Publié par : marcletourps | 9 mai 2013

Les salons de l’Hôtel de ville à Cherbourg-Octeville

Par Jean Pivain, 3 avril 2013

 

Les salons de l’Hôtel de ville à Cherbourg-Octeville

1793, cette année là Augustin Asselin le nouveau maire et son conseil municipal décident l’acquisition d’un immeuble pour installer une mairie. Cet immeuble dont la façade donne sur la place de la Liberté, sera dénommée successivement place d’Armes et place de la République.

Les différents travaux d’aménagement sont terminés en 1804 avec un balcon au dessus de la porte principale supporté par deux colonnes.

La fin du XVIIIè et le début du XIXèsiècles voient l’accroissement de la population qui est consécutive aux travaux gigantesques entrepris par l’Etat pour construire à Cherbourg une digue du large et un port militaire pour abriter les vaisseaux de la Marine .

Les élus locaux réfléchissent aux moyens à mettre en œuvre pour développer l’action culturelle. Dès 1832, ils aménagent une bibliothèque municipale et dotent la ville d’un musée des Arts constitué, en majeure partie, par l’exposition des toiles provenant du legs d’un collectionneur cherbourgeois, Thomas Henry.

Mais les locaux deviennent trop exigus et le conseil municipal décide, en 1850 de construire une aile rue de la Paix pour y aménager entre autres une salle de réception nécessaire pour y recevoir les personnalités, de plus en plus nombreuses, venant découvrir les travaux portuaires.

Le jeune architecte de la ville François Dominique Geufroy se voit confier cette tâche, il élabore un accès à l’étage par un escalier monumental avec une très belle rambarde en bois sculpté, qui conduit au grand salon.

 Le grand salon

De forme rectangulaire, il est réalisé dans un style classique très à la mode pendant le deuxième République et le second Empire, avec un plafond à caissons et corniche, les motifs décoratifs sont en stuc en particulier rosaces et arabesques, l’ensemble des boiseries murales sont peintes en gris et or, le plancher en chêne est en points de Hongrie hormis la partie centrale dite à la Versailles.

L’éclairage est réalisé par trois hautes fenêtres côté cour et de fausses portes permettent de donner un équilibre à l’ensemble .Il est terminé en 1853.

Les grands travaux s du port militaire s’achèvent et il se murmure que l’Empereur napoléon II

serait susceptible de venir inaugurer la fin des travaux.

Notre jeune architecte reprend ses plans et il a l’idée de créer une rotonde qui servirait de lien

pour la desserte entre les pièces composant cet ensemble destiné aux réceptions.

La rotonde

Elle se présente comme une petite pièce octogonale, le plafond comporte un oculus qui assure un éclairage zénithal, il est supporté par un tambour décoré de masques(alternances de visages féminins et de compositions de fruits et de fleurs ), les portes sont moulurées , les murs sont garnis de vasques débordant de fleurs et de fruits, à remarquer l’utilisation de la fleur d’acanthe. Le plancher est en chêne en points de Hongrie .Elle set terminée en 1855

L’originalité de cette rotonde c est la présence de toiles marouflées dans les panneaux muraux

Deux toiles ont été réalisées en 1921, elles sont l’œuvre de Michel Adrien Servant peintre parisien qui a réalisé des décorations dans la chapelle Saint Paul et à la Chambre de commerce et d’Industrie du Cotentin.

La première représente un épisode de la guerre de cent ans qui s ‘est déroulé à Cherbourg en 1378.

En effet à cette époque le roi de France Charles V cherche à reconquérir les positions françaises qui sont aux mains des ennemis du royaume et c’est le cas du château de Cherbourg qui est en possession de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Le roi de France demande au connétable de France Bertrand Du Guesclin d’assiégeait le château et de reprendre le château, mais Charles le Mauvais a vent  de l’attaque, demande l’aide des Anglais qui lui fournissent archers et soldats .Le siège est un échec et Bertrand Du Guesclin se retire au bout de quelques mois.

Froissart, le célèbre chroniqueur de cette époque, faisait part de son opinion sur cette affaire : « vous di que chierebourg n’est point à conquerre, se n’est par famine, car c’est l’un des plus forts châtiaux du monde »

Il faudra attendre 1450 et les conséquences de la victoire de la bataille de Formigny par le Connétable de Richemont pour que celui-ci reçoive le 15 août 1450 la reddition du gouverneur de la ville Thomas Gower pour que Cherbourg soit enfin libéré. La ville de Cherbourg changera six fois de mains pendant la guerre de cent ans.

