Publié par : marcletourps | 3 mars 2011

Un amer rouge pour les bateaux noirs

par Richard Nguyen Huu (autrefois dit Long)
le 2 mars 2011

 

Un amer rouge pour les bateaux noirs

 

 

 

Cette
présentation imagée est consacrée à la grande grue bleue et rouge dominant l’arsenal, ainsi qu’aux
bateaux construits depuis son arrivée à Cherbourg, d’où le titre de cette communication. Le sujet traité aujourd’hui étend à un
objet contemporain le domaine de l’article 1 de nos statuts[1].

 

 

 

1 Introduction, une grande ch’ti nommée SOMDEL

 

 

 

Présente dans le paysage cherbourgeois
depuis 1989 du haut de ses 85 m, la grue de 120 T est un amer récent de notre
patrimoine maritime dont la brève histoire va vous être contée ici, avec celles
des bateaux noirs à la construction desquels cet outil a hautement contribué.
Pour expliciter le terme d’amer, connu de nous tous mais pas forcément de ceux
qui liront cette communication sur notre site, je reprendrai
l’introduction  de ma première
communication faite ici en 2002.

 

De
même que les flèches des cathédrales permettaient au voyageur en quête d’un
gîte et d’un couvert de se diriger vers la cité, de même les flèches des grues
les plus hautes ont souvent servi d’amers aux navigateurs, surtout lorsqu’ils
étaient pressés de faire caréner des coques usagées. Ces immenses machines font
partie du patrimoine industriel des établissements qui les utilisent pour
construire et réparer de grands navires.

 

Cette grande grue que nous voyons dominer notre
arsenal depuis 1989 provient des Chantiers de France-DUNKERQUE devenus
NORMED DUNKERQUE en 1982[2],
NORMED regroupant le Nord et la
Méditerranée. Cette
grue a été mise en service dans les dernières années fastes du chantier
dunkerquois en septembre 1976. On peut la voir ici sur son site d’origine en 1984
(1-photo NORMED 1984), 2 ans avant que le dernier navire soit lancé par ce
chantier. Son nom, SOMDEL, que nous utiliserons ici, provient de  l’abréviation de SOM-DELATTRE raison sociale
résultant de l’intégration au sein du groupe allemand PHB WESERHÜTTE de l’usine
DELATTRE-LEVIVIER à Valenciennes, située dans le nord comme chacun sait.

 

En 1988, la liquidation judiciaire des
chantiers NORMED a permis à la DCAN de Cherbourg de racheter cette grue pour un peu
moins de 5 MF de l’époque. Il fallait alors pouvoir disposer d’un outillage
répondant aux besoins des manutentions à effectuer lors des opérations
d’achèvement du TRIOMPHANT et de ses frères de la nouvelle génération.

 

 

 

2 Les voyages maritimes de la
SOMDEL

 

 

 

La
SOMDEL a été transportée
en une seule pièce depuis Dunkerque jusqu’à la forme du Homet au Nord de
l’Arsenal où elle est arrivée le 5 juillet 1989. Ses 1000 T ont été
débarrassées de 200 T de contrepoids pour la charger et la saisir solidement
sur un navire Dock Express (2-photo DCAN 72816)[3].
Nous voyons ici l’ensemble en approche dans la rade de Cherbourg.

 

Elle a été ensuite délicatement
déposée dans la zone du Homet (3-photo DCAN 72820) où le spectacle de son
arrivée a quelque peu perturbé le chantier voisin de la refonte M4 du TERRIBLE.

 

De 1989 à 1992 elle est restée stockée
dans cette zone où elle a subi quelques travaux de peinture. Jusqu’en 1992 les
2 feux rouges, signalant sa présence à la navigation aérienne, brillaient à 85 m au sommet de sa fléchette en servant incidemment
d’amer officieux à la navigation et en particulier aux pêcheurs.

