Publié par : pascalbaptiste50 | 3 mars 2015

Communications des 7 janvier et 4 février 2015: De diverses façons de jouer avec les mots

Communications de Claude Coutanceau des 7 janvier et 4 février 2015

DE DIVERSES FACONS
DE JOUER AVEC LES MOTS
On peut s’étonner qu’un homme plutôt versé dans les mathématiques ait quelque affinité pour les lettres. Ce phénomène est pourtant moins rare qu’on ne le croit.
La découverte personnelle la plus extraordinaire que j’ai faite est qu’il n’y a pas, contrairement à une opinion fréquemment répandue, antinomie entre les chiffres et les lettres, mais plutôt complémentarité. Les uns comme les autres ont été et sont encore les outils du poète comme les instruments de l’homme de science. J’espère, à la fin de cet exposé, vous en avoir convaincu.
Mon propos s’articulera autour de ces quatre lignes qui pourraient constituer un mauvais quatrain :
1 – Le choix de ce sujet : une lointaine histoire.
2 – Sur l’étymologie, plusieurs illustrations.
3 – Autres jeux de l’esprit, ignorés ou notoires.
4 – Quelques alexandrins pour une conclusion.
1 – LE CHOIX DE CE SUJET : UNE LOINTAINE HISTOIRE.
J’ai toujours été passionné par les mots, depuis ma plus tendre enfance. Aussi loin que mes souvenirs me permettent de remonter en arrière, je me vois chez mes grands-parents, en Touraine, où j’allais régulièrement passer mes vacances scolaires. Devant moi, les deux volumes d’un Larousse du XX ème siècle. J’avais dix ans, peut-être moins encore. A cet âge, les enfants ont une soif d’apprendre, une avidité de connaitre, une curiosité d’esprit absolument extraordinaire. C’est alors que je découvris ce dictionnaire et, dès cet instant, je m’y plongeai à corps perdu. Le jour, quelquefois même jusqu’à une heure avancée de la nuit, je le feuilletais sans cesse, à la recherche de quelque chose de nouveau. Fasciné par Pic de la Mirandole dont j’avais lu qu’il avait, à son époque un savoir encyclopédique, j’essayais – ô illusion de la jeunesse – de tout apprendre : l’Histoire et la Physique, la Géographie et les Mathématiques, la Philosophie et la Médecine, la Littérature et la Peinture. Ce dictionnaire était pour moi une source de richesse inestimable et, y passant le plus clair de mon temps, je finissais par en être tellement imprégné que la légende raconte que j’étais capable alors, si vous me donniez un mot au hasard, de dire par lequel il était suivi et duquel il était précédé, sans en connaitre le sens le plus souvent.
Ce que j’ai voulu vous livrer aujourd’hui, c’est cette quête, cette magnifique découverte faite à l’âge de dix ans et constamment enrichie tout au long des années qui ont suivi.
C’est un peu un retour en arrière que je fais aujourd’hui devant vous.
2. – SUR L’ETYMOLOGIE, PLUSIEURS ILLUSTRATIONS.
L’une des choses les plus passionnantes qui soit est l’étymologie, c’est-à-dire l’étude de l’origine des mots. Des Gaulois, nos lointains ancêtres, notre langue a conservé peu de mots, une quarantaine à peine, qui se rapportent presque tous à la vie des champs (charrue, chêne, glaner, sillon, …) Par contre, les trois quarts des mots français viennent du latin. Ce n’est qu’au XVIII ème siècle, marquant le rapide développement des sciences, que des mots nouveaux furent créés à partir du grec. Par ailleurs, divers emprunts aux langues étrangères furent faits au cours des siècles, à l’occasion, le plus souvent, des guerres et des invasions.
Les mots sont comme les outils. Les hommes les fabriquent suivant leurs besoins, les échangent, les adaptent à leurs modes de vie. C’est pourquoi les mots voyagent à travers le monde. Mais ils voyagent dans le temps, certains à travers les siècles, restant à peu près intacts dans leur forme, d’autres, au contraire, changeant d’aspect, au point d’être parfois difficilement reconnaissables. Enfin, les mots peuvent également modifier leur sens qui, la plupart du temps, s’affaiblit. Certains d’entre eux, qui avaient au début une valeur très forte, sont devenus d’un usage banal.
Voyages à travers le temps et dans l’espace, origines parfois totalement oubliées, vie, mort et quelquefois renaissance, l’histoire des mots est un roman aussi captivant que ceux d’Alexandre Dumas.
C’est par quelques exemples, curieux et pas toujours connus, que je commencerai cette communication.
ABRICOT.
L’abricot apparut en France au milieu du XVI ème siècle. C’était un fruit méditerranéen bien connu des Romains pour sa précocité. D’où son nom latin de fruit précoce (praecoquum). Les grecs furent les premiers à emprunter ce mot qui passa ensuite chez les Arabes. Pour ces derniers, ce fruit était dénommé al barquq. Au cours de leur conquête, les Arabes l’apportèrent en Espagne qui en fit albercoc. Enfin, il arriva en France pour devenir abricot. Ainsi, le mot avait contourné la Méditerranée avant de revenir en France. ABRICOT, comme on le voit, est un singulier exemple de la propagation et de l’altération des mots. C’est par l’intermédiaire de l’arabe qu’un mot latin est revenu dans les langues romanes.
AUBAINE.
Chacun connait l’expression « c’est une aubaine » pour désigner un profit inattendu. Cette expression familière provient du droit d’aubaine, droit en vertu duquel le souverain recueillait la succession de l’étranger qui mourait dans ses Etats. Cet étranger, non naturalisé, était appelé dès le XII èmè siècle « aubain », mot qui semble dérivé du francique « aliban » (appartenant à un autre ban). C’est chez La Fontaine que le mot « aubaine » apparaît pour la première fois avec ce sens figuré.
« J’attrapais, s’il m’en souvient bien,
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien,
Mais ici point d’aubaine ou, si j’en ai quelqu’une,
C’est de coups. « L’âne et ses maîtres
BARAGOUIN.
Ce fut, à l’origine, une injure xénophobe. En 1532, Rabelais l’emploie au sens moderne. Au XVI ème siècle, ce mot avait le sens de « celui qui parle une langue étrangère ou un langage incompréhensible ».
Ce terme semble emprunté au breton bara, pain et gwin, vin, mots avec lesquels les pèlerins bretons demandaient l’hospitalité dans les auberges. La simple juxtaposition de ces deux mots pouvait suffire por former un sobriquet dont l’équivalent PAINVIN existe du reste comme nom de famille en Loire-Atlantique.
BUDGET.
Ce terme est encore un bel exemple du voyage de certains mots. Il y avait dans l’ancien français le mot féminin bouge qui signifiait « bourse » et, au XV ème siècle, bougette désignait un petit sac de cuir qu’on portait en voyage. Ce mot, les Anglais l’empruntèrent , mais, chez eux, budget prit le sens spécial de bourse du roi, trésor royal. Ce mot, emprunté à l’anglais par la France dans les premières années du XIX ème siècle, figure pour la première fois comme signifiant l’ensemble des recettes et des dépenses de l’Etat dans le Rapport au roi sur la situation des finances au I er avril 1814 et sur les budgets des années 1814 et 1815. Il a pris, depuis, un sens plus étendu et désigne les dépenses et revenus d’une entreprise ou d’un particulier.
CAMARADE.
Initialement, au XVI ème siècle, ce terme est d’origine militaire et signifie proprement « chambrée » (comparez l’espagnol camara qui a donné camarada et l’italien camera qui a donné camerada). Puis, par extension, celui qui demeure dans la même chambrée.
Ensuite, celui, celle qui a même vie, mêmes habitudes, mêmes occupations que plusieurs autres personnes. Camarades d’école, de collège. Des camarades d’enfance.