La deuxième toile représente la venue de Louis XVI venu assister à l’immersion du neuvième cône composant la digue du large.

C’est en 1776 que le jeune roi Louis XVI charge Dumouriez de lui proposer un projet de port sur les côtes de la mer de la Manche, Louis le Couldre Vicomte de la Bretonnière capitaine de vaisseau un enfant du Cotentin dans son mémoire de 1777 propose une digue au large alignée entre les pointes de l’Ile Pelée et de Querqueville et la consultation des nombreux rapports établis permet à Monsieur de Sartines  ministre de la Marine de proposer un projet accepté par le roi en 1782.

Le travail est confié à Louis Alexandre de Cessart ingénieur des ponts de la Généralité de Rouen qui imagine une digue comprenant 90 cônes en bois immergés à l’emplacement de la digue est répartis équitablement sur les 3700 mètres de celle-ci.

Chaque cône de 45 m à la grande base, 20m à la petite base et d’une hauteur de 20m est construit en chêne à Chantereyne , rempli de pierres perdues il est remorqué et immergé sur place et complété de pierres perdues.

Le 23 juin 1786, le roi Luis XVI assiste à l’immersion du 9ème cône et son retour dans le canot royal ou le capitaine de vaisseau La Bretonnière tient la barre, à proximité de l’église de la Trinité, est salué par une foule en délire, Cherbourg est en liesse, le roi est ravi et plus de 20 000 personnes ont envahi la ville.

L e procédé de De Cessart sera abandonné en 1789, les cônes ne résistants par aux tempêtes de la mer de la Manche,,on reprendra le système des pierres perdues et il faudra 70 ans pour terminer la digue du large

Deux autres toiles ont été réalisées dans les années 1950 par Raymond Jupille natif de Bretteville en Saire mais dont l’œuvre est basée sur les paysages marins autour de Saint Vaast la Hougue.

La première, rend hommage à Napoléon 1er,, l’artiste a représenté les pyramides pour rappeler la campagne d’Egypte, les victoires napoléoniennes, le retour des cendres de l’Empereur de Sainte Hélène et la statue de Napoléon 1er.

Mais , a partir de cette toile, nous sommes obligés d’évoquer la reconnaissance de Cherbourg et de ses habitants envers Napoléon 1er et de l’œuvre qu’il a réalisée à Cherbourg, en effet Napoléon 1er a poursuivi les travaux gigantesques commencés par ses prédécesseurs, a décrété le 25 germinal An XI la création d’un port militaire comprenant avant-port, cales de construction, bassin d’armement et ateliers correspondants.

De plus ,l’Empereur est venu en visite officielle, accompagné de l’Impératrice Marie Louise, à Cherbourg du 26 au 30 mai 1811 pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux.

L’Impératrice est revenue présider les cérémonies de mise en eau de l’avant port Napoléon en août 1813, l’Empereur étant en campagne.

Sur cette toile , l’artiste a mis en évidence le retour des cendres de l’Empereur de Sainte-Hélène en 1840.

Il est important de se rappeler que le roi Louis-Philippe a négocié le retour des cendres auprès des Anglais et il a fait appareillé de Toulon la frégate  « La Belle Poule« ( construite à Cherbourg ) commandant le Prince de Joinville qui a transporté le cercueil de l’Empereur le Sainte-Hélène à Cherbourg, le 30 novembre le navire pénétrait dans l’avant port militaire ou les Autorités officielles cherbourgeoises avec à leur tête M ;Noêl Agnés et qui , au nom de la population, orna le catafalque d’une couronne de lauriers et de feuilles de chêne entourée d’une banderole dédicacée « A Napoléon le Grand, la ville de Cherbourg reconnaissante1 « 

Pendant le séjour à Cherbourg des milliers de gens défilèrent devant le cercueil.

Celui-ci fut transféré sur le vapeur «  La Normandie » jusqu’au Havre puis de nouveau sur « Le Val de Haye » jusqu’à Courbevoie puis transporté par voie terreste jusqu’au Invalides

L’ idée d’une souscription puplique fera son chemin pour élever à Cherbourg une statue équestre de l’Empereur.

La deuxième toile représente les symboles de la Liberté retrouvée en 1944  après la libération par les Alliés, les troupes américaines libèrent Cherbourg brisant les chaînes du joug nazi à

une résistante, une borne de la voie de la liberté rappelle le long cheminement des troupes américaines de Cherbourg à Bastogne en Belgique.

Elle rend également hommage aux morts qu’ils soient militaires ou civils de la seconde guerre mondiale avant d’égrener quelques notes sur une partition du chant des partisans.

