Publié par : marcletourps | 10 mai 2010

L’arme de poing, un système d’arme

Par Richard Nguyen Huu, 8 avril 2009

L’arme de poing, un système d’arme

Cette présentation à la séance de notre Société Académique du 8 avril 2009 est présumée compatible avec l’article 1° de nos statuts car elle propose des réponses à certaines questions économiques, historiques voire philosophiques que nous pouvons nous poser en matière d’armement.

Les systèmes d’armes, une approche à découvrir par l’arme de poing

Les armes de poing, pistolets, revolvers et leurs munitions, ont fait l’objet de nombreux ouvrages à caractère technique et historique, sans parler des articles parfois polémiques dans les médias.

Afin de vous faire découvrir ce sujet au-delà de ces seuls aspects, cet exposé, illustré par quelques transparents, va utiliser la notion de systèmes d’armes pour essayer de montrer tout ce qui gravite autour de l’arme : sécurité lors du stockage, du transport et de l’utilisation, responsabilité du détenteur d’arme, entretien, entraînement, usages opérationnels et sportifs, en retenant d’abord les points suivants.

1.      Une arme n’est dangereuse qu’entre les mains de son utilisateur sous le contrôle de son cerveau.

2.      Si les armes sont mises hors la loi, seuls les hors la loi seront armés, ce qui permettra d’aborder les aspects réglementaires de  la détention par les particuliers. Ces derniers sont des délinquants en cas de détention illégale et s’il est question de sous-marins et de missiles détenus voire utilisés illégalement, on parle alors d’états voyous.

1- Introduction  aux systèmes d’armes et à l’arme de poing

Comme nous sommes à Cherbourg, faisons un parallèle entre le SNLE NG et l’arme de poing en utilisant les 7 principaux critères d’un système d’armes (planche).

  1. Etre fait par l’homme
  2. Tous les éléments du système concourent à un but unique
  3. Prix souvent élevé d’où décision politique pour l’acquisition (accord de mon épouse)
  4. Complexité, imposant d’optimiser l’ensemble et pas seulement les composants du système
  5. Interface homme/machine car il n’existe pas de système entièrement automatique et autonome, telle la machine du jugement dernier dans le film Docteur Folamour.
  6. Données d’entrées incomplètement déterminées, nécessitant de la prospective
  7. Compétitivité, produire, utiliser et exporter

Sur cette planche, je reprends les 7 critères respectivement pour l’arme de poing et pour le SNLE.

  1. L’armurier ou le GIAT aujourd’hui NEXTER / DCN CHERBOURG
  2. Défense et détente personnelle, maintien de l’ordre / Maîtrise des mers, dissuasion
  3. 230 à 1220 € l’arme de poing seule/ 122 € le kg de sous-marin (= foie gras)
  4. l’homme armé, les munitions, l’étui / Un village autonome mobile et armé à moins 300m sous la mer
  5. Poignée, visée, projectile / Le commandant, l’équipage, les sonars, les armes
  6. Demain, le laser ou le taser ? / Demain les UUV (robots sous marins) ?
  7. BERETTA, un succès européen aux USA / Le sous-marin, l’arme du pauvre (Maxime LAUBEUF)

Cet exposé comprendra 3 grandes parties (planche).

–         Les aspects réglementaires en France

–         Un peu de technique

–         Les utilisations, militaires, policières et sportives.

2-Aspects réglementaires en France

Le port d’arme (planche de la période révolutionnaire, région de CAEN) doit être distingué du transport et de la détention, ces notions étant souvent confondues par les médias. Le port d’armes n’est autorisé pour les besoins du service (planche GIAT) qu’aux militaires, policiers, agents de sécurité. Le transport et la détention concerne les précédents en dehors du service, plus les civils, en particulier les tireurs licenciés.

Cela appelle des précisions sur les différentes catégories d’armes et de munitions.

Cette planche (1939) donne les 8 catégories d’armes, les 3 premières catégories étant considérées par le législateur comme matériels de guerre.