COMPAGNON.
Faut-il rappeler que ce mot très ancien – il apparaît, dès 1080, dans la Chanson de Roland – désigne littéralement celui avec qui l’on mange son pain. Mais il est amusant de constater que la même étymologie a donné le terme copain qui, à l’origine, désignait familièrement le camarade préféré, celui, selon Littré, avec lequel on partage toutes les petites douceurs.
Ce sens symbolique de partage du pain a conservé toute sa force originelle dans le compagnonnage.
De nos jours, ce mot a pris le sens de concubin (latin concubo, coucher avec). Le concubinage est la situation juridique de fait d’un couple de personnes adultes qui vivent ensemble de façon durable et notoire sans avoir célébré leur union de manière officielle.
Camarade exprime celui qui a, avec d’autres, même genre d’occupations ou d’habitudes. Compagnon n’a pas cette particularité de sens ; il n’implique pas qu’on soit de même occupation ; il implique qu’on accompagne.
Vivre d’un même genre de vie pour camarades, s’accompagner pour compagnons, voilà la nuance de sens essentielle entre ces deux mots.
DORYPHORE.
Pendant les vacances scolaires, je vivais souvent à la campagne. La première fois que j’entendis mon grand-père prononcer le mot de « doryphore », je me ruai sur « mon » dictionnaire.
Ce mot vient du grec et signifie « qui porte une lance ».
Ce fut d’abord, dans l’Antiquité, le nom que les Grecs donnaient aux soldats de la garde impériale, qui étaient armés d’une demi-pique. Une statue de Polyclète porte ce nom. Polyclète avait composé un traité sur les proportions du corps humain. La statue qu’il modela pour expliquer son écrit représentait un garde du roi de Perse, armé d’une lance : un doryphore.
C’est aussi un genre de coléoptères renfermant de grands et beaux insectes originaires d’Amérique, dont la poitrine est armée d’une longue pointe dirigée en avant. Ce destructeur, de petite taille, s’attaque non seulement aux pommes de terre, mais il dévore également les feuilles de tomates, d’aubergines, etc…
Enfin, plus proches de nous, les doryphores désignaient, de façon populaire et péjorative, les militaires allemands des zones occupées pendant la guerre de 1939-1945 en raison de leur grand nombre. On les appelait aussi les « vert-de-gris ».
ECHECS.
Je parle ici du jeu. Ce mot vient, par l’intermédiaire de l’arabe, du mot persan schah qui désigne le roi. Et la locution échec et mat, coup qui met fin à la partie, est la francisation de la locution schah mat qui signifie le roi est mort. Mat, qu’on retrouve dans le mot espagnol matar, tuer et qui apparaît dans matador ou matamore, faux brave, tueur de Maures, de la comédie espagnole.
EDREDON.
C’est un couvre-pieds garni de duvet. Mais ce mot, issu de l’islandais eiderdun désignait à l’origine les petites plumes, appelées aussi duvet, fournies par l’eider, palmipède voisin des canards, nichant sur les côtes scandinaves et vivant principalement en Islande. C’est par synecdoque que le sens évolua.
Synecdoque : figure de style procédant par extension ou restriction de sens d’un terme. On prend l’espèce pour le genre, la matière pour l’objet, la partie pour le tout, le particulier pour le général et inversement.
FUR.
Ce mot très ancien – il remonte au XII ème siècle – n’est plus usité que dans les locutions au fur et à mesure, à fur et à mesure, à fur et mesure, c’est-à-dire dans le sens à mesure que ou de.
Il vient du latin forum, marché, d’où, dans les langues romanes, par extension de sens, les opérations faites au marché, puis, en latin populaire, le sens de convention, de taux, de prix, de mesure.
Certains grammairiens, dans les locutions citées plus haut, ont voulu supprimer « fur », disant que « mesure » suffirait. C’est à la vérité un pléonasme, mais il est conservé par l’usage et il garde ce vieux mot « fur », effacé partout ailleurs. On remarquera que ce pléonasme est assez récent : dans le XVI ème siècle, on ne dit que au fur sans y joindre mesure. « Mesure » aura été joint quand, le sens s’étant obscurci, on l’a complété par l’addition d’un mot usuel et compris.
FARFELU.
Vient peut-être du croisement de l’ancien français fanfelue, faffelue « bagatelle, futilité » avec le radical expressif faff- que l’on trouve dans des mots désignant des choses vaines ou trompeuses (voir fafiot). Fanfelue vient du bas latin fanfaluca, altération du grec pompholux, bulle d’air (voir fanfreluche).
Chez Rabelais, le mot, écrit fafelu, veut dire « dodu » mais il disparaît rapidement. Il sera repris en 1921 par Malraux dans Les Lunes de papier, où le romancier imagine un univers de choses vaines, gonflées d’air, au sens de « fantaisiste, bizarre » et se répandra à partir des années 1950.
GLABELLE.
De nombreux mots meurent, régulièrement mais lentement, faute d’usage. Certains désignent des objets ou des choses fort courantes, que l’on rencontre dans notre vie de tous les jours, que l’on prend l’habitude de remplacer par une métaphore ou un terme très approximatif.
Qui se souvient encore de glabelle ? Ce mot a la même racine que glabre ( latin glaber, sans poils, chauve) et désigne l’espace compris entre les sourcils. La taroupe au contraire est la touffe de poils qui, chez certains, croît dans la zone située entre les sourcils.
Nous avons tous utilisé une nille sans le savoir. Il s’agit d’une bobine mobile autour de la poignée d’une manivelle, pour que le frottement se fasse dans la bobine et non dans la main.
Qui n’a jamais vu un angrois, petit coin de fer qu’on enfonce dans l’oeil du marteau pour en assujettir le manche ?
Et si, ayant pris avec l’âge quelque embonpoint, vous devez vous résigner à faire élargir votre bague, savez-vous que le bijoutier utilisera pour ce faire un triboulet ?
HOURRA.
C’est, à l’origine, un cri de guerre. C’était le cri des troupes russes, et notamment des cosaques, marchant à l’ennemi. Le mot vient du slave y paü qui signifie « au paradis », d’après l’idée que tout homme qui meurt en combattant vaillamment va tout droit au paradis.
Puis il devint un cri de joie que poussent les marins anglais en l’honneur de leurs commandants ou de quelque grand personnage qui visite le navire.
Ce mot, attesté en français depuis 1573 sous la forme houzza, est aussi un terme de marine. C’est une altération de l’anglais « huzza » (to heese, hisser) qui désigne le cri d’encouragement ou d’effort des marins hissant les voiles.
ICHTHYS ou ICHTYS.
C’est le nom grec, scientifique, du poisson.
C’est aussi la transcription en caractères romains du monogramme grec du Christ, qui est composé des premières lettres des mots :
*I(I) : IHΣOYΣ (IÊSOUS) « Jésus »
*X(KH,CH) : XPIΣTOΣ (KHRISTOS) “Christ”
*Θ(TH) : ΘEOY (THEOU) “de Dieu”
*Y(U) : YIOΣ (HUIOS) « fils »
* Σ(S) : ΣΩTHP (SÔTÊR) « Sauveur »
Littéralement Jésus Christ, fils de Dieu, Sauveur.
Ces lettres réunies forment le mot grec ichtus, qui signifie « poisson ». De là vient que les chrétiens, par une espèce de jeu de mots, se désignaient très souvent sous l’emblème et le nom du poisson, qui était pour eux, sous les persécutions, un signe de reconnaissance.
C’est pourquoi l’Eglise a, pendant longtemps, demandé à ses fidèles de jeûner le vendredi en mangeant du poisson. Le vendredi étant le jour où Jésus a été crucifié, manger du poisson ce jour-là est une façon de se remémorer son sacrifice pour l’humanité.