Le salon de l’Impératrice

C’est la plus belle pièce de l’hôtel de ville.

En1855, la municipalité se rend compte qu’il est nécessaire de doter la ville d’une salle de bal pour recevoir dignement l’Empereur Napoléon III dont on annonce une visite imminente.

M Geufroy après de longues discussions présente son projet qui est accepté par la municipalité et les travaux commencent immédiatement mais ne seront terminés quand 1858 peu de temps avant la visite de l’Empereur.

La salle de forme rectangulaire, dont la décoration caractéristique du second Empire frappe rar sa profusion et son éclectisme, partout règne le stuc doré. Elle est percée de huit ouvertures sur ses longs pans, à l’ouest une cheminée monumentale est entourée de copies des œuvres de Winterhalter représentant les portraits en pied de l’Empereur Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie Le plafond comporte une peinture à l’huile sur toile marouflée, les murs sont ornés d’un motif incluant entrelacs et fleurons, ils supportent une imposante corniche

 

1 se reporter aux souvenirs inédits de Philippe de Rohan-Chabot « Les 5 cercueils de l’Empereur »

A l’est, trois grands miroirs donnent au salon de l’Impératrice un effet de profondeur saississant.

Le plancher en chêne est réalisé en points de Hongrie.

Le parti pris de l’architecte est de rendre hommage à la Marine militaire française, en effet aux quatre points cardinaux de la corniche sont représentés les écussons des armoiries des ports militaires, à savoir, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon et au milieu de la corniche de chaque coté les écussons de Cherbourg et du Duché de Normandie.

Chaque écusson est supporté par des putti sorte d’angelots

La corniche est également ornée de portraits de six importants personnages français qui ont contribué au renom de la Marine Française.

On distingue :

Jean Baptiste Colbert(1619-1681) ministre des finances de Louis XIV , et également secrétaire d’Etat à la Marine qui lui a redonné son lustre ,construisant près de 300 navires, implantant des forêts de chêne nécessaires à la construction, un grand ministre.

Sébastien Le Preste de Vauban (1633-1717) qui, dans un mémoire de 1686 remis au roi Louis XIV,suggéré à celui-ci de renforcer le château fort et les remparts de Cherbourg et d’y implanter un port protégé par une digue .

Il du se résoudre à démolir le château et ses remparts car Louvois ministre de la Guerre avait réussir à convaincre le roi que si les Anglais reprenaient la place forte de Cherbourg ceci constituerait une menace pour le Royaume de France.

Anne Hilarion de Cotentin, comte de Tourville (1641-1701)  amiral de France.

Le roi Louis XIV ordonne à Tourville de conduire en Angleterre à la demande le roi déchu Jacques II une troupe de seize mille hommes pour le soutenir dans un débarquement.

L’amiral Touville  part de Brest sur le vaisseau »Soleil Royal » à la tête de la flotte du Ponant avec 44 vaisseaux, mais les Anglais ont eu vent de cette manœuvre et une flotte Anglo-Hollandaise forte de 99 vaisseaux se présente au large de Barfleur, le 29 mai 1692,  à la rencontre de Tourville, celui-ci, bien qu’inférieur en nombre provoque le combat remporte une victoire et décroche immédiatement. L’avant garde des navires passent le Raz Blanchard et se réfugie à Saint Malo, en l’absence d’un port sur les côtes de la Manche les autres navires se réfugient à La Hougue à l’exception de trois navires endommagés, le « Soleil Royal » qui se réfugie à Cherbourg, dans la fosse du Galet, l’ « Admirable » devant la vile et le « Triomphant » sous les rochers des Flamands. Les navires anglais incendient les bateaux français devant La Hougue et les 3 navires réfugiés à Cherbourg explosent le 1er juin 1692 c’est le dimanche de la Trinité.

C’est l’émoi parmi la population et les malheureuses victimes, beaucoup de marins des côtes du Nord, seront enterrées dans le cimetière tout proche.

Le Roi ne tint pas rigueur à l’amiral Tourville de cette défaite.

Denis Decrès (1761-1820), ministre des Colonies et de la Marine de 1801à 1815

Aimable-Gilles Troude ( 1762-1824)

Né à Cherbourg, il navigue et bourlingue sur toutes les mers du monde, il remporte devant Gibraltar une victoire devant les Anglais envoyant par le fond deux de leurs navires.

Il est commandant de l’escadre lorsque L’Empereur Napoléon 1er se rend en visite officielle à Cherbourg ,celui-ci très satisfait de la visite de l’escadre signa sur la culasse d’un canon le décret élevant le capitaine de vaisseau Troude au rang de contre-amiral.