  1. Armes à feu et leurs munitions conçues pour ou destinées à la guerre terrestre, navale ou aérienne
  2. Matériels destinés à porter ou à utiliser au combat les armes à feu
  3. Matériels de protection contre les gaz de combat
  4. Armes à feu dites de défense et leurs munitions
  5. Armes de chasse et leurs munitions
  6. Armes blanches
  7. Armes de tir, de foire ou de salon et leurs munitions
  8. Armes et munitions historiques et de collection

 

Nous avons la chance de vivre en France dans un état de droit, même si, parfois, cela nous apporte quelques contraintes que les citoyens respectueux de la loi s’efforcent de satisfaire, contrairement aux hors-la-loi. D’où cette parenthèse sociologique empruntée à Yves MICHAUD et à son Précis de recomposition politique.

Dans notre état de droit, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres parties du monde, le maintien du droit est l’affaire de la puissance publique.

La faiblesse de la puissance publique la conduit à s’en prendre plus particulièrement à ceux qui maintiendraient leurs droits en se défendant par eux-mêmes lorsque la malveillance et l’insécurité s’accroissent (planche malveillance).

On abouti à ce paradoxe que la puissance publique est parfois plus sévère à l’égard des victimes qui se rebiffent qu’à l’égard des agresseurs qui connaissent de mieux en mieux leurs droits.

Mentionnons au passage (planche 1939), les principales contraintes réglementaires applicables aux détenteurs d’armes de 1° et 4° catégorie soumises à autorisation préfectorale.

La délivrance au titre de la défense est pratiquement tombée en désuétude pour les particuliers, notamment les commerçants à risques tels que les bijoutiers. Voici le texte des critères pouvant motiver la délivrance d’une autorisation de détention au titre de la défense.

Une personne physique âgée de plus de 21 ans, exposée à des risques sérieux pour sa sécurité du fait de la nature et du lieu d’exercice de son activité professionnelle peut être autorisée à acquérir et détenir une arme soumise à autorisation, avec 50 cartouches par arme. Cette acquisition est presque toujours refusée et la délivrance des autorisations de détention ne s’applique guère plus de nos jours qu’aux seuls tireurs licenciés de la FFT avec les principales exigences que nous verrons plus loin. En effet, ces exigences à la française sont un équilibre fragile à mi-chemin entre la quasi interdiction de toute détention d’arme de poing par les sujets de Sa Majesté Britannique et le 2° amendement de la constitution des USA qui autorise les américains à détenir et à porter les armes avec les résultats que les médias nous décrivent à chaque excès.

En France, pour être autorisé à acquérir et détenir des armes soumises à autorisation, le tireur sportif doit avoir au moins l’âge de 21 ans  et être licencié de la FFT, ce qui lui permettra d’obtenir l’avis favorable de sa fédération agréée pour la pratique du tir sportif (planche autorisation). Il faut donc qu’il remplisse les conditions suivantes: 

  • être titulaire d’un carnet de tir indiquant la date des 3 séances annuelles contrôlées de pratique du tir, 
  • posséder au maximum 12 armes (dont 7 armes de 1ère et de 4ème catégorie à percussion centrale), avec 1000 cartouches de 1ere ou de 4ème catégorie par arme et par an, 
  • utiliser ces armes dans un stand de tir, 
  • posséder à domicile un coffre fort ou une armoire forte lui permettant d’assurer la sécurisation des armes et de leurs munitions. 

Lors de la demande d’une ou plusieurs autorisations de détention, les pièces suivantes doivent être jointes à celles-ci.

  1. une pièce justificative d’identité, 
  2. une pièce justificative de domicile et, si la personne est étrangère, sa carte de résident,  
  3. une déclaration écrite et signée, faisant connaître le nombre des armes et munitions détenues au moment de la demande, leurs catégories, paragraphe, calibre, marque et numéro, 
  4. un certificat médical datant de moins de 15 jours, attestant que l’état de santé physique et psychique du demandeur n’est pas incompatible avec la détention d’armes et de munitions, 
  5. la copie de la licence de tir en cours de validité, 
  6. la preuve de l’inscription en tant que membre d’une association sportive agréée, 
  7. l’avis favorable de la fédération française de tir, 
  8. pour les tireurs sportifs de moins de 21 ans, la preuve de la sélection en vue de concours internationaux, 
  9. pour les mineurs de moins de 18 ans, l’autorisation d’acquérir une arme émanant d’une personne exerçant l’autorité parentale, 
  10. un carnet de tir indiquant la date des 3 séances annuelles contrôlées de pratique du tir, 
  11. un justificatif de détention d’un coffre fort ou d’une armoire forte ;