JANVIER, JUIN, JUILLET.
D’où viennent les noms de nos mois ?
Le premier calendrier romain, qui comportait 304 jours et 10 mois, est attribué à Romulus. C’était un calendrier lunaire (le mot latin mensis, comme l’anglais month et l’allemand monate, dérive d’un radical sanscrit qui signifiait « lune »). Certains mois étaient désignés par des adjectifs numéraux, terminés en –ilis (aprilis, quintilis,sextilis) ou en –ber : septem ab imbre = september, october, november, december. D’autres étaient dédiés à des divinités : le 1er, Martius, à Mars, dieu de la guerre, le 3ème, Maius, à Maïa, divinité préromaine, le 4ème, Junius, à Junon, épouse de Jupiter.
Afin d’approcher la durée de l’année solaire, on ajouta, après le dernier mois, le nombre de jours nécessaires. Ces jours n’eurent d’abord pas de nom. Puis, on en fit deux mois placés après décembre à la fin de l’année. L’un d’eux fut placé avant martius et appelé januarius (consacré à Janus). L’autre, februarius, resta d’abord après décembre.
Mais les Romains étaient superstitieux et croyaient que les nombres impairs portaient bonheur. Or les mois avaient un nombre de jours impair : 31 pour Martius, Maius, Quintilis, October et 29 jours pour les autres, sauf 27 pour Februarius. Mais le total faisait 354 jours.
Aussi, pour donner à l’année un nombre de jours impair, soit 355 jours, on ajouta un jour au dernier mois qui, de 27 jours, passa à 28. Ce nombre pair en faisant un mois néfaste, il fut consacré à des cérémonies expiatoires, d’où son nom de februarius ( de februare, verbe archaïque d’origine sabine signifiant purifier). Vers l’an 400 de
Rome, februarius fut déplacé entre januarius et martius et devint le deuxième mois de l’année.
Pour mieux approcher encore la durée de l’année solaire, on ajouta dans l’année, deux fois tous les quatre ans, un mois intercalaire, de 22 ou 23 jours, dont l’insertion était confiée au collège des pontifes. On l’appelait Mercedonius. Mais ceux-ci, en omettant ou en plaçant arbitrairement ce mois, pour des raisons politiques, créèrent un tel état de confusion dans le calendrier qu’une réforme en était devenue nécessaire.
C’est Jules César qui, sur les conseils de l’astronome Sosigène, la réalisa en 45 av. J.-C. : l’année aurait 365 jours et on redoublerait un jour tous les quatre ans. Le jour choisi fut le 24 février (le 6 des calendes de mars) et le jour ajouté devint le bis sexto ante calendes Martii. Les années qui comportaient un tel redoublement furent appelées années bissextiles. Accessoirement, le début de l’année, qui était fixé jusqu’alors au 1er mars, fut ramené au 1er janvier.
Plus tard, après que César fut assassiné, pour perpétuer son souvenir, Marc Antoine, alors consul, ordonne de renommer Quintilis en Julius. Après la réforme augustine, le sénat décida en -8 d’honorer Auguste en renommant sextilis en augustus. Ce mois fut choisi car Auguste était le successeur de César et que de nombreux évènements liés à son accession au pouvoir s’étaient produits ce mois-là. Toutefois, sextilis ne comportant que 30 jours, Auguste n’aurait su être honoré par un mois plus court que celui dédié à César (julius comportant 31 jours). On modifia donc la durée de sextilis pour le porter à 31 jours et la durée des mois suivants fut modifiée pour respecter l’alternance des mois. Enfin, pour conserver la durée de l’année à 365 jours, un jour fut enlevé à februarius.

KRAC.
La lettre K, qui ne m’a pas spécialement inspiré, me permet de citer deux particularités de la langue russe.
En russe, la racine kras a donné des mots de sens très différents :
– KRASNYI qui signifie « rouge »
– KRASIVYI qui signifie « beau »
– PREKRASNYI qui signifie « superbe »
On comprend mieux alors pourquoi la notion de beauté était, en Union Soviétique et est encore en Russie, liée à la couleur rouge.
Autre particularité : la notion de pluriel commence avec le chiffre 5.
KAMIKAZE.
Ce mot vient du japonais KAMIKAZE ( kami, « esprit, dieu » et kaze, « vent ») signifiant « vent divin ». Ce terme, synonyme d’intervention divine, fait référence aux vents qui sauvèrent le Japon d’une flotte d’invasion mongole en 1274 et 1281.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Le mot désignait un pilote d’avion japonais, qui tentait d’écraser son appareil chargé d’explosifs sur des cibles ennemies, périssant dans l’écrasement.
Par extension, c’est une personne qui sacrifie sa vie volontairement dans un attentat-suicide. Plus largement encore, un acte par lequel quelqu’un sacrifie sa carrière ou son avenir.