Jean -Etienne Théodore Ducros  ( 1801-1855 ) ministre de le Marine et des Colonies de 1851 à 1855

La visite officielle de l’Empereur Napoléon III accompagné de l’Impératrice Eugénie

En 1858, Napoléon III qui s’est tenu informé de l’état d’avancement des travaux décide de procéder à l’inauguration de la ligne de chemin de fer de Paris à Cherbourg

Le 3 août, l’Empereur accompagné de l’Impératrice Eugénie quitte Saint-Cloud pour se rendre à Cherbourg, il pensait d’ailleurs que le progrès apporterait la prospérité au pays et ce genre de manifestation lui permettait de prendre le pouls de la population ;et ce déplacement n’était pas anodin car en invitant la reine Victoria ,il pensait consolider un rapprochement avec l’Angleterre qu’il avait amorcé en accueillant le couple britannique en son château de Compiègne.

Au programme, les festivités sur le parcours ferroviaire des villes traversées avec arrêt à

Mantes, accueil à la préfecture d’Evreux, étape à Lisieux, à six heures , le train entrait en gare de Caen :l’accueil fut triomphal et le cortège se rendit à la préfecture où leurs Majestés passèrent la nuit.

Le 4 août, départ pour Bayeux avec une cérémonie à la cathédrale, arrêt a Carentan où l’Empereur put examiner des types de la race chevaline normande .Tout le long de la voie une foule nombreuse manifestait son enthousiasme.

A Cherbourg, ce fut majestueux, l’entrée de leurs Majestés dans la gare se fit sous une véritable ovation le maire Mr Ludé présenta les clefs de la ville à l ‘Empereur en le  remerciant  de l’honneur fait à Cherbourg et à sa population d’avoir fait ce déplacement.

De l’autel placé sous la verrière de la gare, l’évêque de Coutances béni l’assemblée et les locomotives.

Leurs Majestés gagnèrent la préfecture maritime en calèche, au milieu des acclamations de la foule. La ville était en liesse des milliers de visiteurs étaient venus par trains spéciaux. Cherbourg n’avait jamais connu pareille affluence.

A sept heures et demie du soir, les salves de tous les vaisseaux et des forts ont annoncé l’entrée sur rade de sa Majesté la Reine d’Angleterre.

L’Empereur et l’Impératrice sont allés faire une visite protocolaire à la reine sur son yacht et ont regagné la préfecture.

Le 5 août, à midi S M la Reine accompagnée du Prince Albert est venue rendre leur visite et ont pris part , à la préfecture maritime, à un déjeuner offert par l’Empereur

A deux heures, leurs Majestés et leurs augustes hôtes sont montés en calèche pour admirer des hauteurs du Roule le magnifique spectacle que présentait la rade de Cherbourg par un temps splendide.

A huit heures, a eu lieu sur le vaisseau « Bretagne », un grand dîner de 70 couverts servi dans la batterie basse du navire et à la table autour de leurs Majestés et de leurs hôtes, Princes, Lords, maréchaux et ministres avaient pris place.

Napoléon III exalta dans son allocution les bienfaits d’un rapprochement franco-anglais ; en réponse le Prince Albert évoqua les sentiments d’amitié qu’éprouvait la Reine pour l’Empereur et l’Impératrice et le désir de resserrer, autant que possible, les liens entre les deux nations.

A la fin du dîner, tous les navires sur rade ont illuminé leurs sabords, un feu d’artifice est tiré du fort central sur la digue : c’était splendide et féerique écrira le journaliste de l’Illustration dans son commentaire.

Au milieu du silence qui a succédé au feu d’artifice, l’aviso à vapeur « l’Actif » s’est approché du navire amiral et le chœur composé par 70 jeunes gens de la Société Sainte Cécile de Cherbourg embarqués à bord entonne un vibrant « Gode Save The Queen »

Le 6 août, l’Empereur et l’Impératrice sont allés faire une visite d’adieu à la Reine d’Angleterre sur son yacht. Celui-ci à pris le large salué par trois salves de toute l’artillerie de nos vaisseaux et des forts.

A midi, l’Empereur a commencé la visite et passé en revue les équipages des vaisseaux de l’escadre rangés sur une seule ligne dans l’ordre suivant :

Saint-Louis, Alexandre, Austerlitz, Ulm, Donaverth, Napoléon, Eylau, Bretagne, Arcole  et Isly.

Après avoir déjeuné à bord du navire amiral « Bretagne » , l’Empereur a visité les travaux de la digue, puis a regagné la préfecture maritime sous les vivats d’une foule en délire.