Comme disait le Shadok, c’est tout pour aujourd’hui en 2009, car pour ma 1° détention en 1965, seules 4 pièces, les 1, 2, 5 et 6 m’ont été nécessaires. 

3 Les pistolets, les revolvers, l’interface homme machine et leurs munitions

Revenons (planche 1939)  à la technique en commençant par ce qu’on appelle souvent la plate-forme dans un système d’arme. Ne quittons pas complètement le domaine réglementaire avec les matériels de guerre de 2° catégorie qui sont génériquement les engins porteurs d’armes à feu ou destinés à utiliser ces armes au combat comme les sous-marins. Le législateur les a classé le 14 août 1939 dans la 2° catégorie § 2 alinéa a) : navires de guerre de toutes espèces, comprenant les porteurs d’aéronefs et les sous-marins, ainsi que leurs blindages, tourelles et casemates, les périscopes de sous-marins étant mis à part dans la 2° catégorie § 2 alinéa b). J’ai repris cette notion de système d’arme comprenant le tireur, l’étui, l’arme, ici l’arme de poing et les munitions, le tout constituant un ensemble de 2° et de 1°, ou de 4° catégorie selon l’arme et sa munition.

L’arme de poing a jusqu’ici été le terme générique utilisé dans cet exposé pour désigner une arme individuelle utilisable d’une main par un individu normalement constitué. Les développements historiques, que je ne détaillerai pas ici, ont commencé avec la poudre noire au XV° S. Les pistolets étaient pour la plupart à un coup et se chargeaient par la bouche, le progrès portant sur le système d’allumage permettant le départ du coup : mèche, puis silex, puis capsule fulminante. Le tir à répétition est venu avec le revolver au début du XIX° S, notamment avec Samuel COLT qui conçu et fit réaliser le 1° revolver vraiment opérationnel  avec un brevet pris en 1832. Classé en 8° catégorie comme copie d’arme de collection, donc en port et détention libres, ce Rüger Old Army en inox va faciliter mes explications. Le chargement se faisait alors dans un barillet, cylindre comportant 6 chambres recevant dans un premier temps la charge et le projectile par l’avant et l’amorçage par l’arrière. Avec le brevet Rollin White de 1855 portant sur un barillet percé de part en part pour recevoir une cartouche métallique, celle-ci a pris la suite. C’est la cartouche métallique qui a permis de développer des pistolets à répétition, improprement appelés pistolets automatiques. Depuis, ces deux grandes familles d’armes de poing sont en usage de nos jours : les pistolets et les revolvers, lesquels sont allégrement confondus non seulement par les journalistes mais aussi par de nombreux auteurs, y compris de romans policiers. Retenons la différence entre le pistolet et le revolver en ayant à l’esprit pour ce dernier l’étymologie de son nom qui vient de l’anglais : to revolve qui veut dire tourner. En suivant un ordre approximativement chronologique, je vais vous présenter des pistolets et des revolvers pour vous faire découvrir leurs points communs et leurs différences, matériaux, mécanismes, spécificités liées à leur destination et leur usage (planches). Commençons par le revolver Saint Etienne 8mm Mle1892 qui fut notre 1° revolver à barillet basculant facilitant le rechargement de sa cartouche à poudre sans fumée, avec une double action car la rotation du barillet peut se faire en actionnant la détente ou le chien au choix du tireur. Il fit la 1° guerre mondiale et trouva parfois en face un monumental pistolet allemand, le Mauser 7,63mm Mle 1896 dont les puissantes cartouches se chargeaient par 10, montées sur une lame ressort, système moins commode que le chargeur du pistolet Colt 45 Mle 1911 contenant 7 grosses cartouches de calibre 11,43mm. A la veille de la 2° guerre mondiale, les allemands furent les premiers à introduire la double action sur un pistolet, c’est-à-dire la possibilité de conserver de façon sûre une cartouche chambrée dans le canon et d’ouvrir le feu en appuyant sur la détente du  pistolet Walther P 38, ce qui n’était pas possible avec le Colt 45. La police française, constatant la faiblesse de son armement en pistolets de 7,65 mm face aux truands souvent armés de Colt 45 adopta le revolver Manurhin MR 73 et sa puissante cartouche de . 357 magnum.