 

Ceux-ci eurent du mal à retrouver
leurs casiers après que la grue ait effectué sa petite traversée vers le Sud sans
préavis dans la presse locale lors d’un beau week-end de mai 1992. Le mouvement
se fit sur une barge remorquée en partant du Homet (4-photo DCN 87072), suivi
d’une traversée de la petite rade (5-photo DCN 87113) avec une halte au quai Sané
(6-photo DCN 87131) . L’ensemble s’est ensuite positionné devant l’ouvrage Cachin
(7-photo DCN 87136) pour permettre à la SOMDEL de rejoindre la terre ferme, ou plus précisément le
solide pont en tôle de la plate forme Cachin (8-photo DCN 87191). Deux mouvements
rectilignes perpendiculaires et successifs sur le pont de cette plate-forme avec
des systèmes à glissement positionneront la grue sur ses rails pour lui rendre
sa mobilité propre. Elle subira une grande refonte de mai à novembre 1992. Une nouvelle
alimentation électrique en 5000 V, la révision de tous ses moteurs et de son
système de lubrification, le changement de la cabine de conduite seront les
principales opérations de cette refonte. Celle-ci a été effectuée afin que la SOMDEL puisse devenir pleinement opérationnelle (9-photo
DCN 87223) le long de l’ouvrage Cachin aussi appelé DME comme dispositif de
mise à l’eau.

 

 

 

3 Une carrière bien remplie au service des bateaux noirs de DCN

 

 

 

Une fois n’est pas coutume pour un
grand ouvrage, le DME Cachin et la SOMDEL ont ainsi pu être prêts à recevoir le TRIOMPHANT
avec une bonne marge. Cette marge a permis que la première utilisation du DME se
fasse pour effectuer le retrait du compartiment réacteur ou tranche C du REDOUTABLE
au début de 1993 (10-photo DCN 91295). En travaillant de jour comme de nuit
(11-photo DCN 91328), cela a servi d’abord d’entraînement aux équipes chargées
d’exploiter ce nouvel ouvrage en utilisant le premier sous-marin de la vieille
génération, avant de prendre en charge le premier sous-marin de la nouvelle
génération. Au passage, des économies substantielles ont été obtenues en
utilisant le dispositif de mise à l’eau, lequel permet aussi la mise au sec. La
solution initialement prévue dans la forme 5, la plus grande des formes Sud,
aurait nécessité un engin de levage très puissant donc très coûteux, car la
grue de 40 T de cette forme 5 aurait été bien incapable d’en sortir les 700 T
de la tranche C, ce que le DME et les marcheurs ont facilement permis en
opérant au niveau du sol (12-photo DCN 91734). L’argent ainsi économisé sur le
démantèlement du vieux REDOUTABLE, n’a pas été perdu pour tout le monde car le
nouveau TRIOMPHANT en avait bien besoin.

 

Le 13 juillet 1993 devant les invités
et leurs familles (13-photo DCN 92545), LE TRIOMPHANT marcha tout droit,
sortant de la nef CA du chantier Laubeuf vers le DME Cachin, sans le moindre
faux pas. La marche se fera jusqu’à la position prévue et calculée sur la
plate-forme pour permettre la descente en fond de forme sans encombre avec
l’aide d’ARCHIMÈDE pour la descente, et de la SOMDEL pour l’enlèvement des 32 marcheurs de 27 T chacun. Sans
encombre ? Cela n’a pas été d’emblée une certitude comme le prouvent ces
lignes écrites par Pierre Quinchon, l’ingénieur chargé du TRIOMPHANT, je le cite[4] :

 

Et si un marcheur tombe en panne ?
Et si le sol s’effondre sous les onze mille tonnes du sous-marin ? Et si,
au moment du passage sur la plate forme de l’ouvrage Cachin, celle-ci se met de
travers ? Nous avons repris tous les scénarios catastrophiques déjà cent
fois étudiés, imaginé d’autres cataclysmes : le sol s’effondrait, le
sous-marin roulait lentement sur les tribunes, écrasant les spectateurs sous
les éclairs de l’orage qui avait interrompu toutes les alimentations
électriques, alors qu’un raz de marée détruisait la porte du bassin et
renversait la plate–forme. Tout s’est bien passé, et le 13 juillet a bien été
la fête que nous avions imaginé.