Le dîner pris le soir réunissait outre les personnalités de la suite de l’Empereur les Autorités locales et départementales tant civiles que militaires.

Le 7 août, à onze heures, leurs Majestés se sont rendus au port militaire passant sous deux arcs de triomphe composés, en grande partie par des faisceaux d’armes pour inaugurer le bassin Napoléon III ;

Accueillis par l’amiral préfet maritime et les autorités du port , leurs Majestés ont pris place dans la tribune officielle ;

Autour du gigantesque bassin d’une surface  de huit hectares, une foule évaluée à 100 000 personnes attendait les cérémonies de mise en eau..

Après la bénédiction du bassin par l’évêque de Coutances, l’Empereur est descendu par l’escalier d’honneur au fond du bassin pour sceller un coffret rempli de pièces d’époque

,Après cette formalité l’Empereur est remonté avec sa suite pour jouir du spectacle de la mise en eau, ponctué  par les applaudissements et les salves d’artillerie.

Pendant l’immersion, leurs Majestés ont visité les ateliers et regagné la préfecture maritime

Le soir à six heures, leurs Majestés sont retournés au bassin, pour, à l’heure de la pleine mer

, assister au lancement du vaisseau de 90 canons « Ville de Nantes ».

Après le dîner pris à la préfecture maritime, leurs Majestés se sont rendus au bal de l’hôtel de ville dans les salons décorés avec goût ou ils ont reçu des témoignages respectueux des  nombreuses personnalités présentes.

Aujourd’hui, 8 août 1858, à onze heures leurs Majestés ont assisté à une messe dans la basilique Sainte-Trinité , à la fin de l’office

l’Empereur et l’Impératrice suivies par le cortège impérial  se sont rendus sur la place d’Armes et ont pris place dans une tribune richement décorée pour assister

à l’inauguration de la statue équestre de Napoléon1er offerte par la ville de Cherbourg en hommage à l’Empereur .Peu après le voile qui couvrait la statue est tombé aux cris de «  Vive l’Empereur, Vive Napoléon 1er, Vive Napoléon III «

Le maire de Cherbourg dans son discours a remercié l’Empereur Napoléon 1er d’avoir relancé les travaux imaginés par ses prédécesseurs et l’Empereur Napoléon III d’avoir achevé l’œuvre entreprise

et il a bien sur cité les paroles prononcées à Sainte-Hélène par Napoléon1er

: « J’avais résolu de renouveler à Cherbourg toutes les merveilles de l’Egypte, j’avais élevé déjà dans la mer ma pyramide, j’aurais eu aussi mon lac Moeris »

L’Empereur a répondu qu’il rendait hommage à tous les gouvernements qui ont participé à cette œuvre titanesque, qu’il remerciait la ville de Cherbourg d’avoir élevé une statue à la gloire de Napoléon 1er et qu’il était fier d’avoir redonné à la marine la place qu’elle méritait et il a ajouté q’une nation forte était respectée.

Dans l’après-midi, après avoir embarqué à bord du « Bretagne » , l’Empereur et L’Impératrice quittaient Cherbourg à destination de Brest.

Ainsi s’achevait ces fêtes majestueuses, couronnées par l’inauguration de la statue équestre de l’Empereur Napoléon 1er œuvre d’Armand Levéel un enfant du pays.

Conclusion

Ainsi s’achève la visite des salons de l’hôtel de ville, mais avant de terminer cette communication, il est important de noter que les salles que nous venons de visiter et leurs décors sont inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 2004.

La salle du conseil n’est pas classée et présente peu d’intérêt historique. Par contre la cheminée de l’Abbaye du Vœu qui y est installée, œuvre exceptionnelle est classée au titre des Monuments Historiques depuis 1905.

Bibliographie

Adam 1923 Le port de Cherbourg et les éléments qui s’y rattachent

Voisin  la Hougue Histoire de la Ville de Cherbourg continuée par Vérusmor

M.C Yvon documents manuscrits sur les salons

Dans ce qui suit figurent les légendes des principales illustrations présentées lors de la séance du 3 avril 2013 à la S N A

ILLUSTRATIONS

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand salon de l’hôtel de ville de Cherbourg                                        Le salon de l’Impératrice

Toile de Michel Adrien Servant représentant

La rotonde                                                                     la visite le 23 juin 1786 du Roi LOUIS XVI

Armoiries de la ville de Toulon

Détails des décors de la corniche du salon                                   Armoiries de la ville de Cherbourg                                  de l’Impératrice

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