LESINE, LESINER.
On utilise encore de nos jours le mot lésine pour désigner une grande avarice, une épargne sordide jusque dans les moindres choses. Et, plus souvent, le verbe lésiner.
L’origine en est curieuse, car lesina veut dire en italien « alène de cordonnier ».
Une satire de Francesco Vialardi, parue à Vicenza en 1589, eut un énorme succès. Elle s’intitulait « La Fameuse Compagnie de la Lésine » et un passage nous apprend que la « lesina » était une compagnie d’avares qui raccommodaient eux-mêmes leurs souliers et leurs savates et, comme il faut pour cela une alène, ils en prirent le nom.
Traduite en France au début du XVII ème siècle, cette comédie inspira Molière et on en retrouve de nombreuses traces dans l’Avare.
C’est de la sorte qu’un mot signifiant proprement « alène » en est venu à signifier « épargne sordide ».
DIVERS MOTS COMMENCANT PAR M.
Comme les hommes, les mots naissent, vivent et meurent. Parfois, ils survivent dans une expression dont l’origine est oubliée.
Qui se souvient que la maille était une petite monnaie de cuivre qui valait la moitié d’un denier et était de la sorte synonyme d’obole ? On retrouve ce mot dans des expressions comme n’avoir ni sou ni maille pour être très pauvre, ou avoir maille à partir avec quelqu’un pour avoir un différend, comme si l’on avait une maille à partager.
L’adverbe mais vient du latin magis, plus, davantage, mais ne se conserve plus aujourd’hui que dans la locution n’en pouvoir mais et dans le patois normand « i n’me reste mais guère d’argent ! » ou « il n’a mais que dire ».
D’autres s’atténuent ou changent de sens.
Malin, pendant longtemps, voulait dire méchant, porté à nuire, alors que, de nos jours, il signifie plutôt malicieux et même astucieux.
Manie avait, au Moyen Âge, le sens de folie, qu’il a conservé au sens médical, puisqu’il s’agit, dit le Larousse, d’un état de surexcitation du psychisme, caractérisé par l’exaltation de l’humeur et un déchaînement des pulsions intellectuelles et affectives (voir trouble bipolaire).
Médiocre, du latin mediocris, modéré, lui-même dérivé de medius, qui est au milieu, a pris dès le XVI ème siècle et conservé de nos
jours, le sens de « de peu d’esprit, de talent ou de capacité » en parlant des personnes, « de peu de valeur » en parlant des choses.
L’altération de sens de malotru est également intéressante. De nos jours, ce terme signifie grossier, mal élevé. Initialement, il voulait dire chétif, incommodé en sa personne, altération de malastru, lui-même dérivé du latin populaire male astrucus, littéralement « né sous un mauvais astre ».
Il ne viendrait plus à l’idée de personne, de nos jours, de parler du murmure de la mer ou du tonnerre. Pourtant, le murmur latin (onomatopée qui se trouve dans toutes les langues aryennes) pouvait, par la répétition des [u] associée au roulement des [r], évoquer un grondement puissant comme celui d’un torrent.
Les mots perdent aussi de leur force parce que nous le voulons bien. Nous vivons au siècle de l’euphémisme. Cette figure de style consiste à employer une expression adoucie pour évoquer une idée désagréable, triste ou brutale.
Il n’y a plus de sourds mais des malentendants, les aveugles sont des malvoyants ou carrément des non-voyants, les handicapés des personnes à mobilité réduite. On ne dit plus, simplement, oui ou non, mais on marque son accord ou son désaccord. Les pauvres sont des ménages à faibles ou modestes revenus.
NYLON.
C’est une marque déposée. Ce textile artificiel fut créé vers les années 1930 dans les laboratoires Dupont de Nemours aux U.S.A. et c’est le docteur Carothers, de cette même firme, qui réussit en 1938 à mettre sur pied une solution à la fabrication industrielle de ce produit maintenant universellement connu et apprécié.
J’ai trouvé plusieurs origines à ce nom et je vous livrerai à la fin celle que j’avais découverte dans un dictionnaire Quillet il y a fort longtemps, originale mais aujourd’hui fortement contestée.
Certains pensent que le mot nylon a pris la fin du terme chimique vinyle et la terminaison on qui est celle du coton.
D’autres ont écrit qu’une très sérieuse commission de désignation des produits nouveaux s’était réunie chez Dupont de Nemours et que, partant de no-run, qui ne file pas, elle avait créé, par approximations successives (no run, nuron, nulon) le mot nylon pour rimer avec cotton.
Certains ont affirmé que le mot viendrait des abréviations de New York et London formant respectivement « ny » et « lon ».
On a dit aussi qu’il s’agirait de l’acronyme formé par les initiales des prénoms des épouses des cinq chimistes de Dupont de Nemours qui collaborèrent à la découverte du textile, à savoir Nancy, Yvonne, Louella, Olivia et Nina.
L’hypothèse que le mot viendrait de l’abréviation de Now You Lose, Old Nippon (Maintenant vous perdez, vieux Japonais !) semble contestée. Cette phrase aurait été créée a posteriori, lors de la Seconde Guerre Mondiale, en référence au fait que les soldats américains utilisaient la fibre pour la toile de leur parachute.

OSTRACISME.
Le mot grec ostrakon a donné en français deux mots aussi différents que « huître » et « ostracisme ».
Ostrakon était d’abord l’huître ou la coquille d’huître. Il s’est transformé en latin ostreum ou ostrea, d’où le mot « huître », qu’on retrouve sous sa forme latine dans l’ostréiculture bien connue dans notre région de Saint-Vaast-la Hougue.
Mais ostrakon désignait aussi les coquilles ou, par extension, les tessons de poterie ou de terre cuite sur lesquels les Athéniens écrivaient leur suffrage.
Ainsi naquit l’ostracisme, jugement par lequel, à Athènes, on bannissait pour dix ans un citoyen que sa puissance ou son ambition rendait suspect, et qui avaient encouru la défaveur publique. La tradition attribue cette institution à Clisthène (508 av. J.-C.), qui aurait voulu garantir par ce procédé la démocratie athénienne contre le trop grand ascendant de certains politiques et, peut-être, contre leurs divisions.
Chaque année, l’Assemblée du peuple décidait s’il y avait lieu d’y recourir puis, deux mois plus tard, était appelée à désigner le condamné, chacun inscrivant le nom de son choix sur un ostrakon. En 471 av. J.-C., Thémistocle fut banni par l’ostracisme.
L’ostracisme était à Athènes ce qu’était le pétalisme à Syracuse.

PAPA, PAPELARD, SOUPAPE.
Le verbe latin pappare,qui signifiait manger comme les enfants, a donné des mots aussi différents que papa, papelard et soupape. Pappa était la bouillie mais aussi le mamelon des nourrices, pappus l’aïeul. Ces mots enfantins étaient des onomatopées, formées par redoublement de la labiale.
Que cette racine gréco-latine ait formé papa s’explique aisément. Par contre, ce verbe pappare avait donné en vieux français, vers 1200, le verbe paper qui signifiait manger et qu’on retrouve dans papelard. C’est d’abord, au XIII ème siècle, le faux dévot, puis, au XVIII ème, le flatteur et même l’hypocrite. Une des étymologies admises de nos jours est pape lard, car le faux dévot mange du lard en cachette. On retrouve , dans un texte du XIII ème siècle : « Tel fait devant le papelard, qui par derrière pape lard. »
Mais pappare avait donné aussi, en vieux français, pape qui désignait la mâchoire ou, plus exactement la partie charnue sous le menton. Il avait donné aussi le verbe papeler avec le sens de marmonner des prières et le verbe papoter au sens d’ouvrir et rapprocher les lèvres à plusieurs reprises, sans doute également d’origine onomatopéique.
Sous-pape, on le voit, c’est le coup sous le menton ! Puis, soupape a servi figurément à désigner ce qui s’ouvre et se ferme. On aperçoit aisément comment l’idée est venue de prendre le coup sous le menton, qui fait fermer la bouche, pour désigner le coup que reçoit la valvule, et la valvule elle-même.

