’aventure pas dans les lagons, arrêté par la barrière de corail.

 

La flore.

Emergeant de l’océan, l’île était dépourvue de toute vie végétale ou animale. Les oiseaux, les vents, les cyclones et les courants marins, peut-être aussi de navigateurs venus d’on ne sait où, ont convoyé diverses semences qui se sont acclimatées dans un équilibre harmonieux. Trois siècles de colonisation vont tout bouleverser en raison de défrichements intempestifs, de cultures intensives, d’introduction d’espèces exotiques, et d’urbanisation rapide.

Tout pousse à la Réunion, et c’est bien le problème. Les divers intervenants qui ont débarqué sur l’île ont voulu y introduire des espèces végétales nouvelles qui se sont tellement bien adaptées qu’elles ont supplanté les plantes d’origine dont il ne reste que peu de spécimens soit aujourd’hui 800 espèces de plantes indigènes et 230 espèces endémiques préservées dans des réserves naturelles.

Les créoles ont un vocabulaire spécial pour désigner les plantes en fonction de leur origine : ‘’Bois’’ correspond aux espèces indigènes ou endémiques, ces dernières étant le résultat de mutations, ‘’pied’’ correspond aux espèces exotiques importées. (‘’Exotique’’ signifie venu d’ailleurs, par opposition à ‘’indigène’’, ainsi, en métropole, les plantes venues de la Réunion sont des plantes exotiques, à la Réunion, ce sont les plantes venues de chez nous qui sont des plantes exotiques !

Donc, la flore d’origine a été malmenée. Nous avons vu que cela été la même chose pour les animaux. Les indigènes auraient sans doute subi le même sort s’il y en avait eu.

La côte sud-est, très arrosée, est recouverte d’une jungle d’allure tropicale. (112 113 114)

La forêt couvre les 2/5èmes de l’île alors qu’elle en occupait plus du double

Parmi les arbres côtiers, on trouve cocotiers (115)

Palmiers, (122), et palmistes, (133), (l’utilisation de la chair du cœur de palmiste, très recherchée pour la composition de la fameuse « salade du millionnaire », est la cause de la disparition de l’espèce dans les endroits où il abondait comme la Plaine des Palmistes. En effet, le palmier est incapable de se régénérer si on supprime son bourgeon terminal.

L’arbre à pain (141), l’avocatier, (142).

Parmi les arbres à fleurs :

Le flamboyant, (144 1).

Le tulipier du Gabon, (144 4).

Le veloutier, ancêtre du papier toilette, (162).

Une mention particulière pour les arbres autochtones dont il ne reste que quelques exemplaires,

L’arbre de fer, ‘’sideroxylon majus’’, (163) 25m et plus, plus lourd que l’eau, très difficile à travailler mais imputrescible et pratiquement ininflammable. Très recherché en construction et parfois contrefait par ‘’cossinia pinniata’’ ou bois de Judas, (164) encore appelé bois 2 qui lui ressemble mais n’a pas ses qualités et servait à trahir la confiance des acheteurs. Quand quelqu’un était suspecté de félonie, on accrochait à sa porte une branche de ce bois de Judas.

Le « bois rouge »  doit son nom à la couleur qu’il prend quand il est coupé. Très toxique, on l’appelle aussi bois de cercueil ou bois de belle-mère.

 

Les arbustes et plantes florifères fleurissent pratiquement toute l’année :

Les frangipaniers plusieurs variétés de tailles et couleurs différentes (167 170 174). Originaire d’une zone allant du Mexique à l’Amérique latine, son aptitude à bouturer par macro boutures en a fait un symbole d’immortalité d’où son emploi fréquent dans les cimetières.

Hibiscus (175), lanterne chinoise (176), Hibiscus tiliacus, mahot de mer (177).

Petit flamboyant, (183 184)

Lianes ou arbustes : les bougainvilliers (197 199 201). Nombreuses variétés lianescentes ou arbustives. Il y en a de multicolores.

Sabot de cendrillon, (211), thunbergia mysorensis, liane de Mysore.