Le débat entre les tenants du pistolet ou du revolver a rempli bien des rapports tout au long du XX° Siècle avant que le pistolet et la qualité des munitions actuelles conduisent à périmer le revolver comme arme de service militaire et de police. Le pistolet moderne est bien représenté par le SIG P 2022 qui vient d’être choisi par la France pour équiper à la fois les armées, la gendarmerie et la police (planche, éventuellement commentée). Le revolver a cependant conservé de nombreux adeptes comme un de mes amis, ex-commandant de légion, qui fut autorisé à utiliser son S & W .44 magnum en Algérie (planche) popularisé au cinéma par l’inspecteur Harry alias Clint Eastwood. Toujours en Algérie, un ami pilote ayant eu à effectuer une mission de bombardement à risques, raconte. « J’avais perçu un pistolet MAC 50  calibre 9 mm, et une boite de cartouches parce que j’allais en 1° ligne mais avec pour consigne de rapporter les balles car on n’en a pas beaucoup . Le ridicule ne tue pas heureusement, » concluait-il. En effet, une arme de poing n’est qu’une mauvaise massue sans sa ou plutôt ses cartouches, aussi venons en à cet indispensable composant de notre système d’arme. Les cartouches sont indispensables pour obtenir l’effet voulu dans l’utilisation d’une arme de poing, que ce soit pour trouer un carton, immobiliser un délinquant ou neutraliser un terroriste. Dans ces deux derniers cas, s’impose la notion de puissance d’arrêt que nous verrons plus loin. Depuis la fin du XIX° siècle, l’organisation de la munition n’a guère changé comprenant un étui, une amorce, une charge propulsive (souvent appelée poudre) et un projectile (souvent appelé balle) le tout formant une cartouche, ici d’arme de poing (planches ARCANE). Le rayon de la mort genre laser n’est pas encore pour demain.

Le mouvement du projectile comporte deux phases balistiques. 1- La balistique intérieure fait d‘abord parcourir la longueur du canon au projectile sous l’effet de la détente des gaz propulsifs obtenus par la combustion de la poudre, lequel projectile sort du canon avec une vitesse initiale désignée par le symbole Vo. La performance est un compromis entre de très nombreux paramètres dont la pression, la résistance du canon, les rayures et leur pas pour obtenir une  Vo aussi élevée que possible; les planches présentées donnent un aperçu sommaire de la complexité du sujet (planche).  2- La balistique extérieure est ensuite le parcours du projectile entre sa sortie du canon et son atteinte de l’objectif en tenant compte de nombreuses lois physiques dont le détail sort aussi de cet exposé. Pour ne pas y ajouter les paramètres propres au tireur, une grande partie des essais du couple arme munition se font sur un banc de test (planche), notamment les mesures de la précision et de la dispersion.