QUOLIBET.
Ce mot (du latin quod libet, n’importe quoi), apparaît pour la première fois vers 1300 dans les Mémoires de Joinville. A cette époque, la dispute jouait un grand rôle dans l’enseignement scolastique des universités médiévales. La dispute était la discussion entre deux ou plusieurs personnes sur un point de théologie, de philosophie ou de science. On distinguait les disputationes ordinariae, qui se faisaient tous les quinze jours et qui étaient en étroit rapport avec la leçon, et les disputationes de quolibet, qui avaient lieu deux fois par an, avant Noël et pendant le Carême. On pouvait y mettre en avant n’importe quel problème. Il ne s’agissait que d’exercer l’esprit des étudiants.
Plus tard, au 18ième siècle, c’était devenu une façon de parler basse et triviale, qui renfermait une mauvaise plaisanterie. Un auteur écrivait : « Pendant longtemps, les quolibets, pointes et jeux de mots étaient passés de mode. Le mauvais goût les a ramenés. On les appelle aujourd’hui des calembours. »
De nos jours, le quolibet est une plaisanterie vulgaire, un mauvais jeu de mots à l’adresse de quelqu’un, alors que le quodlibet est une pièce musicale mêlant des textes et des musiques disparates d’une manière plaisante.

REBLOCHON.
L’histoire de la fraude commence avec celle des taxes sur la nourriture. On lui doit, par exemple, la naissance du reblochon fait avec du lait dissimulé au contrôle. La pratique de sa fabrication daterait du XIII ème siècle : les fermiers faisaient une première traite pour le propriétaire (en général, les abbayes), et une seconde traite une fois la nuit tombée pour leur propre compte. Ce lait de deuxième traite, peu abondant mais riche en crème, est de meilleure qualité.
Reblocher veut dire « traire de nouveau », sous-entendu après le contrôle. Ce sport savoyard s’appelait la rebloche.
REJOUISSANCES.
Ce mot, qui n’est plus usité dans ce sens de nos jours, était un terme de boucherie et désignait certaine portion de basse viande que l’acheteur était forcé de prendre ou, plus souvent, os que les bouchers mettaient dans la viande pesée à leurs pratiques. L’origine en est curieuse et amusante : sous le règne de Henri IV, sur la proposition du prévôt des marchands Miron, une ordonnance parut qui, vu le prix extraordinaire de la viande, décidait qu’elle serait vendue au peuple débarrassée des os ; les os devraient être répartis sur la vente des qualités supérieures. Le peuple accepta cette mesure avec grande joie ; le soir, Paris fut illuminé, et de là le mot réjouissance appliqué à ce qui ne réjouit plus personne aujourd’hui.

SANGLIER.
Ce mot est un doublet de l’adjectif singulier. En effet, le nom de l’animal vient de singularis (porcus), à cause que le mâle adulte vit seul. On retrouve la même idée dans le mot solitaire qui désigne, en terme de vènerie, un vieux sanglier mâle sorti de compagnie.
L’existence des doublets est instructive. Ils révèlent que le latin a d’abord été introduit en Gaule par les conquérants et les occupants romains : soldats, colons, marchands, tous appartenaient au petit peuple qui ne connaissait pas le latin des lettrés mais parlaient une langue de tous les jours qui souvent déforme et simplifie les mots. A la fin du Moyen-Âge, les érudits voulurent purifier la langue et remplacer les mots venus du latin populaire. Mais ces formes nouvelles n’éliminèrent pas les premières et créèrent des mots de sens différent, la forme savante étant généralement la plus longue.
Ainsi, le mot latin hospes a donné hôtel et hôpital, liberare a donné livrer et libérer, auscultare a donné écouter et ausculter, fragilis a donné frêle et fragile, etc…

TOLLE.
C’est un cri d’indignation, une réclamation pleine de colère. C’est l’impératif du verbe latin tollere : ôte, enlève. Ce mot vient de tolle hunc, cri que, selon la Vulgate, se mirent à crier les Juifs pour demander à Ponce Pilate de faire mourir Jésus.
TRUCHEMENT.
Il existait encore au XVIII ème siècle des drogmans, interprètes officiels à Constantinople et dans les Echelles du Levant. Ce mot, qui n’est plus guère usité, vient de l’arabe turdjeman qui a donné en français le mot « truchement » encore employé de nos jours.
Le truchement était à l’origine celui qui explique à des personnes qui parlent des langues différentes ce qu’elles se disent l’une à l’autre.
Ainsi, dans Le Bourgeois Gentilhomme : « Où est le truchement pour lui dire qui vous êtes, et lui faire entendre ce que vous dîtes ? Vous verrez qu’il vous répondra et il parle turc à merveille ! «
C’est aujourd’hui l’intermédiaire par l’entremise duquel on agit. Il faut éviter de dire par le truchement d’un interprète.

UT.
C’est la première note de la gamme, formée en Italie, ainsi que les cinq suivantes (ré, mi, fa, sol, la), par le moine Guido d’Arezzo au XI ème siècle, d’une des syllabes de la première strophe de l’hymne latin à Saint Jean-Baptiste :
UT queant laxis
REsonare fibris
Mira gestorum
FAmuli tuorum
SOLve polluti
LAbii reatum
Le SI (Sancti Johannes) fut ajouté à la fin du XVI èmè siècle et employé pour la première fois par un Flamand nommé Anselme, contemporain du compositeur-chanteur anversois Hubert Walreant, et qui dispute à celui-ci l’honneur d’avoir simplifié la solmisation.
Enfin, c’est l’italien Bononcini, en 1673, et, après lui, presque tous les maîtres de chant, qui remplaça la syllabe ut qu’il trouvait sourde et peu favorable au chant, par la syllabe DO.

VESPASIENNE.
Ce mot apparaît pour la première fois en 1834, année où le préfet de la Seine Rambuteau fit installer les premiers urinoirs publics. Ces urinoirs, en forme de colonnes creuses, furent rapidement appelés « colonnes Rambuteau ». Ne souhaitant pas que son nom reste attaché à ces édicules, le préfet réussit, par une campagne de presse bien orchestrée, à faire en sorte que ces urinoirs soient appelés par les Parisiens colonnes vespasiennes puis vespasiennes tout court.
Il s’agissait d’une allusion à Vespasien, empereur romain à qui l’on avait attribué l’établissement d’urinoirs publics à Rome, alors qu’en réalité il semble avoir institué un impôt sur la collecte d’urine utilisée par les foulons comme source d’ammoniac.
On raconte que Vespasien, recevant le produit de cet impôt et entendant son fils Titus lui reprocher de tirer l’argent d’une source aussi impure, aurait pris une des pièces et l’aurait reniflée en disant « non olet » ce qui signifie « elle ne sent rien », d’où le proverbe pecunia non olet, c’est-à-dire « l’argent n’a pas d’odeur ».
Plusieurs écrivains, dont Roger Peyrefitte et Jean Genet, ont mentionné le rôle des vespasiennes dans l’univers homosexuel.
A Paris, en 1980, les vespasiennes ont laissé la place aux sanisettes, adaptées également à un usage féminin.
VIOLON.
C’est vers 1500 que ce mot apparaît déjà avec le sens de prison. De nombreuses versions ont été données pour l’expliquer.
La prison du Palais de Justice de Paris servait spécialement à enfermer, pendant quelques heures, les pages et les valets qui troublaient trop souvent, par leurs cris et leurs jeux, les audiences du parlement. Dans cette prison, un violon leur était fourni et leur permettait de se distraire.
De cet usage, qui remonte au temps de Louis XI, on a appelé violon un local contigu à un corps de garde ou un poste de police dans lequel on enfermait provisoirement des gens arrêtés le soir en flagrant délit pour qu’ils y passent la nuit, en attendant que la justice prononce le lendemain matin si leur emprisonnement devait être ou non maintenu.
Au Moyen-Âge, le psaltérion était un instrument de musique à quatre cordes dont on jouait avec un archet et on disait déjà mettre au psaltérion pour mettre en pénitence, en un lieu où l’on a le temps de méditer, et de se repentir, et de réciter des psaumes. Quand le psaltérion passa de mode, on y substitua le violon, on dit mettre au violon et le calembour fut sauvé.
Toutes ces origines, et j’en passe, paraissent compliquées. L’explication la plus simple semble être née de l’analogie entre les cordes du violon et les barreaux de la prison.