 

 

 

Une fois LE TRIOMPHANT en fond de
forme (14-photo DCN 92756), la SOMDEL aura fort à faire pour servir ce prestigieux
client, avec entre autres manutentions, celle des lourdes poutres permettant de
positionner l’AMIC (atelier mobile d’intervention Cachin) pour travailler proprement
sur le compartiment réacteur, ainsi que la mise en place des nombreuses
passerelles et autres servitudes. Les montages et les essais peuvent alors se
poursuivre avec l’étape clé de la divergence du réacteur nucléaire K 15 le 26
novembre 1993. Les essais du SAD (Système d’Arme Dissuasion) avec les maquettes
missiles à positionner dans les TLM (Tubes lance missiles) mobilisent les
capacités maximales de la grue en force et en portée. La mise à flot a eu lieu
le 26 mars 1994, l’ouverture du bateau porte libérant LE TRIOMPHANT le 15 avril
sous l’œil attentif du grutier dela SOMDEL (15-photo DCN 94-2654).

 

Le TEMERAIRE, deuxième  SNLE de la nouvelle génération, suivra
les pas de son prédécesseur en effectuant sa marche de Laubeuf à Cachin en été,
le 8 août 1997, (16-photo DCN 97-3054). Comme cela est souvent les cas dans les

albums de famille, il y a moins de photos du second bébé que du premier, mais
le TEMERAIRE a eu l’honneur de faire ses premiers pas alors que l’amiral
Prud’homme était Major Général du port de Cherbourg. Le futur Directeur du Musée
national de la Marine, également dessinateur et aquarelliste, consacra
ses talents artistiques à créer bénévolement une belle carte postale (17-Image
TEMERAIRE par G. Prud’homme-1997) pour immortaliser l’événement et faire le
bonheur des cartophiles. Certains de ces passionnés ont même retrouvé la grue
SOMDEL dans son site d’origine (18-Image NORMED_CP_années80).

 

La
SOMDEL verra passer
l’année suivante un tout autre bateau noir puisqu’il s’agira du premier AGOSTA
90B le KHALID destiné à la Marine Pakistanaise. Celui-ci ne suivra pas tout à fait le même chemin
que ses prédécesseurs destinés à la Marine Française. La flexibilité du chantier Laubeuf a permis que ce
premier programme de sous-marin destiné à une marine étrangère soit construit
dans la nef PL en parallèle avec la poursuite de la construction du VIGILANT
pour la Marine Française, une immense cloison démontable séparant les deux
zones de chantier pour assurer la protection du programme des SNLE NG. Le
KHALID est donc sorti de Laubeuf par la porte Nord de la nef P.L, a pris un
virage sur ses 8 marcheurs (19-photo DCN 98-2922) pour se mettre dans l’axe du
DME avant de rejoindre celui-ci (20-photo DCN 98-3297) et gagner la mer en vue
de son achèvement dans l’une des formes Nord, loin de ses  grands frères nucléaires.

 

 

 

4 Grande refonte de la grue avant le changement de statut de DCN

 

 

 

Les
vieilles grues se font parfois faire des liftings pour séduire leurs clients.
Ce fut le cas de la SOMDEL qui avait sérieusement besoin d’une grande
opération d’entretien, après tous ses bons et loyaux services, de l’achèvement
du TRIOMPHANT à celui du TEMERAIRE avec même en prime un client étranger, le
KHALID pakistanais. Dans le difficile contexte économique que connaissait DCN
avant le changement de statut, ce « lifting » a été entrepris en 2002
pour assurer au mieux l’achèvement du VIGILANT. L’été 2002 vit un impressionnant
ballet de grues se déployer pour cette opération sur le terre-plein de
l’Impératrice, au Nord du chantier Laubeuf. Il fallut descendre à terre les 145
T de l’ensemble des flèches afin de permettre la rénovation de toutes les
articulations qui commençaient à présenter des signes d’arthrose mécanique et
remettre en peinture les structures métalliques soumises à la corrosion du
front de mer.