Lorsque le projectile atteint et pénètre la cible, retenons le terme politiquement correct d’effet terminal du projectile. C’est un aspect vital et prioritaire lors d’un usage de police ou militaire que de traiter l’objectif efficacement pour faire cesser la menace que représente celui-ci. De nombreuses études traumatologiques ont notamment été effectuées après la 1° guerre mondiale (planche). Dans ce conflit, 75% des blessés l’ont été par des éclats d’obus et grenades, 23% par balles, les 2% restant étant victimes d’armes blanches.  La notion de puissance d’arrêt du projectile a été plus particulièrement développée lors de l’adoption du COLT. 45 (calibre 11,43 mm) pour remplacer les revolvers .38 SPL (calibre 9,3 mm)  jugés insuffisants contre les assauts de hordes d’ennemis fanatisés et drogués. Des tirs comparatifs sur des cadavres humains et des animaux vivants ont confirmé la supériorité du gros calibre et je vous en épargnerai ici les comptes-rendus détaillés. Depuis, on utilise de la gélatine et la radiographie ultrarapide pour visualiser les cavités instantanées et résiduelles quantifiant la puissance d’arrêt. Les planches présentées montrent pour différents projectiles et calibres les effets de la puissance d’arrêt visualisés sous forme de cavités dans des blocs de gélatine.

Le terme d’interface homme machine porte sur les domaines suivants.

  • Tenue en main de l’arme, acquisition de l’objectif par visée, action sur la détente, et non sur la gâchette, dans le processus réaction-dégainé-tirer (planches) 
  • Le port et l’étui, l’entraînement (planches)

      En introduction je vous disais qu’une arme n’est dangereuse qu’entre les mains sous le contrôle du cerveau de son utilisateur. Je vais me répéter en matière de sécurité avec cette planche sur la sécurité car, au-delà du tir, la sécurité des biens et des personnes a été une préoccupation prioritaire constante au cours de ma carrière professionnelle, que ce soit dans le BTP ou dans l’armement. N’ayant jamais eu à combattre car sursitaire de justesse au moment des événements d’Algérie, j’estime avoir été plus en danger sur les chantiers de BTP que dans l’industrie de l’armement et sur les stands de tir, que ce soient ceux de la FFT, de THOMSON et de l’USAF où je fis mes plus gros trous (planche BAP 100-1980).

      Ce que l’on peut qualifier de conduite de tir pour le système d’arme que nous étudions se trouve donc entre les deux oreilles du tireur. Il s’agit de son cerveau relié aux nombreux capteurs et actionneurs du corps (planche):

  • les yeux et aussi les oreilles pour détecter, localiser et identifier la cible ;
  • le corps dont la (ou les) main(s) vont diriger l’arme et les yeux vont viser le but à atteindre en alignant la hausse et le guidon de l’arme;
  • l’ensemble des ces processus va permettre de déclencher le tir sous la conduite du cerveau

Comme tout processus en ce bas monde, le déclenchement du tir prend un certain temps, compris entre 1 à 2 secondes pour un professionnel entraîné. La maîtrise complète du tir nécessite un long entraînement et la consommation de beaucoup de cartouches. La simulation et l’emploi de munitions réduites peuvent y contribuer mais sans totalement remplacer les tirs réels dans des installations adaptées et sécurisées vis à vis de leur environnement (planches). 

Outre la visée, la planche présentée donne la décomposition de l’action du doigt sur la détente, ici dans le cas du Manurhin MR 73 en simple et double action.

Dans le 1° cas, il s’agit d’une visée lente de 8 secondes pour un tir de précision en simple action, chien préalablement armé, en agissant sur la détente en douceur jusqu ‘au départ du coup en recherchant la décontraction et la concentration sur l’exécution du processus viser et tirer.

Dans le 2° cas, il s’agit de tir instinctif en double action. La plus rapide est le tir instinctif par un effort rapide de l’index en environ  3/10° de seconde provoquant la rotation du barillet et le départ du coup. Plus précis mais plus lent, le tir en deux temps comporte un 1° temps d’1 seconde pour assurer la rotation du barillet et l’armé du chien suivi d’une reprise de visée puis des derniers 3/10° de seconde pour amener la percussion et le départ du coup.

Pour le militaire comme pour le policier, amenés à porter une arme, l’étui n’est pas un simple accessoire, au point que certains policiers l’appellent leur assurance cuir, encore que bien d’autres matières soient aussi utilisées (planche). Un bon étui, relais entre le tireur et son arme, doit posséder les qualités suivantes. Il doit être :

  • sûr et ne pas laisser sortir l’arme sans la volonté du propriétaire ;
  • pratique et confortable ;
  • facile et rapide à utiliser, surtout pour les policiers, et donc bien adapté à son utilisateur.