WHISKY.
Depuis fort longtemps, les Irlandais fabriquaient, par fermentation de l’orge ou de l’avoine, une eau-de-vie de grain qu’ils dénommaient uisce-batha, du gaélique uisce qui signifie eau et beatha qui signifie vie.
Les habitants des hautes terres d’Ecosse, en dissolvant dans cette eau-de-vie de grain du safran et quelques aromates, en firent l’usquebaugh (on trouve ce mot dans les traductions des romans de Walter Scott), francisé en usquebac (ce mot figure dans le Littré).
Au milieu du XVIII ème siècle, les Anglais empruntèrent le mot whisky ou whiskay, qui était, par abréviation du mot irlandais, le nom vulgaire de l’eau-de-vie de grain dans les basses terres d’Ecosse.
L’origine du whisky est aujourd’hui encore sujette à controverses entre Irlandais et Ecossais, chacun allant de sa preuve la plus ancienne. Le whiskey américain comprend le bourbon (à base de maïs) et le rye (à base de seigle).
NOTA. – Ne pas confondre avec wiski, cabriolet haut et léger, à deux roues de grand diamètre, attelé d’un cheval (de l’anglais to whisk, aller vite) utilisé dans la seconde moitié du XVIII ème siècle et le début du XIX ème.

X.
Une bonne occasion de rappeler la règle à laquelle la réforme de l’orthographe n’a pas touché :
Les mots se terminant par « OU » prennent un « S » au pluriel à l’exception des mots suivants qui prennent un « X » :
– bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.
On peut rajouter à cette liste :
– ripou, néologisme, verlan du mot « pourri », qui désigne un policier corrompu, rendu célèbre par le film Les Ripoux cde Claude Zidi en 1984.
– chouchou, même si le pluriel en –x n’a pas été officialisée par l’Académie Française ni les dictionnaires de référence.
– tripou, spécialité culinaire de l’Aveyron et du Cantal, sur lequel l’usage hésite encore et que l’Académie ignore.
Je ne sais si aujourd’hui encore on enseigne à nos chères têtes blondes la phrase mnémotechnique que nous apprenait nos grand-mères : « Viens mon petit chou sur mes genoux, ne fais pas joujou avec mes bijoux, jette plutôt des cailloux à ce vieux hibou plein de poux. »
XENELASIE.
Pratique spartiate consistant à expulser de manière régulière les étrangers de son territoire, interdiction de séjour, bannissement.

YANKEE.
D’origine inconnue (néerlandaise ou amérindienne), ce terme est un sobriquet par lequel les Anglais désignent familièrement, et avec une espèce de dénigrement, les habitants des Etats Unis d’Amérique.
Il a aussi beaucoup d’autres acceptions. Un humoriste les a résumées ainsi :
– Pour les étrangers, un Yankee est un Américain.
– Pour les Américains, un Yankee est un Nordiste.
– Pour les Nordistes, un Yankee est quelqu’un de la Côte Est.
– Pour ceux de la Côte Est, un Yankee est un habitant de la Nouvelle-Angleterre.
– Pour ceux de la Nouvelle-Angleterre, un Yankee est un habitant de Vermont.
– Et dans le Vermont, un Yankee est quelqu’un qui mange des tourtes au petit-déjeuner.
YPERITE.
L’ypérite, appelée aussi gaz moutarde, est un sulfure d’éthyle dichloré utilisé comme arme chimique sous la forme d’un gaz asphyxiant entraînant des accidents corrosifs de la peau et des muqueuses, pouvant être mortel. Elle tire son nom de Yper, nom flamand de la ville d’Ypres, où elle fut utilisée pour la première fois par les Allemands le 11 juillet 1917.
D’autres sources donnent déjà la date du 22 avril 1915.
Plus récemment, ce gaz vésicant a été déployé dans la guerre entre l’Irak et l’Iran.

YANKEE.
D’origine inconnue (néerlandaise ou amérindienne), ce terme est un sobriquet par lequel les Anglais désignent familièrement, et avec une espèce de dénigrement, les habitants des Etats Unis d’Amérique.
Il a aussi beaucoup d’autres acceptions. Un humoriste les a résumées ainsi :
– Pour les étrangers, un Yankee est un Américain.
– Pour les Américains, un Yankee est un Nordiste.
– Pour les Nordistes, un Yankee est quelqu’un de la Côte Est.
– Pour ceux de la Côte Est, un Yankee est un habitant de la Nouvelle-Angleterre.
– Pour ceux de la Nouvelle-Angleterre, un Yankee est un habitant de Vermont.
– Et dans le Vermont, un Yankee est quelqu’un qui mange des tourtes au petit-déjeuner.
YPERITE.
L’ypérite, appelée aussi gaz moutarde, est un sulfure d’éthyle dichloré utilisé comme arme chimique sous la forme d’un gaz asphyxiant entraînant des accidents corrosifs de la peau et des muqueuses, pouvant être mortel. Elle tire son nom de Yper, nom flamand de la ville d’Ypres, où elle fut utilisée pour la première fois par les Allemands le 11 juillet 1917.
D’autres sources donnent déjà la date du 22 avril 1915.
Plus récemment, ce gaz vésicant a été déployé dans la guerre entre l’Irak et l’Iran.
.ZIBELINE.
La zibeline est une martre de Sibérie, à poils très courts et très fins, recherchée pour sa fourrure (la plus noire est la plus chère). Le nom de cet animal vient du latin sabellum, martre, lui-même du vieux haut allemand sabel, emprunté au vieux slave sobol, le commerce de la fourrure entre le Nord de la Russie, la Sibérie vers l’Europe occidentale se faisant dès le haut Moyen-Âge par la Baltique et l’Allemagne.
L’emploi du mot sable en héraldique pour désigner la couleur noire s’explique par le fait que les boucliers, les écus étaient recouverts de fourrures noires ou de diverses couleurs teintées en noir.
ZAIN.
Cet adjectif, dérivé de l’arabe signifiant beau, qualifie un cheval ou un chien qui, quelle que soit sa robe, ne présente aucun poil blanc.
Au fait, « Quelle est la couleur du cheval blanc d’Henri IV ? ». Cette blague, classique de l’humour potache français, a été inventée en 1941 par Raymond Deloison, qui préparait son agrégation d’histoire. Jugeant cet humour diffamant, les héritiers de la couronne Française l’ont attaqué en demandant un euro de dommages et intérêts à titre symbolique. La famille a été déboutée et condamnée aux dépens.
Techniquement, la réponse est grise car la couleur blanche n’existe pas pour qualifier la robe d’un cheval.