 

Le corps de ballet mené par la société
Cherbourg-Levage était composé de 4 grues à flèche treillis et d’une nacelle
télescopique, engins cités ici dans l’ordre de leurs  capacités :

 

  • Une grue hollandaise
    Mammoet de 1000 T  avec une flèche de105 m,
  • Une grue
    Liebherr de 200 T  avec une flèche de70 m,
  • Une grue de 160
    T  sur chenilles avec une flèche de72 m,
  • Une grue de 110
    T  avec une flèche de82 m,
  • La nacelle
    télescopique de62 m.

 

Plutôt qu’un long commentaire, ces
quelques photos, dont certaines ont été publiées dans la presse locale, nous
donnent un aperçu de ce chantier spectaculaire.

 

Ces photos que je vous fait défiler, (DSCN
21-2387, 22-2394, 23-2399 et 24-2403) nous montrent le saisissage des flèches afin
de pouvoir effectuer les démontages nécessaires à leur descente (25-DSCN 2407) puis
leur dépose au sol pour les travaux de rénovation. (DSCN 26-2418 et 27-2424).
Cette rénovation a essentiellement porté sur les points suivants.

 

  • Remise en état
    ou remplacement des échelles et des plates-formes d’accès,
  • Rénovation des
    structures métalliques et des organes mécaniques,
  • Réfection des
    systèmes électriques,
  • Remise en
    peinture complète.

 

Les travaux se sont terminés en
novembre et l’on peut voir sur cette photo (28-PICT 6514) que la grue, remontée
et repeinte, n’a plus son grand logo DGA°> DCN, lequel avait perdu beaucoup
de son éclat et de sa visibilité depuis 1993. Remarquons à ce sujet qu’il n’y a
pas de normes de couleurs pour la peinture des grues. Le gris métallique qui
était utilisé jusque dans les années 1950-60 a été remplacé peu à peu par des couleurs plus
claires, avec parfois du jaune zébré noir pour certaines parties mobiles, comme
les châssis des roues ou les moufles portant les crochets de levage. Sans
changer de couleur, la SOMDEL changera de propriétaire et passera de la DCN à la DGA en restant propriété de l’Etat avec l’ensemble de
la zone CACHIN incluant les infrastructures nucléaires associées comme l’AMIC
(atelier mobile d’intervention Cachin)  mentionné plus haut.

 

Le VIGILANT suivra le même processus
industriel que ses deux prédécesseurs, mais les débordements survenus lors des
manifestations syndicales conduiront la Direction de DCN à annuler la manifestation ouverte au
personnel et à leurs familles prévue le 12 avril 2003. Les opérations
techniques de transfert et de mise à l’eau se sont cependant effectuées
conformément aux dates prévues par le planning mais hors de toute communication.
De ce fait, je ne vous présenterai donc pas de photo de cet événement.

 

 

 

5 Interlude technique

 

 

 