Fleurs diverses :

Rose de porcelaine (214).

Héliconias (218).

Paradisiers (224).

Anthurium (226).

Les orchidées : (228 230)

Les fougères, Arbustives, (231) ou asplenium nid d’oiseau, (243)

 

Nos exotiques en liberté : une multitude de nos plantes en pot qui exigent le plus souvent chez nous une serre ou une véranda poussent là en pleine nature et sont stupéfiantes par le développement qu’elles atteignent.

Bégonia (245).

Philodendron (247).

Sansevéria (248).

Tillandsia, filles de l’air (249).

Cactées (250).

Poinsettia euphorbia pulcherrima (266 267)

 

Un mot des fruits et des fleurs.

Ananas victoria, letchis, fruits de la passion, bananes…

Fleurs cultivées… (268 270 272)

 

 

 

 

En conclusion : la Réunion, un certain art de vivre.

Bien que d’aspect moderne, on n’a pas l’impression que la Réunion soit vraiment au XXIème siècle. Les gens ont gardé une façon de vivre qui rappelle un peu les années cinquante chez nous.

Les routes sont bitumées certes mais, en dehors des axes principaux, les autres sont surprenantes avec leurs caniveaux profonds pour l’écoulement des eaux en cas de précipitations abondantes. Pas question de se garer sur la berne, on tomberait dans le trou. Le tracé des routes de campagne est à géométrie variable : plus ou moins larges sur des portions rapprochées avec des changements intempestifs inattendus et logiquement inexplicables. Souvent, on trouve au détour du chemin des « ti bon dié », (276), petits oratoires souvent dédiés à Saint Expedit, un saint exclusivement réunionnais qui exaucerait très rapidement les vœux des fidèles.

Ce qui est étonnant aussi c’est de ne pas voir les habitations quand on circule en campagne : elles existent mais sont cachées derrière les arbres ou les champs de canne à sucre.

Etonnante aussi l’abondance des étals de marchands de fruits ou de « poulet-poussière » aux carrefours proches d’une agglomération.

Etonnants également les marchés hebdomadaires de Saint Paul ou de Saint Gilles. Il y a une profusion d’étals variés digne de la foire de Lessay. On y trouve de tout et surtout, bien entendu, des fruits.

Les expressions ou les mots créoles dans les journaux, sur les affiches, les offres de marchandises ou de services surprennent et dépaysent. (277 à 286)

Ce qui est très agréable, c’est le contact avec une population mélangée, très accueillante, dépourvue de tout racisme et de toute intolérance religieuse,

Cette particularité de la Réunion qui ne se retrouve nulle part ailleurs est sans doute due au fait que l’esclavage y a été très particulier, qu’il s’agisse de son recrutement ou de sa pratique. Le métissage des débuts, les affranchissements intercurrents et les infortunes de colons blancs y sont sans doute pour beaucoup.  1848 voit un amalgame d’Africains, de Malgaches, d’Indiens, parfois métissés, accéder à la citoyenneté. D’autre part, la société des ‘’libres’’ est disparate : ‘’blancs’’, plus ou moins métissés, affranchis d’avant 48, métissés eux aussi, ‘’engagés’’ indiens, africains, chinois… L’appauvrissement des blancs, la montée des libres de couleur va constituer une société complexe qui ne va pas se scinder en deux blocs antagonistes d’autant qu’il ya trois origines raciales et des religions variées. Les métissages ultérieurs feront que les réunionnais d’aujourd’hui ont pour la plupart dans leurs veines du sang d’anciens esclaves et du sang d’anciens esclavagistes. C’est sans doute ce qui explique leur tolérance, leur respect mutuel et l’absence de racisme anti blanc ou anti créole. Tous les habitants viennent du dehors, contrairement aux colonies à indigènes.

Cette population est très relax et s’étonne si on est pressé : « Vous, vous avez les montres, nous on a le temps… »

 

Autre réunionnais célèbre : Raymond Barre.

 

Docteur François FOSSEY

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