 

Dans l’optique du système d’arme, il ne faut pas oublier l’entretien et le stockage qui assurent la disponibilité et la pérennité de l’ensemble. L’entretien commence évidemment par le tireur. Celui-ci n’aura pas les mêmes performances selon ses niveaux d’entraînement et de fatigue. Même le législateur s’en est préoccupé puisque qu’il exige un certificat médical datant de moins de 15 jours, attestant que l’état de santé physique et psychique du demandeur n’est pas incompatible avec la détention d’armes et de munitions. S’agissant des armes, il serait fastidieux de détailler les méthodes de nettoyage et les ingrédients d’entretien bien connus des tireurs respectueux de leur patrimoine armurier, ce qui n’est pas toujours possible sur tous les terrains d’opérations. Les progrès de matériaux notamment avec l’emploi de polymères et d’aciers inoxydables ont bien amélioré la résistance à la corrosion des armes modernes. La pérennité et la stabilité des composants pyrotechniques des cartouches actuelles ne doivent pas exclure de les stocker correctement, de préférence en leur évitant les températures extrêmes ainsi que les grandes variations de celles-ci. Il vaut donc mieux éviter d’utiliser des lots de provenance inconnue, bien que le plus souvent cela se traduise par des non fonctionnements, ce qui n’est pas grave devant un carton mais peut être mortel face à un adversaire doté d’armes et de munitions en bon état.

4- Je vais conclure avec une courte nouvelle basée sur un fait réel survenu aux USA, romancé ici à ma sauce cherbourgeoise.

Un soir de pleines menaces en vigipirate écarlate, une intérimaire surnommée Dirty Henriette par ses collègues du service de sécurité et de gardiennage faisait une ronde à DCNS avec un de ces derniers. Elle n’avait pas une dotation réglementaire car son arme de service était un S&W Model 629 à canon de 4 pouces du calibre .44 Magnum semblable, à la longueur de canon près, à celui du célèbre inspecteur surnommé Dirty Harry alias Clint Eastwood, d’où notre Dirty Henriette, car, contrairement à d’autres utilisateurs du .44 Magnum, elle était capable de tirer rapidement ET précisément. Notre rondière se trouvait dans le véhicule de patrouille avec son collègue à proximité du local appelé PC LAUBEUF. De nombreuses tasses de café lui imposèrent de se rendre aux sanitaires dont ce local était équipé, conformément à la réglementation. A peine s’était elle assise sur le siège que son collègue appelait à l’aide. Remontant son pantalon d’une main et dégainant de l’autre son S&W .44 Magnum, elle se rua sur le parking au milieu duquel elle aperçut un homme cagoulé, donc un terroriste, courant à sa rencontre avec un fusil à pompe. Lâchant son pantalon, elle pris la position de tir Weaver à 2 mains, et fit un doublé sur le suspect. Celui-ci tomba face contre terre. Alors qu’elle rechargeait son S&W, la voiture de renforts était arrivée avec son chef dont le premier commentaire fut : « Je suis parfaitement d’accord avec le fait qu’une femme baisse son pantalon pour faire diversion. »

Le suspect fut conduit à l’hôpital PASTEUR où il mourut au service des urgences. Le premier projectile l’épargna, mais le suivant, une balle Silvertip lui explosa une côte en projetant des fragments dans le cœur. Le projectile pesait 139 grains (9 g) et son diamètre après expansion passa de .44 à .56. (11,2 à 14,2 mm)

NOTE : cette histoire est authentique, aux lieux près, relatant une agression dans une station service US où Dirty Hariett, policewoman neutralisa un délinquant dans les conditions rapportées ici. Source : notice CEDOCAR C-94-004346 handgun stopping power par MARSHALL E. P. et SANOW E. J.

En France, comme le rappelait Yves MICHAUD, il n’est pas exclu ici que la famille du terroriste puisse porter plainte pour usage d’une arme personnelle non réglementaire.

    Je vous remercie de votre attention.

La nouvelle arme de poing des forces de l’ordre françaises

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