Faisons un court interlude technique
maintenant que vous avez la silhouette de la grue en mémoire. Notre SOMDEL fait
partie de la grande famille des grues équipées d’une volée variable équilibrée
(29-Schéma de la fig. 9), c’est à dire permettant de faire varier la portée du
crochet par rapport à son axe de rotation et de desservir une surface annulaire
sans avoir à déplacer l’ensemble de la grue, alors qu’une grue à volée fixe ne
desservant qu’une circonférence doit se déplacer si la charge n’est pas située
sur la circonférence en question. Le terme équilibrée vient du fait que le
poids mort du système de flèche et de fléchette est équilibré par les
contrepoids situés sur un bras articulé à l’arrière de la grue. Il existe de
nombreux systèmes de volée variable. Ce système constructif de notre grue
SOMDEL est considéré comme l’un des meilleurs, capable d’assurer à la fois la
variation de volée et la translation horizontale de la charge. La volée est
constituée d’un quadrilatère articulé dont les dimensions font décrire aux
poulies de tête (B) un arc de courbe très proche d’une ligne droite. En outre, lors
des variations de volée, le câble de levage n’effectue aucun mouvement sur les
poulies de renvoi et de ce fait ne subit aucune usure autre que celle résultant
des seules manoeuvres de levage. Les grues APPLEVAGE de 7,5 T du port de
commerce appartenaient à cette même famille de grues à volée variable
équilibrée jusqu’à leur démolition en 2003, survenue en même temps que celle de
la dernière grue APPLEVAGE de 40 T de l’arsenal situé sur l’inter forme 5-6
dans la zone Sud. Je reviendrai sur le fait que l’on achève bien les vieilles
grues. La dernière mort d’une grue portuaire à l’arsenal remonte à 2007 avec le
ferraillage de la grue de 60T du Homet qui était aussi une APPLEVAGE.

 

 

 

5 Suite et pas fin

 

 

 

Le changement de statut de DCN en 2003 asimplement, euphémisme pour ceux qui ont vécu et
mené cette transition, changé les relations contractuelles sans modifier
fondamentalement, ni les processus de construction des sous-marins, ni l’exploitation
du DME Cachin, installations nucléaires et grue SOMDEL incluses. Comme nous
sommes tous peu ou prou contribuables, félicitons nous de cette évolution par
laquelle, les rôles étant clarifiés, l’efficacité du binôme étatique
(DGA)-industriel (DCN) a pu progresser. Tout en restant le fournisseur principal
de la Marine Nationale, l’industriel DCN, devenu  DCNS en 2007, a pu développer et livrer des produits comme le
SCORPENE destinés aux marines étrangères. DCNS peut encore utiliser les
installations étatiques pour ses activités à l’exportation, moyennant une
redevance à la DGA. Bien entendu, les installations étatiques sont
prioritairement dédiées aux programmes nationaux. En 2003, le VIGILANT en
achèvement occupait alors le DME, cela explique pourquoi l’achèvement du
O’Higgins à la même époque, le premier SCORPENE
destiné à la marine Chilienne, a été effectué en forme 5. Je ne
reviendrai pas sur les détails de cette opération exposée lors de ma
communication faite ici le 3 décembre de cette même année 2003 et me limiterai à
en rappeler les grandes lignes.

 

Le trajet terrestre du O’HIGGINS commença
en sortant par le Nord du Chantier Laubeuf puis en faisant le tour de celui-ci
jusqu’au quai Sané pour embarquer sur une grosse barge ballastable. Il y eut
ensuite transfert (30-SCORPENE 2_IDR 2004) sur une paire de petites barges
permettant de rentrer en forme 5. Le sous-marin fut mis à flot puis sorti de la
forme, le temps d’évacuer la paire de barges avant de revenir en forme pour les
opérations d’achèvement (31-SCORPENE 1_IDR 2004)[5]

 

La zone Cachin, nom conservé pour cet ensemble
devenu DGA, continue d’être mis en œuvre et utilisé par DCNS. Ce fut le cas pour
l’exportation avec la sortie et la mise à l’eau en octobre 2007 du premier
SCORPENE Malaisien, le TUNKU ABDUL RAHMAN qui a pu utiliser le DME comme le
KHALID, contrairement à son prédécesseur Chilien le O’HIGGINS.