AUTRES JEUX DE L’ESPRIT, IGNORES OU NOTOIRES.
Espérant ne pas avoir trop fatigué votre attention ni abusé de votre patience, je souhaiterais maintenant vous parler de quelques jeux de l’esprit ayant pour support les mots. De tous temps, les hommes se sont ingéniés à jouer avec les mots. Certains d’entre eux remontent à la plus haute Antiquité. Je ne pouvais, faute de temps, les citer tous. J’ai donc, volontairement, laissé de côté les plus connus (charades, contrepèteries, rébus) pour m’attacher à d’autres qui s’apparentent peut-être plus encore à des recherches mathématiques.
C’est donc dans le domaine de l’étrange, du mystérieux et quelquefois même du surréalisme que nous entrons maintenant.
.ACROSTICHES.
Ce sont des vers composés de telle sorte qu’en lisant dans le sens vertical la première lettre de chaque vers on trouve le mot pris pour sujet, le nom de l’auteur ou celui du dédicataire.
L’exemple du Petit Larousse est un acrostiche fait sur Louis XVI par un solliciteur au gousset vide :
« Louis est un héros sans peur et sans reproche.
« On désire le voir. Aussitôt qu’on l’approche,
« Un sentiment d’amour enflamme tous les coeurs.
« Il ne trouve chez nous que des adorateurs,
« Son image est partout, excepté dans ma poche. »
Les acrostiches remontent à la plus haute antiquité. On trouve dans la Bible quelques parties qui sont acrostiches, c’est-à-dire dont les versets commencent par les lettres de l’alphabet hébreu. Tels sont – je ne l’ai pas vérifié – le Psaume 33, le Psaume 118, la femme forte de Salomon et les lamentations de Jérémie.
Autre exemple : on pressait un jeune homme de nommer la personne qu’il aimait. Il s’en défendit et récita l’acrostiche suivant, où se trouve le nom de de cette jeune personne :
« Je ne saurais nommer celle qui sait me plaire.
« Un fat peut se vanter, un amant doit se taire.
« La pudeur qu’alarmait l’impétueux désir
« Inventa sagement le voile du mystère
« Et l’amour étonné connut le vrai plaisir. »

ANAGRAMMES.
L’anagramme est assurément le plus simple et peut-être le plus ancien des jeux de lettres : elle consiste à obtenir un mot nouveau (ou une phrase nouvelle) en mêlant les lettres composant un mot (ou une phrase) donné(e).
Dans l’Antiquité, on fabrique beaucoup d’anagrammes à des fins magiques. Désacralisées par le grec Lycophon, remises à la mode par le poète de la Pléiade Jean Dorat et jamais négligées depuis, on connait les classiques :
– Alcofribas Nasier pour François Rabelais.
– Arouet L. I. (c’est-à-dire Le Jeune) pour Voltaire.
– Bison Ravi ou Brisavion pour Boris Vian.
– Rose de Pindare pour Pierre de Ronsard.
Quelques classiques aussi dans l’Histoire de France :
– Frère Jacques Clément (l’assassin de Henri III) donne « C’est l’enfer qui m’a créé ! »
– Révolution Française donne « Un veto corse la finira ! »
– Napoléon Empereur des Français permet d’obtenir « Un pape serf a sacré ce noir démon » ou « Ce fol Empire ne durera pas son an. »
Enfin, et sans oser prétendre épuiser le sujet, citons ce canular resté célèbre dans le domaine de la peinture : Roland Dorgelès et quelques joyeux drilles montmartrois eurent l’idée de faire peindre à un âne, à la queue duquel un pinceau avait été attaché, un tableau qui connut en 1910 un vif succès. Ils l’avaient intitulé « Coucher de Soleil sur l’Adriatique » et l’avaient signé Boronali qui n’est autre que l’anagramme d’Aliboron.

Bout-rimé
L’exercice du bout-rimé consiste à composer un poème à I’aide de rimes données d,avance (es
bouts-rimés) sur un zujet prédéfini ou non.
On atkibue f invention des bouts-rimés à Dulot, un poète mineur au zujet duquel on ne sait guère
autre chosel et qui n’a pas su sortir du lot. Les Menagianarapportent qu’un jour de 1648, Dulot se
plaignit de ce qu’on lui avait volé un certain nombre de papiers de valeur et, en particulier, trois
cents sonnets. Comme on se surprenait de ce qu’il en ait écrit autant, Dulot expliqua qu,il s,agissait
de sonnets « en blanc », c’est-à*dire qu’il n’avait fait qu’écrire les rimes et rien d’autre. Tout ie
monde üouva I’idée amusante ettouma ce que Dulot avait fait sérieusement en divertissement. Les
bouts-rimés connurent une telle vogue dans les salons aristocratiques du Xvtf siècle qu’ils eurent
même droit, en 1654, à leur satire par Sarrasin intitulée Dulot vaincu ou la défaite des bouts-rimés..
Le succès considérable de cette satire n’empêcha nullement la composition des bouts-rimés de se
poursuiwe durant tout le xVttç siècle et une grande partie du xVIIf siècle. Le terme fait son
apparition dans la 4″ édition dv Dictionnaire de lAeadémie française (1762).
En 1701, Étienne Mallemans de Messanges publia le Défi des Muses,un recueil de sonnets sérieux,
tous rédigés selon des rimes choisies pour 1ü par la duchesse du Maine. Ni Piron ni Marmontel ni La
Motte ne dédaignèrent cet exercice ingénieux. Cette mode connut un regain de succès au début du
xxç siècle. Alexandre Dumas lui-même s’y intéressa en 1864 en invitant tous les poètes ûançais à
démonter leurs talents poétiques en composant sur des rimes choisies pour la circonstance par le
poète Joseph Méry.Dumas rassembla ensuite les réponses de pas moins de 350 auteurs dans un
volume publié en 1865.
Bouts-rimés commandés sur Ie bel-air
Ce sonnet fut composé par Molière avec les rimes que lui fournit le prince de Condé.
Que vous m’embarrassez (Nec votre grenouille
Qui traîne à ses talons le dow mot d, hypocras !
Je hais des bouts-rimés le puérilfatras
Et tiens qu’il vaudrait mieuxfiler une quenouîlle.
La gloire du bel air n’a rien qui me chatouille ;
I/ous m’assommez l’esprit {Nec un gros plâtras ;
Et je tiens heureta cetn qui sont morts à Coutras,
Yoyanf tuü le papier qu’en sonnets on barbouille.
M’accqble derechef lo haine du cagot,
Plus méchanT millefois que n’est unvierx magot,
Plutôt qu’un bout-rirné me fasse entrer en danse !
Je vous le chante clair, comme un chardonneret;
Au bout de l’univers jefuis dans une n&nse.
Adieu, grand Prince, adiçu ; tenez-vous guîllere|