 

C’est aussi le cas pour les opérations
de démantèlement des SNLE dont le REDOUTABLE avait montré la voie. Ce sont
évidemment des programmes nationaux, aussi le DME avec la SOMDEL ont été ou vont être utilisés pour les
démantèlements des SNLE M 4, TONNANT,
TERRIBLE,  FOUDROYANT, INDOMPTABLE
et INFLEXIBLE aujourd’hui tous désarmés. Les SNA type RUBIS devraient suivre lorsque
l’entrée en service des BARRACUDA permettra leur remplacement opérationnel. Cette
utilisation sera évidemment fonction des programmes de constructions neuves qui
sont prioritaires, mais aussi du plan de charge de DCNS.

 

La dernière utilisation de la zone
CACHIN pour un SNLE Type LE TRIOMPHANT  l’a
été pour le TERRIBLE.  Comme le Général
De GAULLE fit l’honneur de sa présence à Cherbourg pour le lancement du
REDOUTABLE le 29 mars 1967, l’actuel Président de la République est venu à Cherbourg pour la présentation du
TERRIBLE le 21 mars 2008. Ma communication du 6 février 2008 sur le TERRIBLE M
51 et la dissuasion n’avait pas été illustrée, aussi est-ce aujourd’hui l’occasion
de vous présenter maintenant ces 10 vues prises le 21 mars 2008 et provenant du
site Mer et Marine. (Commenter les 10 vues Mer &Marine -32 à 41)

 

En 2010, la charge maximum utile (CMU)
de la grue a été réduite de moitié passant de 120 T à 60 T. Comme beaucoup
d’entre nous, la grue a pris de l’âge et doit être ménagée, à moins qu’elle ne
soit remplacée un jour par un engin plus récent et mieux adapté au programme des
SNA BARRACUDA.

 

Je vous disais en 2002[6]
que « La vie et le travail continuent à Cherbourg et à l’arsenal puisqu’il
y a encore de grandes grues dans notre horizon. Si notre « horizon
arsenal » comptait encore 9 grues en 1999 (42_petroleum engineer_1999), 8
d’entre-elles ont été démolies et achevées au chalumeau. Depuis, à part
quelques traces de rails et des photos à l’archivage dûment classifié, il n’en
reste rien pour les archéologues du futur qui feront des recherches sur le
patrimoine industriel. Il me faut donc  maintenant écrire  « qu’il y a encore une grande grue dans
notre horizon » (43-SOMDEL_horizon_21 10 2010 et 44-SOMDEL_horizon_23
10 2010). Si la grue de 120 T est la dernière survivante de ce type, « la
vie et le travail continuent à Cherbourg et à l’arsenal ». J’ajouterai en
conclusion un peu personnelle que les marcheurs marchent toujours. Mais ceci
sera une autre histoire.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

Richard NGUYEN HUU (autrefois dit LONG)

 

 

 


[1] Article 1 des statuts: La Société
Nationale Académique de
Cherbourg a pour but l’étude des questions philosophiques, économiques,
historiques et archéologiques et la publication des anciens textes.

[2] Mémoire en images A.C.F.
–DUNKERQUE, constructeurs de navires Juin 1998 aux éditions Alan Sutton

[3] Sauf mention contraire,
toutes les photos de cette communication sont des photos DCAN puis DCN ayant
reçues une autorisation verbale d’utilisation pour cette seule communication
par un responsable de DCNS le 20 septembre 2010. Cette autorisation n’est
valable que pour des photos antérieures à 2003, la grue de 120 T étant depuis
la propriété de la DGA
suite au changement de statut de DCN.

[4] Le TRIOMPHANT par Pierre
Quinchon et François Dupont éditions du PERRON 1994 (P 40 41)

[5] Les vues ou photos qui
suivent proviennent de sources publiques ou personnelles, revues, site Mer et
Marine.com

[6] Les communications citées se trouvent sur le site de la Société Nationale Académique de Cherbourg https://academiedecherbourg.wordpress.com

A l’exception des 4 photos illustrant le résumé, les
photos référencées dans le texte de la présente communication ne seront pas
publiées sur le site. Leurs références ont été mentionnées à l’usage des
éventuels chercheurs qui seraient susceptibles d’être autorisés à consulter les
archives de DCNS.

 

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