BRISES (VERS ET PROSES).
Les vers brisés s’apparentent aux messages secrets mais, s’ils possèdent comme eux une signification que seuls découvrent les esprits prévenus, ils demeurent cependant lisibles et cohérents pour tous.
Ce sont des vers qui, coupés immédiatement après le premier hémistiche ou le repos, peuvent se lire de suite et présenter un sens complet et différent de celui que présentaient les vers lus en entier.
Le Zadig de Voltaire nous fournit un exemple, dont la moitié présente un sens opposé à celui qu’exprime le quatrain lu en entier :
« Par les plus grands forfaits j’ai vu troubler la terre. « Sur le trône affermi le roi sait tout dompter. « Dans la publique paix l’amour seul fait la guerre : « C’est le seul ennemi qui soit à redouter. »
Voici un autre exemple, du XIX ème siècle :
« Vive donc à jamais l’empereur des Français « La famille royale est indigne de vivre : « Oublions désormais la race des Capets. « La race impériale doit seule lui survivre ! « Soyons donc le soutien de ce Napoléon. « Du comte de Chambord chassons l’âme hypocrite « C’est à lui qu’appartient cette punition. « La raison du plus fort a son juste mérite.
Ou encore ce poème de la Résistance :
« Aimons et admirons le chancelier Hitler ! « L’Eternelle Angleterre est indigne de vivre. « Maudissons, écrasons le peuple d’outremer « Le nazi sur la terre sera seul à survivre. « Soyons donc le soutien du führer allemand « De ces navigateurs la race soit maudite. « A eux seuls appartient ce juste châtiment « La palme du vainqueur répond au vrai mérite. »
On peut aussi faire de la prose brisée, par exemple, en composant un texte où le vrai sens apparaît en ne lisant qu’une ligne sur deux :
« Mademoiselle,
« Je m’empresse de vous écrire pour vous déclarer « Que vous vous trompez beaucoup si vous croyez « Que vous êtes celle pour qui je soupire. « Il est bien vrai que pour vous éprouver « Je vous ai fait mille aveux. Après quoi « Vous êtes devenue l’objet de ma raillerie. Ainsi, « Ne doutez plus de ce que vous a dit ici celui « Qui n’a eu que de l’aversion pour vous, et « Qui aimerait mieux mourir que de …
Lisez la première, puis la troisième, puis la cinquième ligne, etc… et vous verrez que le sens est bien différent !

CALEMBOUR.
Le calembour est un jeu de mots oral fondé sur l’homophonie et la polysémie.
C’est un trait de l’esprit, à connotation humoristique, qui, par le sens double d’une phrase, permet une approche ironique sur un sujet donné.
La langue française, par ses multiples homophonies (sain, saint, cinq ou ver, vert, vers, vair ou sot, sceau, saut, seau), se prête particulièrement bien aux calembours.
Les chansons de Renaud et de Boby Lapointe regorgent de calembours.
RENAUD :
Putain c’qu’il est blême, mon HLM ! Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !
Et quand Landru ce vieux salaud ! Coupa sa femme en p’tits morceaux ! Elle lui d’manda dans un sanglot ! Je t’en prie ne me scie pas les os ! Le tango de Massy-Palaiseau
LAPOINTE :
Mon père est marinier Dans cette péniche Ma mère dit : « La paix niche Dans ce mari niais » Ma mère est habile Mais ma bile est amère Car mon père et ses verres Ont les pieds fragiles

CALEMBOUR 2.
LOUIS XVI aimait à répéter cette innocente plaisanterie : « Les puces sont de la secte d’Epicure (des piqûres) et les poux de la secte d’Epictète (des pique-têtes). »
LOUIS XV demande un jour à Bièvre : « Marquis, vous qui faites des calembours sur toutes sortes de sujets, Faites-en-un donc sur moi. » Bièvre s’incline avant de répondre : « Oh ! Sire ! Votre majesté n’est pas un sujet ! »
Il rentra chez lui il vit le lit vide, il le devint aussi (Alphonse Allais)
Si jamais ça tombe à l’eau, mon amante deviendra, ben voyons, la menthe à l’eau ! (Renaud, La menthe à l’eau)
Les mecs qui disent qu’j’suis né/Sur un camion citerne/ Parce que j’ai les jambes arquées/et y paraît qu’ça se voit/ J’vais dire c’est des conneries/Parc’que le camion en fait/ il était pas si terne que ça (Renaud, Sans dec’)
Car nos âmes sont tordues/ Pour pécher c’est le pied ! (Renaud) Car nos hameçons tordus/ Pour pêcher c’est le pied !

CHRONOGRAMMES.
Ce procédé d’expression des dates, dont les exemples abondent, depuis le Moyen-Âge, dans les écrits hébraïques et musulmans, a constitué, au même titre que la poésie, un art véritable.
Le principe consistait à grouper en un mot (significatif et caractéristique) ou en un court membre de phrase, l’ensemble des lettres dont les valeurs numériques totalisées fournissaient la date d’un évènement, passé ou futur.
On peut, par exemple, trouver sur une inscription tombale juive de Tolède :
ANNEE : « UNE GOUTTE DE ROSEE SUR CINQ MILLE »
Si l’on s’en tient à son sens littéral, la phrase ne veut pratiquement rien dire. Par contre, si nous faisons la somme des valeurs numériques des lettres constitutives de l’expression une goutte de rosée, nous comprenons alors que cette phrase est une expression assez singulière de la date du décès – dans le calendrier israélite – de la personne enterrée dans la tombe. Cette personne a, en effet, trouvé la mort en l’an « quatre-vingt-trois (= une goutte de rosée) sur cinq mille », soit, en termes clairs, en l’année 5083 de l’ère israélite, c’est-à-dire en 1022-23 de l’ère chrétienne.
De nombreuses inscriptions latines, fort mystérieuses en apparence, n’ont pas d’autres raisons d’être.
Sur la naissance de Louis XIV (5 septembre 1638), Claude Gaudart écrivit ce distique :
eXorIens DeLphIn, aqVILae CorDIusqVe Leonis CongressV, gaLLos spe LaetItIaqVe rejeCIt.
Le Dauphin naissant, l’aigle et le coeur du lion étant en conjonction, a ranimé l’espérance et la joie des Français.
dans lequel 1638 s’inscrit.
C’est ordinairement du vers latin qu’on se sert pour écrire des chronogrammes. Ainsi le vers latin :
franCorUM tVrbIs sICVLVs fert fVnera Vesper
évoque l’année des Vêpres Siciliennes (1282) où les Français de l’île furent massacrés, le lundi de Pâques, par les Siciliens.
Un chronogramme était inscrit sur le clocher de l’horloge du Palais de Paris en 1371 :
CharLes roi VoLt en Ce CLoCher Cette nobLe CLoChe aCroCher FaItte poVr sonner ChaCVne heVr.
En additionnant les chiffres romains, on obtient :
C + L + V + L + C + C + L + C = 555 C + L + C + L + C + C + C = 600 I + V + C + C + V + V = 216
soit un total de 1371.

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